email print share on facebook share on twitter share on google+

BERLIN 2017 Forum

El mar nos mira de lejos : sur le sable

par 

- BERLIN 2017 : Manuel Muñoz Rivas nous emmène dans un territoire côtier à moitié sauvage, habité par des hommes qui vivent en harmonie avec leur environnement, le vent et leur propre solitude

El mar nos mira de lejos : sur le sable

Un scarabée fouille le sable d’une dune avant de s’enfoncer dessous, hors de notre vue. À deux pas de là, nous apercevons ensuite un individu qui ramasse des branches et des ananas. La similitude est saisissante. Ce qui à première vue pourrait sembler un documentaire sur la nature finit par devenir une étude approfondie d’une communauté unique et étrange : celle des hommes qui habitent sur les plages du Parc naturel de Doñana, sur la côte de Huelva, et qui sont au centre d’El mar nos mira de lejos [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Manuel Muñoz Rivas
fiche film
]
(litt. « la mer nous regarde de loin »), un documentaire aux allures de fiction réalisé par le monteur et scénariste Manuel Muñoz Rivas (Séville, 1978), au programme de la section Forum du Festival de Berlin.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Ceux qui connaissent les films Arraianos [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, Dead Slow Ahead [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Mauro Herce
fiche film
]
, Hotel Nueva Isla, ou encore Slimane [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, reconnaîtront la patte de Manuel Muñoz Rivas dans le montage de son propre film. Le néo-réalisateur, formé à l’école de cinéma de San Antonio de los Baños, a travaillé sur les films d’Eloy Enciso et de Mauro Herce, mais il n’était encore jamais passé derrière la caméra. El mar nos mira de lejos, photographié par Mauro Herce, nait de la fascination de Muñoz Rivas pour une atmosphère, un lieu et ses habitants : son immersion dans ce monde est telle, que le spectateur se retrouve transporté et immergé dans un lieu bercé par le vent, drapé dans le silence et possédé pour la solitude.

El mar… a été tourné en 10 semaines, en été et en hiver, afin de montrer la variation du climat et le paysage de l’une à l’autre : en été, les plages sont envahies par les touristes ; en hiver, la solitude transforme ces dunes côtières en véritable désert. En outre, la voix-off et les photographies en noir et blanc nous renvoient à une recherche qui a échoué. Celle qui, autrefois, fut organisée ici même par les explorateurs en quête de civilisations perdues et de continents disparus. Cette illusion irréalisable donne au documentaire un souffle magique, énigmatique et romantique, et fait du temps l’un de ses sujets principaux.

Le temps se matérialise aussi dans les dunes qui se meuvent, comme vivantes, sous la caresse de la brise, mais aussi dans l’unique femme qui apparaît à l’écran, et dans la superposition de l’image d’une tour désormais abandonnée avec une vieille photo en noir et blanc de l’époque où elle était habitée. Les heures s’égrènent sans discontinuer, sur cette plage peuplée d’hommes, qui sont observés ici avec respect, ou quelque chose semblable à de l’admiration. Ce sont des êtres en dehors des systèmes, des êtres libres et indépendants (contrairement aux touristes qui pullulent parfois, et aux buissons de romarin) qu’on observe de loin, comme de la mer, au loin, et qui, comme elle, suivent leurs propres cycles, sans attache.

El mar nos mira de los lejos a été produit par les sociétés espagnoles El Viaje Films, Azhar Media et 59 en Conserva, avec la collaboration de la néerlandaise CTM Docs. Le projet a reçu le soutien du Programme MEDIA, de l’ICAA, du ministère de la Culture de la Junte d’Andalousie, de Canal Sur et du Fonds Cinéma des Pays-Bas. Il a déjà reçu le prix Work-In-Progress d’Abycine Lanza.

(Traduit de l'espagnol)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.