Nico, 1988 (2017)
Muchos hijos, un mono y un castillo (2017)
L'Usine de rien (2017)
Out (2017)
Soleil battant (2017)
Le Redoutable (2017)
Thelma (2017)
précédent
suivant
Choisissez votre langue en | es | fr | it

email print share on facebook share on twitter share on google+

Dossier industrie: Animation

Des jeux vidéo aux films d’animation

par 

- Carlos Astorqui est producteur délégué pour Ilion Animation Studios, une société d’animation créée en 2002 par les fondateurs de Pyro Studios, un des plus importants développeurs de jeux vidéos au monde. Leur premier film en images de synthèse, Planète 51, sorti à l’automne 2009, est distribué pas Sony Pictures aux Etats-Unis.
Comment vous-êtes vous procuré une licence globale pour Planète 51 ?
Nous nous étions fixé des objectifs assez ambitieux. Premièrement, nous voulions faire de ce film, l’évènement familial le plus important de 2009, avec un film d’aussi bonne qualité que ceux proposés par Pixar ou DreamWorks. Puis nous voulions créer un vrai monde autour de Planète 51 : créer des jeux vidéos pour les consoles, pour les téléphones mobiles, des contenus téléchargeables, établir un plan de licence très strict, rechercher des partenaires pour notre campagne publicitaire mondiale, faire une bonne bande son, etc. Tous ces points sont des aspects stratégiques essentiels. Le premier est la distribution à l’international, qui, pour un film espagnol, est une étape clé. Sortir un film comme Planète 51, sans le distribuer au niveau mondial n’avait aucun sens. Aujourd’hui, la moitié de l’équipe essaie de vendre le film au Japon, mais cela semble difficile. Sony distribue le film aux Etats-Unis, à TF1 en France, et possède les droits de diffusion au Royaume Uni. Nous sommes en charge de la distribution en Afrique, en Australie, au Canada, au Mexique, etc. Nous sommes assez indépendants en ce qui concerne la distribution à l’international. Nous souhaitions, dans un second temps, trouver des partenaires puissants, surtout aux Etats-Unis (qui représentent 40 à 50 % du marché) et nous avons obtenu un partenariat avec Sony. Le film est sorti dans 3.500 cinémas, voire peut-être plus, et sera projeté à Thanksgiving (vacances clés là-bas).
Nous allons dépasser Là-haut et Monstres contre aliens et devenir le premier film d’animation à Noël. Avec une campagne marketing et publicitaire incroyable et un budget qui équivaut à ceux de grandes productions, nous allons dépenser environ 50M$ pour promouvoir le film rien qu’aux Etats-Unis.
Nous voulions également un bon partenaire dans l’industrie des jeux vidéos et nous avons signé avec Sega, qui se trouve être le meilleur partenaire au niveau international, après Activision.
Nous avons développé un jeu vidéo avec Pyro Studios, disponible deux semaines avant la sortie du film et distribué par SEGA. Ce jeu vidéo sera utilisable sur les consoles PlayStation, Xbox 360, Wii, Nintendo DS et probablement sur PC. Il ressemble au jeu Grand Theft Auto, mais pour les enfants. On peut y jouer en famille, avec des missions ouvertes, ou d’autres plus limitées, dans lesquelles on peut utiliser toutes sortes de véhicules, jouer à travers divers personnages du film etc.
Puis, nous souhaitions développer un support numérique pour téléphones mobiles, ce que nous avons fait avec l’aide de la société Zed, qui possède un système de distribution mondiale très important dans ce secteur.
Nous développons également des jeux pour la voiture au format JAVA. Nous possédons une plateforme de jeux, et développons un programme pour iPhone, qui s’utilise avec l’accéléromètre du mobile. Nous avons également des contenus numériques tels : des fonds d’écran, des sonneries téléphoniques, des applications, des widgets, des icones, des cartes électroniques, des avatars… Nous mettons en place un portail WAP pour téléphones mobiles et allons faire de la publicité sur tous les sites internet de nos distributeurs . Chaque distributeur avec un site officiel Planète 51, aura une bannière sur laquelle Zed proposera ses produits.
Nous sommes aussi en train de développer, toujours avec Zed, un jeu en ligne, qui pourra se pratiquer à plusieurs. 35 à 40 enfants pourront jouer au même moment sur des chatrooms où ils pourront personnaliser leur personnage, créer des groupes d’amis, ainsi que des communautés, etc. Le jeu sera bien évidemment gratuit et le plan commercial se fera sur la base de celui des articles promotionnels.
En plus d’être distribué par Sony, Sega et Zed, nous avons mis en place un programme de licences internationales, pour lequel nous avons embauché Radar, l’ancienne équipe de New Line, qui a travaillé sur les projets du Seigneur des anneaux et de La boussole d’or. Nous travaillons en étroite collaboration avec eux, afin de pouvoir créer environ 100 licences, toutes catégories confondues.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Développez-vous également les jouets ?
Les modèles que nous testons en ce moment sont des petites voitures, et quelques véhicules plus importants, dans lesquels vous pouvez mettre des poupées, comme des tanks, des jeeps ou des camions. Nous créons une voiture télécommandée, qui peut être programmée pour se balader seule dans la maison. Nous travaillons également sur des poupées de très bonne qualité, qui représentent à la perfection les personnages du film. Nous préparons également des poupées des personnages principaux, en vinyle, ce qui est très en vogue en ce moment.
En plus de la création de jouets, nous nous intéressons à un autre domaine, celui des livres et pour se faire, nous collaborons avec Harper Collins. Nous prévoyons de produire huit ouvrages avec eux, dont un livre d’autocollants, dans la collection « I can read » (qui fait partie des meilleures ventes de livres pour enfants). br> Dans chaque pays, nous touchons à quasiment tous les secteurs. Aux Etats-Unis, nous venons de signer un accord pour des puzzles et T-shirts, nous avons déjà divers partenaires en France et nous travaillons avec Planeta Junior pour une gamme d’autocollants, de jouets, de parfums, de livres de coloriage, etc. en Espagne, Italie, Portugal, Grèce,

Qui sont vos partenaires en charge de votre publicité ?
Nous avons déjà des partenaires licenciés avec lesquels nous travaillons. En ce qui concerne le placement de produits, nous avons la NASA et Burger King à l’international, ainsi que Volkswagen.
La NASA n’est apparue dans aucun film depuis Les pionniers de l’espace. Nous avons réussi à obtenir le droit de mettre le logo de la NASA sur le costume de cosmonaute de Chuck et nous allons travailler ensemble lors d’activités à but éducatif et pour la communication publique.
En ce qui concerne Burger King, nous allons collaborer dans 63 pays et distribuer entre 14 et 20 millions de jouets.
Le film sort en novembre/décembre et sera accompagné d’une forte campagne publicitaire au niveau mondial.
Pour Volkswagen, un des personnages, Glar, le hippie, à un combi que nous avons personnalisé. La société Volkswagen nous a autorisé à utiliser son logo sur le véhicule. Ils en sont même ravis et souhaitent saisir cette occasion pour promouvoir auprès des familles, lors des fêtes de Noël, leur Transporteur 1, également connu sous le nom de Caravelle.
La marque Twigg apparaît aussi dans le film.
Nos autres partenaires sont : Nickelodeon, un atout majeur aux Etats-Unis ; les glaces Dippin’ Dots ; Scholastic, un programme éducationnel ; Kid Cuisine, la plus importante société d’alimentation pour enfants aux Etats-Unis (en vente dans 40.000 magasins). En Allemagne, nous avons Kuchen Meister, une entreprise produisant de très bons croissants, Heinz Tomato Ketchup et voire d’autres à venir. En Espagne, nous négocions avec de nombreux partenaires potentiels et nous allons bientôt signer certains contrats.

Y-a-t-il des synergies entre le film et les jeux vidéos ?
Oui, Ilion est une filiale de Pyro Studios, dont elle tient tout son talent : les employés sont des anciens de Pyro Studios, ils sont habitués à œuvrer dans des studios d’animation, et à travailler sur 3D Max (outil que nous avons également utilisé), ce que peu de sociétés d’animations sont capable de faire. Chez Ilion, 80 % des consoles utilisées proviennent de Pyro, alors que la technologie MMO (jeu en ligne massivement multijoueur) a elle été développé par Zed pour les PC.
En ce qui concerne la technologie, chez Ilion, nous avons développé 100 outils d’aide à l’automatisation, ce que nous appelons les e-trackers et les e-managers, qui sont des bases de données pour les outils ou les biens, qui nous aident à contrôler le plan de production et savoir où chaque dossier se trouve, à chaque étape de la production.
Puis, il y a d’autres programmes automatiques : l’asset loader, qui identifie l’étape où se trouve le document et charge les éléments supplémentaires, dont les artistes pourraient avoir besoin; le layer manager, qui a la même mission, mais qui lui concerne tous les travaux réalisés pour chaque séquence ; puis tout ce qui concerne l’équipe de la lumière (qui travaille sur les effets de lumière sur chaque objet). Nous avons également Mask Creator, qui est un outil d’animation faciale, créé par Ilion. C’est peut être le logiciel le plus performant dans le secteur de l’animation en ce moment, au niveau mondial. Il nous a fallu des années avant de le finaliser. Son but est simple : imiter à l’aide d’une image, le visage de chacun des personnages.
Nous avons également Cyclops, notre propre outil de rendu, qui aide à diffuser la lumière de manière optimale.
En ce qui concerne le design et les droits, il existe de nombreuses synergies. Nous avons exporté 440 personnages vers Zed et Pyro Studios, de même que tous les lieux et leurs environnements, tous les véhicules, les icones du film, la bande son (pour laquelle se pose la question des droits et de l’utilisation). Il est possible que certaines séquences du film soient également utilisées pour des programmes pour téléphones mobiles et pour des jeux sur console vidéo.
Au niveau marketing, il existe quelques synergies ainsi que des publicités croisées au sein du groupe, mais la question cruciale est celle de la rationalisation de nos approbations. Nous avons un processus assez simple, nous nous soutenons les uns les autres et donnons notre accord assez aisément. Dans notre stratégie commune, nous savons tous où Planète 51 se dirige, quel est le but à atteindre, quelle est l’histoire et sur quoi nous devons communiquer. C’est pourquoi les services marketing doivent créer des bases de données communes…
Nous planifions également d’offrir des visites de Cape Kennedy, Cape Canaveral, pour des familles entières via SMS et communiquer cela via Zed.

Quand le talentueux Dwayne «The Rock» Johnson a confirmé sa participation au film, que vous-êtes vous dit ?
En ce moment, The Rock est probablement l’un des meilleurs acteurs de films familiaux, voire de films pour enfants. Il a même présenté les Nickelodeon Kids’ Choice Awards. Sur le site de Nickelodeon, qui est le site pour les enfants le plus convoité en ce moment aux Etats-Unis, il a été élu meilleur acteur par tous les enfants, mais nous ne le savions pas quand nous l’avons sélectionné. Nous avons longtemps hésité, avec Ted Danson, pour n’en citer qu’un, qui ressemble physiquement à Chuck, mais le public visé n’est pas si âgé. Nous pensons avoir fait le bon choix. Pour vous dire la vérité, nous n’avons même pas pensé au fait qu’il soit Afro-américain. Je pense que nous avons pris une très bonne décision. Bon, ce n’est pas un très bon acteur, il vient du monde du catch et a été très critiqué, même si les enfants l’apprécient énormément. Il a joué dans des films d’action, des films familiaux, et est surtout connu pour son rôle dans Le roi scorpion.

Comment envisagez-vous de gérer les potentiels fans du film ? film through various channels and especially through social networks?
Il existe deux façons de contrôler le phénomène au travers des réseaux sociaux. La première, via nos distributeurs, et leur organisation internet, parce que la responsabilité du marketing revient à chacun de nos partenaires. Nous formalisons la stratégie, mais chacun est en charge de son propre marketing. Et cela est assez complexe. Aux Etats-Unis, Sony travaille activement sur un réseau social et nous le faisons avec eux. Dans le cas de l’Espagne, et le reste du monde, nous avons Zed qui se chargera de créer une base de données et de travailler avec facebook, Tuenti et autres, en essayant d’apporter une certaine cohérence aux réseaux sociaux. Mais c’est quelque chose que nous n’avons pas encore commencé à faire car nous avons d’autres priorités. Mais c’est un sujet très complexe et essentiel.

Le film sortira soit à Thanksgiving soit pendant l’été. Comment avez-vous réussi à obtenir ces plages de sorties ?
A la fin, tout a été chamboulé. La première date de sortie devait être printemps 2009. Nous avions un accord avec New Line Cinema, mais Warner a liquidé cette structure et nous n’avions donc plus de distributeur. Le reste n’est que coïncidences. Premièrement, Sony ne possédait aucun film à fort potentiel à l’époque. Deuxièmement, Là-haut et Monstres contre aliens ne devaient sortir avant Noël et il y avait un autre film qui devait tomber l’année suivante, Toy Story 4, alors que les autres n’étaient déjà plus à l’affiche. Ce créneau tombait donc à pic pour nous. En fait, Sony étaient les premiers à dire qu’ils souhaitaient que le film sorte pour Thanksgiving. Ils souhaitaient même sacrifier leur film Tempête de boulettes géantes, dont la sortie était prévue à cette époque, mais qui a finalement eu lieu en septembre. Ils ont fait du forcing pour notre film Planète 51, sachant que les chances d’atteindre le box office sont houleuses. Le tout n’a été qu’une combinaison de chance et d’organisation.

 

dans ce dossier

Newsletter

ArteKino
Unwanted_Square_Cineuropa_01

Follow us on

facebook twitter rss