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Interview : Jörgen Bergmark • Réalisateur

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Styles de vie alternatifs contre le conformisme

par 

- Jörgen Bergmark - Semaine de la Critique - Mostra de Venise

Interview : Jörgen Bergmark  • Réalisateur

A Rational Solution [+lire aussi :
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interview : Jörgen Bergmark
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doit son titre à l'idée qui vient à un personnage marié, Erland, quand il tombe amoureux de Karin, la femme de son ami Sven-Erik : le couple viendra vivre pendant un temps chez Erland et son épouse May et tous respecteront dix règles de cohabitation pré-établies. L'expérience est hélas difficile pour tous les personnages...

Cineuropa : Commençons par les mots magiques "Ingmar Bergman" : tous les cinéastes suédois sont confrontés à ce modèle et A Rational Solution, qui parle de mariage et de rapports de couple, a une dette particulière vis-à-vis du maestro.
Jörgen Bergmark : Il ya deux grandes traditions en Suède, une réaliste et poétique, une autre d'origine théâtrale qui renvoie à Bergman. Je pense m'inscrire plutôt dans le premier courant et suis par conséquent stupéfait quand on m'assure que j'appartient au second. En même temps, je me rends compte qu'on ne peut pas échapper à Bergman. Personne ne peut dire qu'il n'a pas été influencé par lui, c'est automatique – il fait partie de notre culture, il est dans notre subconscient, on en boit au petit déjeuner tous les matins. Ceci dit, pour faire mon film je n'ai pas eu besoin de regarder les siens (rire).

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Quelle était l'idée de départ ?
Jens Jonsson (le scénariste, ndlr.) et moi-même avons entendu parler de ce cours d'éducation matrimoniale soutenu par l'Église catholique pour défendre la valeur centrale de la famille, un cours où l'on parle de sexe, d'infildélité et de rapports de couple. Alors Jens m'a présenté tout ce qu'il avait écrit jusque là et nous avons commencé à débattre de l'idée qu'on peut tout résoudre quand on est honnête. Nous étions tous les deux dans un moment difficile sur le plan sentimental et savions pertinemment comme ces choses peuvent vous miner.

Vous avez donc imaginé "une solution rationnelle"...
Nous nous sommes demandé ce qui se passerait si... Nous n'avions certainement jamais entendu parler de telle solution, mais nous avions entendu des histoires similaires, surtout dans les villes de province, où les gens tiennent à éviter les scandales et à ne pas gâcher la vie de leurs enfants.

Vous critiquez une certaine hypocrisie chrétienne, en Scandinavie et ailleurs, qui veut qu'on maintienne à tout prix les valeurs liées à la famille sans prendre en compte les nouvelles formes de familles élargies qui sont en train de s'imposer.
Il y a deux niveaux. Il y a d'abord une critique générale vis-à-vis d'un ordre établi auquel on veut se soustraire et qu'on veut défier avec des styles de vie alternatifs, en amour, dans la vie en société, à l'école. Cependant, nous sommes d'autre part les premiers à ne pas rechercher ce que nous montrons dans le film : nos vies familiales sont tout à fait traditionnelles.

En général, au cinéma, les questions matrimoniales se discutent dans les familles bourgeoises. Votre récit se situe dans un milieu ouvrier.
Jens et moi avons grandi dans une ville du Nord de la Suède où il y a une usine de papier. Nos parents ont été les premiers à étudier. Nous pensons que dans les films scandinaves, la classe ouvrière est trop vue comme une masse d'ivrogne violents et stupides qui battons nos femmes. Nous voulions la montrer sous un éclairage juste, montrer que ces gens aussi savent discuter des problèmes de la société et qu'ils entrent dans le débat politique.

Sven-Erik, le mari trompé, souhaite symboliquement se couper en deux avec une scie électrique. Il a un problème d'identité qui représente peut-être un malaise social.
Nous sommes allés au CineMart de Rotterdam pour y rencontrer des coproducteurs potentiels et les représentants de Lucky Red ont dit qu'ils trouvaient le film "très scandinave". Il y a une reconnaissabilité de notre société dans le cinéma. Sven-Erik est un personnage très complexe, torturé par des doutes d'ordre religieux. Il croit que la relation entre sa femme et Erland n'est qu'une relation superficielle.

Quel est le lien entre le scénario de Kitchen Stories de Bent Hamer et A Rational Solution?
Kitchen Stories est aussi un film sur la rationalité et sur la passion qui vient finalement, mais Bent ne s'intéresse pas à la relation homme-femme. Je m'intéresse davantage aux histoires d'amour.

Le budget de cette coproduction (Suède, Italie et Allemagne) s'est monté à 2,4 millions d'euros. A-t-il été difficile à réunir ?
Surtout en Suède, mais nous avons reçu un financement de 800.000 euros de la part de l'État. Les Italiens ont été les premiers à lire le scénario et à croire en nous, bien que ce soit une première oeuvre. Une fois le scénario approuvé, les producteurs nous ont laissé libres de tourner comme nous le voulions. Je dois dire que le système du pitching pour trouver des coproductions fonctionne bien en Europe.

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titre international : A Rational Solution
titre original : Det enda rationella
pays : Suède, Finlande, Allemagne, Italie
vente à l' étranger : The Match Factory
année : 2009
réalisation : Jörgen Bergmark
scénario : Jens Jonsson
acteurs : Pernilla August, Rolf Lassgård, Anki Lidén, Stina Ekblad, Claes Ljungmark, Magnus Roosmann, Johan Storgård, Magnus Eriksson

prix/sélections spéciaux

Venise 2009 Semaine Internationale de la Critique
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