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Zoology

Critique

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Zoology : quand la différence est à la fois effrayante et fascinante

par 

- KARLOVY VARY 2016 : Après avoir triomphé dans la section East of the West avec Classe à part, Ivan I Tverdovsky revient à Karlovy Vary, en compétition officielle cette fois-ci

Critique
Natalia Pavlenkova dans Zoology

Le film Classe à part [+lire aussi :
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, réalisé par le cinéaste russe Ivan I Tverdovsky, avait fait sensation lors de l’édition 2014 du Festival international du film de Karlovy Vary, où il avait remporté la compétition East of the West. Sa description approfondie et bouleversante de la condition des élèves handicapés avait permis à Tverdovsky d’attirer l’attention de bien des professionnels de l’industrie du cinéma d’art et d’essai. Désormais, le réalisateur participe à la compétition principale du festival avec son dernier film, Zoology [+lire aussi :
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, qui s’intéresse à nouveau à une personne différente des autres. Néanmoins, Tverdovsky adopte cette fois-ci un point de vue beaucoup plus raffiné, puisque sa production se déroule dans un lieu empreint d’une plus grande vitalité, tandis que son personnage principal s’avère beaucoup plus… haut en couleur.

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Natasha (la très polyvalente Natalia Pavlenkova, qui jouait également dans Classe à part) est une femme de 55 ans qui travaille dans le zoo d’une ville du bord de mer au sud de la Russie, où elle est chargée de se procurer de la nourriture pour les animaux. Elle vit avec sa mère, une femme très pieuse (l’actrice expérimentée Irina Chipizhenko), et fait l’objet des moqueries de ses collègues de travail. Jusqu’au jour où, après avoir été victime de violentes douleurs dans le bas du dos, Natasha découvre qu’une queue vient de pousser sur elle.

Elle se rend alors chez un docteur, qui l’envoie faire une radio de sa queue. Mais l’image obtenue est floue car son nouveau membre bouge de son propre chef, si bien que Natasha doit retourner deux fois au cabinet de radiologie. Peter, un jeune radiologue (l’acteur Dmitriy Groshev, qui interprète ici son premier rôle au cinéma après plusieurs apparitions au théâtre), fait de son mieux pour l’aider, et les deux protagonistes se rapprochent, jusqu’à finalement tomber amoureux.

Pendant ce temps, la rumeur se répand qu’une habitante de la ville serait possédée par le Diable et qu’il serait dangereux de s’en approcher, voire même de la regarder. Ces bruits de couloir ont un impact considérable sur la mère de Natasha, qui est très sensible à ce genre de légendes, ce qui déclenche une succession de scènes tragicomiques où se mêlent les superstitions et le christianisme orthodoxe, des concepts typiques du milieu rural en Russie.

Grâce à sa queue, Natasha reprend confiance en elle et commence à se redéfinir en tant que femme. Elle commence notamment à s’habiller de façon beaucoup plus moderne et se teint les cheveux en noir. Si elle donnait l’impression d’avoir 60 ans au début du film, elle semble désormais avoir à peine 30 ans. Mais c’est sa queue qui excite Peter par-dessus tout. La scène où les deux protagonistes essayent de faire l’amour dans une cage au zoo est l’un des moments les plus mémorables du cinéma européen de ces dernières années : le genre de moment qui déclenche à la fois des rires nerveux et une certaine gêne physique.

Natasha est spéciale et Peter s’en rend compte, mais il s’intéresse avant tout à sa particularité physique et non à ses autres qualités. Alors que la majorité des gens est effrayée par ce qui est différent, inconnu ou étranger (comme dans Classe à part, où la société délaisse les élèves handicapés comme on dissimule de la poussière sous un tapis au lieu de les aider), un être humain à l’esprit plus ouvert peut percevoir une telle différence comme quelque chose de fascinant. Mais si cette personne est incapable de voir au-delà de cette source de fascination qui, soyons honnête, est somme toute assez simpliste, son affection n’est alors rien de plus qu’une émotion superficielle. Et c'est d’autant plus vrai si l’on considère le fait que la queue de Natasha présente également un intérêt professionnel pour le radiologue qu’est Peter.

D’un autre côté, Zoology est un film fascinant à bien des niveaux. Le cadre de l’action est certes pittoresque, mais il ne s’agit pas seulement d’une succession de "belles images". En effet, le zoo et la mer ne sont pas composés des verts éclatants et des bleus profonds que l’on a l’habitude de voir ; la palette de couleurs est bien plus nuancée que ça. Le microcosme de cette partie rurale de la société est représenté sans effort grâce à plusieurs dialogues convaincants entre les personnages secondaires, tandis que le fait d’avoir placé l’église dans une épicerie porte le contexte religieux du film à un niveau d’absurdité jamais atteint. En outre, la queue est un véritable chef-d’œuvre de l’animatronique, notamment grâce à son interaction avec Pavlenkova.

Zoology a été coproduit par la société russe New People Film Company, la française Arizona Productions et l’allemande MovieBrats Pictures, tandis que ses ventes internationales sont assurées par New Europe Film Sales.

(Traduit de l'anglais)

galerie photo

titre international : Zoology
titre original : Zoology
pays : Russie, France, Allemagne
vente à l' étranger : New Europe Film Sales
année : 2016
réalisation : Ivan Tverdovsky
scénario : Ivan Tverdovsky
acteurs : Natalia Pavlenkova, Dmitri Groshev, Irina Chipizhenko, Maria Tokareva

prix/sélections spéciaux

Karlovy Vary International Film Festival 2016 
Zurich Film Festival 2016 
Les Arcs International Film Festival 2016 
Cottbus Film Festival 2016 
cinando

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