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Dossier: Forum d'Avignon: Which Culture for Europe?

La Culture, cette arme pacifique

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La Culture, cette arme pacifique

- Une minute de silence. C’est par ce temps d’hommage aux victimes des attentats, en présence du vice premier ministre belge Didier Reynders, que se sont conclues les 8èmes Rencontres internationales du Forum d’Avignon. « La culture contre la barbarie », a bien été ce fil tendu en fond des discussions des 31 mars et 1er avril dernier, alors que plus de 60 intervenants du monde de la culture, de l’entreprise et du politique se réunissaient à Bordeaux pour échanger sur « Entreprendre la culture ».

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Des Hommes, des entreprises, des œuvres. Tout un symbole, c'est Ouided Bouchamaoui, présidente du patronat tunisien et prix Nobel de la paix 2015 qui a ouvert les rencontres : « L’économie et la culture sont des composantes essentielles, antidotes de la barbarie », a-t-elle déclaré. La Culture, avec ces hommes et ces œuvres, comme vecteur de croissance, de tourisme, de valorisation des patrimoines… L’entreprise, avec ces hommes et ces projets, comme catalyseur. Tout au long du Forum, des créations à la croisée des « deux mondes » ont été présentées.

Afrostream est un bon exemple de cette nouvelle génération d’« entrepreneur-créateurs ». Ce site de streaming de contenus exclusivement « afro » est né du constat d’échec de diffusion d’œuvres afro-américaines et africaines de qualité par les grands médias européens. « Je me suis inspiré de la façon dont mes proches consommaient des films », raconte ainsi Tonjé Bakang, le fondateur. « Aujourd’hui la consommation de contenus est beaucoup plus intime ».

Des jeunes et des gouvernants. Le modèle de la Culture ne va pas sans le numérique. Il y aujourd’hui de nouveaux modes de consommation, de nouvelles « cultures ». «60% de la population a moins de 20 ans en Afrique, et le téléphone portable est devenu le medium de partage le plus important ». Les mots de Tonjé Bakang sont appuyés par son mécène Stéphane Richard, président-directeur d’Orange. L’enjeu éducatif est primordial pour l’avenir de la création.

« Il faut instaurer des ateliers de musique, de sports... Pour que les jeunes fassent connaitre leurs compétences ». Ouided Bouchamaoui, entourée d’une délégation des femmes tunisiennes, professeures et entrepreneures, a insisté sur la coopération avec les universités, les pouvoirs publics, les entreprises et les associations. « Internet est un milieu de vie qui nécessite de repenser un contrat social » prévient Cynthia Fleury, enseignante chercheure en philosophie et psychanalyste.

Le défi de croissance culturelle est multiple pour les gouvernants. Accompagner les jeunes générations, appuyer les entreprises et partenaires de ce mouvement. « La fiscalité peut être une arme d’attractivité économique et territoriale. » Il faut développer un "Nexus culturel", « une mécanique vertueuse où l’investissement public rapporterait », explique encore Jean-Pierre Lieb, associé EY, auteur de l’étude « Culture et fiscalité en Europe ».

Des publics et des lieux. Les différents ministres de la Culture invités partagent le même constat : il manque une synergie de la Culture. « Il faut développer un public européen » appuie par exemple Bertel Haarder, ministre danois. Il faut un engagement des territoires. « Dans 10-20 ans, il y aura des lieux pour venir passer du temps ensemble, pour se rencontrer », promet quant à lui Olivier Poivre-d’Arvor, ambassadeur pour l’attractivité culturel de la France. Il prend l’exemple du centre social et culturel Pompeia au Brésil,  friche reconstruite de Sao Paulo. La réconciliation des hommes passera par la démocratisation du patrimoine.

Et alors que seul 0,15% du budget de la Commission européenne est dédié à la Culture, Michel Magnier, directeur de la section « Culture et Créativité », rappelle que la Culture n’est pas une compétence de l’UE et insiste lui aussi : « L’innovation se fait au niveau de villes (…). Il faut des "creative hubs" pour aider au partage des bonnes pratiques ». Artistes, collectivités publiques, entreprises, « main dans la main », tel est l’esprit commun bouclé par José Munoz, en charge d’Euro Méditerranée Suez Environnement.

***

In fine. La Culture est-elle un modèle d’avenir ? Pendant deux jours, il y eut beaucoup de statistiques, mais peu de cas concrets de pratiques culturelles du quotidien… Mais il y eut des rencontres. Le public regrettera sans doute le manque d'interactions avec les intervenants, mais il pas parti sans reste, nourri de débats appuyés sur une bonne documentation. Il y eut un Forum, reste à dynamiser une agora. « La Culture c’est notre survie » a rappelé Günther Oettinger, commissaire européen au Marché unique numérique. « Je vais faire le maximum pour convaincre les états membres (…). Mais c’est à vous de participer aussi… ». Et en version originale, il conclut : « Calls are open, take your chances !»

 

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