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Calin Peter Netzer • Réalisateur

“Une relation quasi pathologique”

par 

- Le cinéaste roumain Calin Peter Netzer livre quelques pistes de réflexion sur son film Mère et fils, Ours d'or du meilleur film à Berlin.

Calin Peter Netzer • Réalisateur

Entouré notamment de ses comédiens Luminiţa Gheorghiu et Bogdan Dumitrache, le cinéaste roumain Calin Peter Netzer a rencontré la presse internationale après la première mondiale en compétition à Berlin de son 3ème long métrage : Mère et fils [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Calin Peter Netzer
festival scope
fiche film
]
(Child's Pose). Explications d’un réalisateur qui se définit comme "réservé" et "n’aimant pas tellement parler".

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Vous avez co-écrit le scénario de Mère et fils avec Razvan Radulescu. D’où vous est venue l’inspiration ?
Calin Peter Netzer : Nous avons d’abord travaillé avec Razvan sur un projet complètement différent, mais qui tournait déjà autour d’une famille qui avait des conflits. Mais nous l’avons abandonné et nous avons commencé à nous discuter de nos propres vies et des relations que nous avions avec chacun des membres de nos familles. Nous nous sommes dits que c’était un sujet intéressant. Donc tout est parti de mes relations avec ma propre mère que nous avons ensuite développées sous forme de fiction.

Pourquoi avoir choisi de situer l’histoire dans la classe privilégiée roumaine ?
Entre la mère et le fils, il y a une relation quasi pathologique. Nous avons choisi la classe moyenne supérieure car nous pensons qu’il est beaucoup plus probable d’y voir ce genre de comportement que dans les classes sociales plus basses. Mère et fils est un drame psychologique.

Justement, pourquoi le titre original de Child Pose?
Dans le film, Il y a une scène où la protagoniste fait du yoga et prend la position Chid Pose. Nous voulions coller au titre car le personnage du fils est décrit comme une victime de la relation.

Cette relation mère-enfant est-elle spécifique de la Roumanie ?
Selon mon expérience, mais qui n’est que la mienne, la possessivité des parents par rapport à leurs enfants est très forte dans les pays d’Europe de l’ancien bloc de l’Est. On rencontre ce phénomène sans doute davantage en Roumanie que par exemple en Allemagne où j’ai passé près de 12 ans et où l’éducation des enfants est très différente.

Quelles étaient vos intentions de mise en scène ?
En lisant le scénario, on peut se dire qu’il est minimaliste, mais je voulais tenter une nouvelle approche, en n’utilisant pas de longs plans fixes par exemple. J’ai essayé d’être tout près des personnages, que la caméra les suive presque en les collant. Et comme cette histoire m’est très proche, je souhaitais la traiter de la manière la plus objective possible. J’ai essayé notamment de visualiser au tournage ce que serait le travail de montage. Nous avions deux caméras, 126 pages de scénario et nous avons tourné 13 à 14 heures par jour. Nous avons ensuite passé deux mois en salle de montage. Cela a été un très bon exercice pour moi d’apprendre à perdre un peu le contrôle.

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