email print share on facebook share on twitter share on google+

It's All So Quiet

par 

- Le cinquième long-métrage de la réalisatrice hollandaise explore une relation père-fils au goût amer et la lutte d’un quinquagénaire pour commencer une nouvelle vie

It's All So Quiet

Le cinquième long-métrage de la réalisatrice néerlandaise Nanouk LeopoldIt’s All So Quiet [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Nanouk Leopold
fiche film
]
, a été projeté dans la section Panorama spécial de la Berlinale. Ce récit d’un fermier qui lutte pour pouvoir se détacher de son père vieillissant et démarrer une nouvelle vie se veut sombre, discret et minimaliste.

Inspiré du roman de Gerbrand Bakker, le film de Nanouk Leopold s’ouvre sur Helmer, un homme d’une cinquantaine d’années (Jeroen Willems, décédé en décembre dernier et dont on se souvient pour son rôle dans Ocean’s Twelve) et son père, âgé et fragile (Henri Garcin, avec 115 films à son actif, dont le remake de La Panthere rose en 2006). Pour Helmer, s’occuper de son père, le porter jusqu’au premier étage, le nettoyer lorsqu’il s’oublie, est une tâche qui lui pèse et le remplit d’amertume.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Dans la ferme isolée où ils habitent tous deux, Helmer s’occupe de trente vaches et de quelques moutons et reçoit régulièrement la visite d’un livreur de produits laitiers (interprété par Wim Opbrouck) qui en pince pour lui, de même qu’Henk (Martijn Lakemeier), garçon de ferme de 18 ans qui travaille pour Helmer. Ces sentiments, jamais exprimés de vive voix par les personnages, sont palpables dans le langage corporel et dans les regards échangés.

Helmer remet la maison à neuf, repeint l’intérieur et commande un nouveau lit ; il essaie simplement de se construire une nouvelle vie en restant à l’écart de son père, qu’il a installé dans une chambre à l’étage, loin des regards des visiteurs et surtout du sien. Secrets de famille et squelettes dans le placard pèsent sur la relation père-fils. Certains sont clairement mentionnés mais d’autres à peine sous-entendus ; on ne sait pas vraiment qui montrer du doigt. Ce qui est sûr, c’est que les cinquante dernières années n’ont pas été des plus heureuses pour cette famille. Avec le climat d’agression passive qui règne entre les deux personnages, c’est un vrai miracle qu’ils arrivent encore à communiquer.

Nanouk Leopold façonne un univers claustrophobique parfois mis en contraste avec les basses plaines à ciel ouvert des Pays-Bas, exacerbé par la palette de bleu-gris de l’image de Frank van den Eeden. La musique d’ambiance de Paul M.van Brugge, peu présente, ponctue les moments forts.

It’s All So Quiet a été coproduit par les sociétés néerlandaises Circe Films et N279 Entertainment et par Coin Film pour l’Allemagne.

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.