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SARAJEVO 2018 Compétition

Florin Şerban • Réalisateur

“Je suis à bien des égards un adolescent qui refuse de grandir”

par 

- Quand on tourne dans la nature, il faut être préparé, explique le réalisateur roumain Florin Şerban, dont le 3e film, Love 1: Dog, a été projeté en compétition à Sarajevo

Florin Şerban  • Réalisateur

La relation homme-femme est résolument au coeur de la filmographie de carrière de Florin Şerban. Voici ce que le réalisateur roumain nous a confié sur la production compliquée et aventureuse de son troisième métrage, Love 1: Dog [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Florin Şerban
fiche film
]
, en compétition officielle au Festival de Sarajevo, où il a remporté les Prix Cineuropa et CICAE (lire l'article).

Cineuropa : Love 1: Dog est votre troisième histoire d'amour. Acceptez-vous l'étiquette de "réalisateur le plus romantique de Roumanie" ? Pourquoi explorez-vous dans tous vos films la relation homme-femme ?
Florin Şerban :
Love 1: Dog est une histoire d'amour. Et un western roumain. Et un thriller. En fait, le film peut être tout ce que vous voulez, sauf une comédie... Mais je suis un romantique, vraiment. Peut-être que je donne l'impression d'être hautain, prétentieux, sombre, mais ce n'est qu'une apparence. La vérite c'est que je suis à bien des égards un adolescent qui refuse de grandir. Je suis un adolescent qui a la chance extraordinaire de pouvoir s'exprimer.

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Mon quatrième film, Love 2: America, abordera aussi une relation homme-femme. C'est un sujet qui me tient à cœur. Par ailleurs, j'ai toujours fait des films que j'aurais voulu voir, mais qui n'ont pas été faits. Comme ces films me manquaient, je les ai faits. Je pense que j'ai quelque chose à dire sur les hommes et les femmes en général, donc tandis que je me les dis à moi-même, peut-être que d'autres ont envie d'entendre.

Un autre point commun entre vos films est que les hommes y ont toujours des statuts sociaux inférieurs par rapport aux femmes. Vos personnages féminins représentent-ils un idéal, ou un trophée que l'homme s'accorde à la fin de parcours (s'il y survit) ?
Je ne sais pas quoi dire. Quoi que je réponde, la réponse ne sera pas politiquement correcte. Si je dis que la femme représente un idéal, les féministes vont me dire que les femmes sont des individus réels et qu'il faut arrêter de les idéaliser. Si je dis que la femme ne représente pas un idéal, les plus éduquées d'entre elles vont me dire que si. Je préfère donc ne pas répondre à cette question. Pour ce qui est du trophée, en repensant à mes trois films, je dois reconnaître que ça semble être le cas. Ce n'était pas mon projet quand j'ai écrit les personnages, mais en effet, elles font l'effet de trophées. Ça cache sans doute quelque chose... Dans mon quatrième film, la dynamique sera complètement différente. Dans ma vie personnelle, en revanche, je tiens à dire que la femme n'a jamais été et ne sera jamais un "trophée", mais une invitation à la joie.

Peu de films roumains parviennent à créer un contexte intime plus efficacement que Love 1: Dog. Que pouvez-vous nous dire sur les décors ?
La chef-décoratrice, Mihaela Poenaru, s'est surpassée. À vrai dire, elle se surpasse à chaque fois – car nous avons fait mes trois films ensemble, et aucun n'a été facile. Cela dit, celui-ci a en effet été le plus difficile. Mihaela et son équipe ont construit la cabane en partant de rien. Nous l'avons d'abord dessinée, en réfléchissant à l'allure qu'elle devait avoir pour qu'elle reflette le héros. Nous avons ensuite chercher le bon endroit pour la construire, ce qui a pris beaucoup de temps, après quoi nous l'avons construite, exactement comme on construirait une vraie maison. Nous avons pris des rondins dans une maison en démolition, dans le Conté de Hunedoara, et nous les avons transporté jusqu'à la clairière que nous avions choisie. L'ensemble a représenté beaucoup de travail, mais il était essentiel pour le film d'avoir cette maison.

Quel est le plus grand challenge qui se soit présenté pendant la production ?
Le casting n'a pas été facile. Après que j'aie décidé de travailler avec Valeriu, il nous a fallu caster le chien. Ça a pris un temps fou, et nous avons dû parcourir tout le pays. Nous avons essayé différentes races, des chiens issus de différents élevages. Nous avons fini par trouver un chien qui pouvait travailler avec Valeriu, quelque part près du village de Tohanu Nou. 

Pendant le tournage en tant que tel, j'avais peur qu'il y ait des accidents, qu'il arrive quelque chose à un membre de l'équipe. Nous avons tourné dans des zones assez sauvages, et même si nous avons pris les précautions nécessaires, un accident est toujours possible dans ce genre d'endroit. Nous avons eu la visite d'un ours qui voulait manger Gheorghe (l'âne du film). Nous avons vécu beaucoup d'aventures, dont certaines deviendront des histoires que je raconterai à mes petits-enfants.

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(Traduit de l'anglais)

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