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Critique

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Alleluia : Serial lovers

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- CANNES 2014 : Fabrice Du Welz saigne et divise en donnant un grand coup de hache dans la sélection de la Quinzaine des réalisateurs. On n’en attendait pas moins du réalisateur de Calvaire...

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Ils étaient nombreux les espoirs tournés vers la carrière de Fabrice Du Welz après la projection en 20014 de Calvaire [+lire aussi :
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, découvert à la Semaine de la Critique. Pourtant, il aura fallu 10 ans au réalisateur belge pour revenir fouler la Croisette avec une bobine — vade retro digital — sous le bras. C’est désormais chose faite avec Alleluia [+lire aussi :
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, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs du 67e Festival de Cannes. Entre les deux, il y aura eu une expérimentation mal accueillie (Vinyan [+lire aussi :
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) et au moins un rejeton de commande, parricide et enfanté dans la douleur (Colt 45, prévu en 2014). Ce bagage lourd de frustrations explique la démarche de Alleluia : tourner rapidement un film viscéral qui renoue à la fois avec la continuité de Calvaire (les Ardennes, le retour de Laurent Lucas, du producteur Vincent Tavier…) et avec cette façon libre, presque punk de tourner un film comme on l’entend dans un rapport de confiance. C’est qu’il fallait un environnement de travail très sain pour raconter une vraie histoire malsaine comme celle-ci, librement inspirée de l’affaire du couple surnommé "les tueurs de la lune de miel".

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Outre la figure de Laurent Lucas que Fabrice du Welz s’est mis en tête de façonner sur plusieurs films, on saluera la présence de l’actrice espagnole Lola Dueñas récemment vue chez Almodovar (Les amants passagers [+lire aussi :
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). Elle interprète le rôle de Gloria, une mère célibataire, employée à la morgue, qui s’amourache d’un petit escroc charismatique (Lucas dans le rôle de Michel), habitué à dépouiller les femmes qu’il séduit sur internet avant de disparaître comme il est arrivé. En dépit de la trahison de son amant, Gloria retrouve Michel qu’elle aime pulsionnellement et de façon extrêmement possessive. Le couple s’embarque alors dans une épopée sanglante à la mécanique macabre. Michel gagne la confiance de riches veuves en s’installant chez elles tout en faisant passez Gloria pour sa sœur. Aux premières loges des frasques séductrices de Michel, Gloria supporte mal la jalousie hystérique qui bouillonne en elle et quand elle explose c’est à grandes profusions de sang.

Alleluia est un film de genre littéralement bien tranché. C’est aussi une œuvre explicite qui a un rapport au sexe presque mystique, mais tellement essentiel pour expliquer le feu qui brûle entre les deux personnages principaux et celui qui les consume individuellement.

Le respect pour la pellicule, la mise en scène audacieuse, la photographie rugueuse et même le jeu d’acteur parfois, élèvent le film à hauteur des archétypes du genre, et pas des moindres. On peut clairement parler de beauté même lorsque Gloria chante faux — un interlude musical délicieusement incongru qui rappelle la chorégraphie dans Calvaire — avant de scier le pied d’un cadavre en gros plan. Passé l’ascension, le film reste suspendu avant de retomber. C’est malheureusement au niveau du scénario que sa pulsation cardiaque rate plusieurs battements. S’il faut saluer la sémantique religieuse qui enrichit cette histoire, on aura plus de mal avec une construction en chapitres qui n’est pas seulement répétitive, mais aussi lacunaire. Elle peine à masquer de grands trous dans le scénario. La temporalité n’est pas claire, la progression non plus. Quoique toujours aussi bien filmé, le final s’invite un peu farouchement dans le générique de fin, mais si c’est le prix à payer pour remettre Fabrice Du Welz en selle le plus rapidement possible, il vaut bien plus que celui d’une place de cinéma que nous flamberons gaiement. Son talent de réalisateur est comme un pur sang qui s’est suffisamment fait cravacher et à qui il n’y a plus qu’à lâcher la bride…

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