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INDUSTRIE France

La SRF sonne l'alarme en faveur des premiers films

par 

- La raréfaction des financements privés et le plafond des soutiens publics menacent la jeune création cinématographique française

La SRF sonne l'alarme en faveur des premiers films
Jeune femme de Léonor Serraille

Plus de 130 cinéastes, scénaristes et producteurs ont signé une lettre ouverte de la SRF (Société des Réalisateurs de Films) adressée à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, et lui demandant une action rapide en faveur d'une jeune création cinématographique mise en difficulté par la conjoncture.

Soulignant le très haut niveau artistique actuel des premiers longs métrages français comme en témoignent les Caméra d'Or remportées à Cannes par Party Girl [+lire aussi :
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en 2014, Divines [+lire aussi :
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en 2016 et Jeune femme [+lire aussi :
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en 2017, la SRFsouligne que "ce sont justement les premières œuvres et les projets les plus audacieux, ceux sur lesquels il est le plus risqué de "parier", qui sont aujourd’hui grandement fragilisés, jusqu’au seuil de la précarité pour certains. Année après année, les financements privés, principalement issus des chaînes de télévision, se sont raréfiés, se portant d’abord sur les auteurs déjà reconnus, les valeurs les plus sûres, les genres les plus porteurs. Pour un petit nombre de films, aisément identifiables, et souvent emblématiques en termes de création, l’impact est redoutable. L’absence d’une chaîne de télévision en préfinancement - ou la faiblesse des montants proposés - génère presque automatiquement une majorité de financements publics, plafonnés à 60% pour les films à petit budget. L’absurdité du système pousse ces films à renoncer à certaines aides, notamment au crédit d’impôt."

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Pour la SFR, "la solution est simple : autoriser un maximum de 70 % d’aides publiques dans le budget de ces films. Rappelons à ce titre que la législation française est la plus dure d’Europe (...) Pour les cinéastes émergents, dont les projets ont été choisis pour leurs qualités artistiques par des dispositifs extrêmement sélectifs (par exemple l’avance sur recettes du CNC), le plafonnement des aides publiques affecte violemment la fabrication, l’imaginaire, l’ambition artistique et visuelle des projets : équipes techniques réduites, figuration inexistante, temps de tournage de plus en plus contraints, scénarios élagués…Cette précarisation s’étend sans cesse et bride l’éclosion d’une nouvelle génération d’auteurs, d’acteurs, de techniciens." 

Demandant à la ministre de tirer parti des débats sur le projet de Loi de finances afin "d’assurer une plus grande égalité entre les films face au crédit d’impôt, un dispositif fiscal qui devrait être ouvert à tous, sans aucune exception", la SRF pointe le fait que le coût financier d'un tel ajustement serait "marginal, au regard de son efficacité artistique et économique, d’autant que très peu de films sont concernés." 

Parmi les premiers signataires de la lettre ouverte figurent les cinéastes Claire Denis, Catherine Corsini, Céline Sciamma, Rebecca Zlotowski, Katell Quillévéré, Pascale Ferran, Tonie Marshall, Agnès Jaoui, Julie Bertuccelli, Jacques Audiard, Robert Guédiguian, Bertrand Bonello, Pierre Salvadori, Cédric Klapisch, Nicolas Philibert et Lucas Belvaux, ainsi que les producteurs Pascal Caucheteux et Grégoire Sorlat, Philippe Martin et David Thion, Jean Bréhat et Muriel Merlin, Sylvie Pialat et Benoît Quainon, Marianne Slot, Marie Masmonteil, Didar Domehri, Marie-Ange Luciani, Gilles Sacuto et Miléna Poylo, Patrick Sobelman, Bertrand Gore, Nathalie Mesuret et Sandra Da Fonseca, Tom Dercourt, Laurent Lavolé et Bertrand Faivre.

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