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Bernd Eichinger • Producteur

"Les tons obscurs dominent"

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- Producteur et scénariste de La chute, Bernd Eichinger s’est toujours intéressé à l’Histoire allemande, surtout la décennie dominée par le nazisme

Bernd Eichinger • Producteur

Producteur et scénariste de La chute, Bernd Eichinger s’est toujours intéressé à l’Histoire allemande, surtout la décennie dominée par le nazisme. "À ma naissance, en 1949, Hitler était un sujet tabou", reconnaît Eichinger, "Les générations d’après-guerre ne songeaient qu’à oublier et reconstruire; j’ai néanmoins toujours nourri un grand intérêt pour ce sujet, et je n’ai cessé de m’informer, usant des différentes sources à ma disposition".

Quand avez-vous décidé de produire La chute?
Cela fait près de trente ans que j’ai cela en tête. Le projet en tant que tel est venu plus tard, quand j’ai compris qu’à force d’accumuler des informations, j’avais matière à faire un film. J’étais arrivé à saturation en termes de recherches. Je me sentais prêt à faire face à cette aventure.

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Pourquoi avez-vous souhaité raconter plus particulièrement les derniers jours de la vie d’Hitler?
Si j’ai choisi de raconter les douze derniers jours du Führer, c’est parce que depuis longtemps, je m’interrogeais sur la mort de ce personnage terrifiant qui a changé le sort de toute l’humanité. La question que je me posais était exactement la suivante : pourquoi les allemands n’ont-ils pas réagi? Pourquoi ont-ils persévéré jusqu’à la fin, quand il était devenu évident qu’ils avaient perdu? Cette question trouvait réponse dans les douze années qu’a duré le règne nazi. J’ai cherché, de mon côté, à mettre en scène les douze derniers jours pour bien montrer le sens tragique des douze années précédant ce moment. Mon intention, dans ce projet, n’a jamais été d’en faire une oeuvre commerciale, et je dois avant tout rendre le mérite du succès de ce film au grand livre de Joachim Fest, qui a justement su exposer brillamment le lien entre la durée du régime et ses derniers jours. Je dois également louer Bruno Ganz. S’il n’avait pas accepté le rôle principal, je n’aurais sans doute pas pu faire ce film. Ganz est le seul acteur de son âge capable d’une interprétation d’une telle qualité.

La chute est un film très sombre. N’avez-vous pas pensé à y insérer des personnages plus positifs ?
Dans beaucoup de scénario, l’antagonisme de base réside dans la lutte entre un chevalier blanc et un chevalier noir; à la fin, après des conflits et des peines, le chevalier blanc triomphe sur le méchant. Sous le IIIème Reich, aucun de ces éléments n’existaient, ni le combat entre deux chevaliers de différentes couleurs, ni, encore moins, la victoire du chevalier le plus clair. Dans cette histoire, ce sont les tons obscurs qui dominent : le noir de la mort, et, à la rigueur, quelques nuances de gris.

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