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Dossier: Numérique

Eric Jacquot, Spirit Productions:
Produire pour la télévision en Haute Définition

par 

- Eric Jacquot started his career at TOTAL where he was responsible for the audiovisual service. In 1990, he created TEVA, a subsidiary of TOTAL dealing with corporate production and post-production and of which he was managing director until 2004. At the same time, he also created the company Toon’ s Factory in 1995, TEVA’s animation subsidiary, which specialised in animation services for Hanna Barbera, Ellipse, Nelvana, Carrere, and Elma. In 1999 he became President of the company Toon Factory (production and animation services). In 2004, he left TOTAL and founded Spirit Productions of which he is president and majority shareholder. There he has developed the production and servicing of animated series and both animated and live action feature films.

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Quels sont les logiciels que vous utilisez pour vos productions ?

Nous utilisons plusieurs logiciels : Pegs e Combustion pour la 2D ; 3DS Max et Combustion pour la 3D ; Armenie pour le Flash. Nos travaillons avec AVID en montage. Avid, Flame, Smoke et Tezro pour la post-production. Le final output en vidéo est réalisé avec Sony HD cam SR recorder.

Quelle a été votre expérience de production en HD ?

Nous travaillons depuis trois ans en faisant des tests en Haute Définition. Nous avons réalisé cinq longs métrages pour lesquels nous avons fait tous les décors, le compositing et la post production image. Nous avons travaillé sur le film « Les Triplettes de Belleville », « Kirikou et les bêtes sauvages » et « Tchoupi » pour le studio les Armateurs, « Le Chien, le Général et les Oiseaux » pour le studio Solaris et «l’Île de Black Mor » pour Dargaud.

Pourquoi étés vous passés au format HD ?

Les raisons sont multiples :

1. En premier lieu pour avoir un format de lecture unique en 16/9 dans tout les types d’exploitation (salle, TV, édition vidéo, DVD). Grâce à la HD il n’est pas nécessaire d’effectuer d’analyses complémentaires ou de changer les paramètres pour s’adapter à d’autres formats.
2. La deuxième raison est liée à la capacité de stockage beaucoup plus performante.

Ces premières expériences nous ont permis de maîtriser le process de travail en HD. Les tests que nous avions effectués étaient toute fois très limités car ils demandaient une faible productivité. Nous faisions 1400 plans sur mois, ce qui est limité pour notre société.

Quelles sont les conclusions que vous tirez de ces premières expériences ?

Le logiciel Pegs utilisé pour le compositing n’a présenté aucune faiblesse sur la HD, que ce soit pour la mise en place des images ou pour l’animation.

Les logiciels Inferno et Fire sur Onyx 2 utilisés pour les effets spéciaux, l’étalonnage et l’autoconformation étaient également parfaitement stables.

Le réseau Internet du studio (qui est constitué d’un Ethernet 100) était par contre sous dimensionné et nous avons du le changer pour accepter le flux d’images qui étaient utilisés à l’époque.

Le stockage et le matériel de transfert des images étaient inadéquats à cause du poids des fichiers. Les fichiers HD étaient 6 fois plus lourds (en moyenne : 6 Mo par image en HD au lieu de 1Mo en vidéo).

Quelles ont été les évolutions récentes de fabrication de votre studio?

Nous avons commencé la production d’une nouvelle série en HD en septembre 2005, qui s’appelle « Loopdidoo ».

Suite à l’expérience que nous avions eu sur les longs métrages 2D, nous avons adapté notre matériel pour le rendre compatible avec la HD. En janvier 2005 nous avons profité du remplacement d’hardware pour changer notre méthode de production.

Nous avons crée deux unités de production, chacune capable de produire un flux de 2 fois 7mn d’animation HD par semaine.

Nous nous sommes équipés avec du nouveau matériel:

- 30 postes d’animation, rendu et compositing qui sont en général des Bi-Xeon 3 Ghz (3.000 euros chacun).

- 14 lames de calculs. Nous avons opté pour des Bi-Xeon 3Ghz (2.500 euros chacun)

- 2 serveurs SAN (2 Tera chacun parce que il faut beaucoup d’espace de stockage). Nous veillons sur la sécurité du système. Nous utilisons les deux serveurs en miroir pour éviter de perdre des donnés en cas de panne d’un des deux serveurs. Le coût de chaque serveur est de 15.000 euros.

- Nous sommes passés à un réseau de 1 Gigabit ethernet pour pouvoir transférer le flux de données.

- Nous avons rajouté en sauvegarde un robot  LTO3 de 24 cartouches, qui permet de garder l’ensemble des données du studio avec un retour possible de trois semaines. Ce système nous permet de faire des back ups indépendants qui sont effectués tous les week-ends. Le robot coûte 15.000 euros environs.

A cause du renouvellement de l’hardware que nous avons réalisé, il est difficile de faire une estimation précise du surcoût lié au processus de fabrication en HD.

Quelles sont les différences entre la vidéo et la HD pour la série « Loopdidoo » ?

Nous avons réalisé 52 épisodes de 6’30’’. La comparaison entre la vidéo et la HD peut se résumer de la manière suivante:

Nbr of workdays HD Schedule Forecast
(on excel sheet)
Nbr of workdays HD Actual Schedule
(in real life)
Nbr of workdays
BG Modeling 12 12 12
Character Modeling 12 12 12
Props Modeling 5 5 5
Lay-out 5 5 5
Animation 30 30 35
Lighting / rendering 10 10 30/10
Compositing 10 10 30/10

Nous avons rencontré des problèmes sur la lumière, sur le rendu et sur le compositing. Il ne s’agissait pas de problèmes techniques, mais des problèmes d’organisation. Quant un point était mal fait pour la vidéo, la rectification était rapide et pas coûteuse. Les modifications en vidéo ne prennent pas de temps, espace disque ou espace réseau. En HD chaque image pèse 6 fois plus. Nous avons du modifier notre organisation de travail, notamment un check in complet et précis avant toute mise en calcul.

Quelles sont vos conclusions ?

Les matières, les éclairages et le lay-out doivent être plus précis, mais cela n’a pas d’influence sur le nombre de jours de travail.

Le nombre de jours élevé en animation n’est pas lié à la HD, mais à une mauvaise appréciation du type d’animation. Nous sommes passés de 6 à 7 animateurs pour sortir un épisode par semaine. Nous avons deux personnes qui préparent les layouts et les props, deux personnes sur le rendu et deux personnes sur le compositing.

Nous avons pris beaucoup de retard, environs 3 mois, sur le rendu et l’éclairage. Cela était dû à un manque de préparation des modèles décors et à un travail de lumière insuffisant. Nous avons donc revu l’organisation pour que le personnel lay-out prépare mieux chaque plan.

Les quotas du rendu/compo se sont aussi effondrés car en vidéo nous n’hésitions pas à recalculer à plusieurs reprises chaque plan. Les temps de calcul pour la vidéo ne sont pas très élevés. Nous avons mis en place un processus plus systématique, permettant de mieux découper les couches pour le compositing et surtout un meilleurs checking. Nous sommes ainsi revenus aux mêmes quotas qu’en vidéo.

Le budget initial pour la fabrication image (animatique jusqu’au Master) de « Loopdidoo » était de 1.3 M euros pour 52 épisodes de 6’30’’.

Le surcoût lié à la mise en route de la HD et en particulier aux problèmes rencontrés sur le rendu/compo est de 50.000 euros. Nous estimons que le surcoût lié à la HD sur notre deuxième série 3D (Samsam) est quasiment nul.

Quel est le système que vous avez mis en place pour la post-production image ?

Le transfert de données entre le studio d’Angoulême et Paris se fait par ligne turbo DSL via site FTP. Depuis 2005 nous avons donc arrêté tout envoi par DHL.

Pour cela nous compressons avec « WINRAR » les images de chaque plan. Un épisode de 6’30’’ et de 80 plans environ pèse 60 Go et compressé 20 Go. Le temps de compression est de trois heures. La décompression dure 2 heures, le transfert sur Smoke 1 heure, le transfert vers l’avid.Xpress 1 heure.

Après le montage, l’autoconfo se fait sur Smoke (1 heure pour 6’30’’ de programme).

Nous passons ensuite les données sur HD cam SR pour le master.

 

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