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Quod Erat Demonstrandum : héros sans rien faire

par 

- Dans son deuxième long métrage, Andrei Gruzsniczki explore le pouvoir obscur de la police d'État roumaine

Critique

Dans la mesure où elle est née dans un pays anciennement communiste, la "Nouvelle Vague roumaine" fait figure d'exorcisme par rapport à un passé sombre. Dans cette lignée, l'élégant Quod Erat Demonstrandum [+lire aussi :
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(QED pour faire court), deuxième long métrage d'Andrei Gruzsniczki après The Other Irina (Meilleur premier film au Festival international de Transylvanie en 2009), se plonge dans l'histoire d'un mathématicien du nom de Sorin Parvu (Sorin Leoveanu) qui, en 1984, après avoir publié un théorème dans une revue américaine sans l'autorisation du régime, devient la cible d'une enquête très secrète.

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QED, qui est le premier film roumain en noir et blanc depuis 25 ans, décrit efficacement un système social où l'ambition et l'excellence ne sont absolument pas pris en compte. À 35 ans, Parvu, extrêmement brillant, devrait déjà avoir publié sa thèse, mais pendant l'ère communiste, il ne suffisait pas d'avoir du génie : il fallait aussi connaître les bonnes personnes. Et parfois, il fallait devenir informateur pour la police d'État, la fameuse "Securitate", qui avec seulement quelques milliers d'agents et un réseau national d'informateurs, a soumis tout un pays à la loi du chuchotement et de la terreur.

Tout change quand Parvu entend dire qu'Elena (Ofelia Popii), une ancienne collègue de la Faculté de mathématiques, s'apprête à quitter le pays pour s'installer en France, où son mari Alexandru l'attend. Parvu a l'idée de lui demander de transporter une valise, une valise contenant un nouveau théorème qui va révolutionner les maths.

Quod Erat Demonstrandum parvient habilement à passer du drame social au récit familial, de l'histoire d'amour au thriller... C'est que Gruzsniczki, également scénariste du film, tisse un véritable réseau d'histoires passionnantes autour de chaque personnage. Par exemple, celui du méchant, Voican (Florin Piersic Jr.), un agent de la police secrète prêt à tout pour comprendre la portée de la découverte de Parvu et prendre les mesures qui s'imposent, est humanisé par sa propre relation avec le système. Le réalisateur n'oublie pas de prendre le temps de souligner le fait que personne n'échappe à la torture qu'est cette machine parfaitement huilée, dont tous les rouages subissent la pression.

Le film ayant été réalisé avec un budget de seulement 700 000 euros, il souffre du manque de scènes d'extérieur, mais l'année 1984 (choisie en hommage à Orwell) est bien évoquée par les belles images en noir et blanc tournées par le directeur de la photographie Vivi Dragan Vasile et par les décors conçus par Cristian Niculescu. Sous l'oeil attentif de Gruzsniczki, on recule de trois décennies en voyant l'écran se remplir d'objets et de gestes qui ne manqueront pas de réveiller les souvenirs de ceux des spectateurs qui ont connu le communisme en Europe de l'Est.

Un des grands mérites du film est aussi de faire connaître au public une comédienne de théâtre quasi-novice au cinéma qui devrait vite percer : Ofelia Popii. Son interprétation fait d'Elena un personnage beau, fort, héroïque, une femme prête à se battre pour l'avenir qu'elle veut donner à sa famille. Elena et Parvu évoquent aussi un sujet tout à fait d'actualité : la fuite des cerveaux. Trente ans après l'époque évoquée par le film, les diplômés roumains continuent en effet de glisser entre les doigts d'un sytème qui ne mesure pas leur vraie valeur.

Quod Erat Demonstrandum, produit par Velvet Moraru pour Icon Productions (L'Autobiographie de Nicolae Ceausescu [+lire aussi :
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), a fait son avant-première mondiale dans le cadre de la compétition du Festival de Rome. Il sortira en Roumanie en 2014.

(Traduit de l'anglais)

galerie photo

titre international : Quod erat demonstrandum
titre original : Quod erat demonstrandum
pays : Roumanie
année : 2013
réalisation : Andrei Gruzsniczki
scénario : Andrei Gruzsniczki
acteurs : Florin Piersic Jr., Medeea Marinescu, Dorian Boguta, Mihai Calin, Ana Popescu, Ofelia Popii, Paul Ipate

prix/sélections spéciaux

Festival internazionale del film di Roma 2013 En compétition
GoEast Film Festival 2014 
Transilvania International Film Festival 2014 
cinando

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