Choisissez votre langue en | es | fr | it

Critique : La Cinquième Saison

email print share on facebook share on twitter share on google+

L’Hiver de Notre Mécontentement présage la fin du monde

par 

- Une oeuvre visuellement impressionnante et nourrie de symboles découverte en compétition à Venise et prix Cineuropa aux Arcs.

Critique : La Cinquième Saison

Après avoir tourné Khadak [+lire aussi :
critique
bande-annonce
film focus
interview : Jessica Woodworth
interview : Jessica Woodworth
fiche film
]
(Lion du Futur 2006) en Mongolie et Altiplano [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
au Pérou, le duo de cinéastes composé de Peter Brosens et Jessica Woodworth ont réalisé le troisième volet de leur trilogie dans les Ardennes belges où ils sont basés. La Cinquième Saison [+lire aussi :
bande-annonce
film focus
interview : Jessica Woodworth
fiche film
]
est une éloquente réflexion mystico-écologique sur un monde qui a choisi un lieu froid et isolé pour entamer son implosion. Cette coproduction entre la Belgique, la France et les Pays-Bas a été présentée en compétition de la Mostra de Venise et a été chaleureusement applaudie par les festivaliers, comme pour se réchauffer de l'hiver sans fin dans lequel les a plongé cette fable apocalyptique.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Lorsque vient le moment de chasser l’hiver dans ce petit village d’agriculteurs belges, tous se réunissent pour une cérémonie dont l’origine folklorique remonte à la nuit des temps. Un bûcher est dressé pour immoler une représentation empaillée de la saison qui paralysie les cultures et refroidit les coeurs. Ni torches, ni efforts ne parviennent à ressusciter le Grand Feu. Sans lui, l’hiver demeure une, deux, trois saisons de plus. A mesure que le village est garroté par une dépravation grandissante, les arbres tombent et la faune se stérilise et meurt. Les âmes s’assèchent et les hommes régressent vers un un état instinctif, sombre et brutal. Pol, nomade apiculteur désoeuvré, a choisi la mauvaise saison pour installer sa caravane aux abords du village. L’étranger et son fils handicapé sont peu à peu désignés comme des bouc-émissaires et la foule prépare un nouveau bûcher, bien moins festif...

Malgré un budget modeste et la contrainte de tourner les 4 saisons du film durant un seul mois hivernal qui fût des plus rudes, La Cinquième Saison est une belle claque visuelle. La photographie de Hans Bruch Jr. confirme un talent d’esthète annoncé par son travail sur les films de Gust Van den Berghe (Little Baby Jesus of Flanders [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
et Blue Bird [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
) et le langage de la caméra — largement dominé par le principe d’hyper construction de longs plans séquences — fait office de narrateur de cette oeuvre qui s’inscrit dans la filmographie des réalisateurs comme étant aussi celle qui accorde le plus d’importance à une histoire.

Le découpage en saisons n’est pas un procédé neuf, mais le formatage hivernal des 4 segments confère au film une intemporalité apocalyptique, délavée, comme habitée par l’oeuvre de Brueghel. Le rythme lancinant des images et de leur accompagnement musical éloignent un peu le spectateur qui flotte au dessus de l’histoire des personnages (pour la plupart des acteurs non professionnels ou des premiers rôles), tous porteurs d’une profonde "belgitude". Cependant, l’allégorie se veut universelle grâce à de nombreux symboles et une sombre ambiguïté bien actuelle. Le spectateur attentif ne manquera pas de relever les rapports avec les deux films précédents des réalisateurs unifiés par une attention particulière à l’évocation visuelle et à un découpage peu conventionnel. Le reste est question de sensibilité thématique que les réalisateurs résument comme une réponse à une citation de Werner Herzog : "Qu’avons-nous fait à nos paysages ? Nous avons embarrassé nos paysages!"

galerie photo

titre international : The Fifth Season
titre original : La cinquième saison
pays : Belgique, Pays-Bas, France
vente à l' étranger : Films Boutique
année : 2012
réalisation : Jessica Woodworth, Peter Brosens
scénario : Jessica Woodworth, Peter Brosens
acteurs : Aurélia Poirier, Django Schrevens, Sam Louwyck, Gill Vancompernolle

prix/sélections spéciaux

Biennale di Venezia 2012 Compétition Officielle
Toronto International Film Festival 2012 
Hamburg Film Festival 2012 
Festival de Cinéma Européen des Arcs 2012 Prix Cineuropa
Göteborg International Film Festival 2013 
International Film Festival Rotterdam 2013 
Glasgow Film Festival 2013 
Mamers en Mars Film Festival 2013 
Seattle International Film Festival 2013 
Los Angeles Film Festival 2013 
regarder le film en VàD

(Service disponible uniquement en France)

cinando

Follow us on

facebook twitter rss

ArteKino

Newsletter

Les Arcs call
Unwanted_Square_Cineuropa_01