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Critique

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Sorrow and Joy : L'amour gagne toujours

par 

- Le Danois Nils Malmros raconte dans son dernier film, autobiographique, un événement tragique qui a changé sa vie.

Critique

Un matin, tôt, vers la fin du film, 26 ans après la tragédie qui a bouleversé leurs vies, Johannes et Signe sont au lit à discuter. "Au début de ta carrière de réalisateur, tu as fait des films sur le fait d'être éperdument amoureux au collège et au lycée, mais tu n'as jamais fait de film sur l'apprentissage de l'amour", dit-elle. "C'est le film que je ne pourrai jamais faire", lui répond son mari.

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, le 11ème long métrage du Danois Nils Malmros, est ce film impossible. Il relate tout ce qui s'est passé avant et après ce jour terrible de février 1984 où sa femme, dans un état de folie, a tranché la gorge de leur fille de neuf mois dans leur villa de la banlieue résidentielle d'Aarhus, tandis qu'il donnait une conférence sur l'île de Funen.

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Dans le film, Signe est condamnée à un séjour dans un établissement psychiatrique (le psychiatre du tribunal ayant révisé son avis initial, selon lequel elle devait être incarcérée), mais tout le monde se sent coupable : Johannes pour l'avoir laissée seule avec l'enfant bien qu'il ait senti que ce n'était pas prudent, sa mère qui lui avait promis de rester avec elle jusqu'au retour de son mari, son père pour lui avoir transmis le mal de toute une lignée de maniaco-dépressifs (un mal qui a poussé le frère au suicide).

Sorrow and Joy, un récit très bien structuré que Malmros a écrit avec John Mogensen, observe Johannes (l'alter ego de Malmros, interprété par Jacob Cedergren) tandis qu'il rentre chez lui après sa conférence et note de l'extérieur que la lumière de la cuisine est éteinte, ce qui indique que quelque chose ne va pas. Son pressentiment est vite confirmé. Quand on l'autorise à voir sa femme (Helle Fagralid), deux jours plus tard, à l'hôpital psychiatrique, il sait que le chemin qui les attend sera long et pénible.

Bien qu'il affirme qu'il n'a lui-même pas besoin d'aide thérapeutique, il en trouve une auprès du psychiatre qui est intervenu au procès (Nicolas Bro) et il lui raconte comment sa relation avec sa femme a toujours été chaotique, depuis leur rencontre dans un bar et le moment où ils ont décidé de se marier. Il était réalisateur, un homme à part, et elle qui était enseignante s'est toujours sentie inférieure à lui, sur le plan intellectuel, au niveau de ses goûts et devant les lettres de fans qui la rendait jalouse tout comme face aux actrices fascinantes qui jouaient pour lui.

Le film décrit les hauts et les bas de leur mariage, leur bonheur à la naissance de Maria ("Signe l'aimait plus que tout au monde"). Après 18 mois d'internement psychiatrique, elle reprendra son poste d'enseignante, les parents de l'école ayant unanimement signé une pétition pour demander son retour.

Avec sa sincérité discrète, sans aucune fausse note, sa mise en scène délicate et les performances remarquables de Jacob Cedergren et Helle Fagralid, Sorrow and Joy est un récit bouleversant qui arrache des torrents de larmes. L'excellence des comédiens (y compris les acteurs secondaires : Nicolas Bro, Ida Dwinger dans le rôle de la mère de Signe, Maja Dybboe dans celui de l'actrice de 15 ans préférée de Johannes, Søren Pilmark dans celui de l'avocat), bien soulignée par l'humanité de la photographie de Jan Weincke, magnifie ce tableau que dessine Malmros de la vie à Aarhus, qui est la deuxième plus grande ville danoise et où les gens parlent un dialecte spécial (dont le film fait entendre des bribes). Il n'est jamais dit explicitement que l'amour gagne toujours, mais s'ils vaient été prononcés, ces mots auraient semblé tout naturels. Nils Malmros a vraiment un regard singulier, qui n'a jamais été aussi sublime.

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titre international : Sorrow and Joy
titre original : Sorg og glæde
pays : Danemark
année : 2013
réalisation : Nils Malmros
acteurs : Jakob Cedergren, Helle Fagralid, Nicolas Bro, Helle Hertz, Niels Weyde, Mads Hammer Larsen, Anders Brink Madsen, Esben Smed

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