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Critique : Après mai

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L'idéalisme, reflet sincère d'une époque

par 

- "Je vis dans l'imaginaire et quand le réel frappe à ma porte, je n'ouvre pas", affirme le héros du nouveau film d'Olivier Assayas.

Critique : Après mai

Le nouveau film d'Olivier Assayas a remporté le Prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise 20012.

Ce film intitulé Après mai [+lire aussi :
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s'intéresse à la génération des lycéens qui ont grandi après Mai 1968, au début des années 1970 – comme Assayas lui-même. Ici, le réalisateur montre que ce qui a commencé en mai 1968 n'a pas été un événement isolé mais tout un mouvement qui a instillé chez nombre de jeunes de l'époque un désir de changement et prise de conscience politique. Paradoxalement, comme Assayas le souligne dans son film, la plupart des participants les plus engagés aux meetings politiques, aux manifestations et aux actions illégales en faveur des masses venaient eux-mêmes de milieux bourgeois.

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Le centre de ce récit souplement construit est Gilles (Clément Métayer), qui vend des journaux idéalistes au lycée, assiste à des réunions et prend part à des actions nocturnes clandestines comme coller des affiches et barbouiller les murs de graffiti défendant sa cause – qui est clairement politique mais dont les contours restent flous, ce qui permet à chacun d'y voir une chose en laquelle il peut croire personnellement, une chose qui pour lui vaut la peine de se battre.

La petite amie de Gilles, Laure (Carole Combe), est artiste. Quand elle lui annonce qu'elle part à Londres, Gilles se met à fréquenter sa camarade Christine (Lola Créton), une révolutionnaire en herbe qui prévient bien Gilles, lui-même aspirant-peintre, qu'elle n'est une artiste du genre de Laure.

Après mai se veut une approche naturaliste du début des années 1970 dépourvue de clins d'oeil et d'ironie, si ce n'est celle qui découle naturellement des réflexions que l'auteur s'est faites depuis. Assayas observe avec un détachement discret la gravité des discours et décisions prises par ces jeunes, qu'il s'agisse d'amour ou de leur éducation intellectuelle.

Le film rappelle fortement, peut-être aussi à cause de la présence de Créton, le ton adopté par Mia Hansen-Love dans Un amour de jeunesse [+lire aussi :
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, qui affirmait sans détour que oui, même un amour d'adolescent peut être un événement sérieux et bouleversant, et pas seulement le genre d'occurrence dont on reparle après sur le ton de la moquerie, mâtinée d'embarras. Après mai exige que la conviction de ces jeunes soit prise au sérieux par nous aussi, bien qu'on sache en 2012 que leur travail et leurs idéaux n'ont pas changé grand chose.

Cette forme de suite donnée par Assayas à L'Eau froide (1994) est interprétée à l'exception de Créton par une troupe d'acteurs non-professionnels qui donnent au film une fraîcheur bien en rapport avec le regard sincère et partiellement autobiographique qu'il propose.

Après mai a été produit par MK2 en coproduction avec France 3 Cinema et Vortex Sutra, et avec le soutien de Canal+, de Ciné+, et du CNC.

(Traduit de l'anglais)

galerie photo

titre international : Something in the Air
titre original : Après mai
pays : France
vente à l' étranger : MK2
année : 2012
réalisation : Olivier Assayas
scénario : Olivier Assayas
acteurs : Clément Métayer, Lola Creton, Félix Armand, Léa Rougeron, Hugo Conzelmann, Mathias Renou, Nathan Rodrigue

prix/sélections spéciaux

Biennale di Venezia 2012 Compétition Officielle
Osella du meilleur scénario
cinando

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