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Europe/USA, aller-retour

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Franka Potente

par 

- L’actrice allemande en course entre les aux Etats-Unis et l’Europe pour The Bourne Identity et les nouveaux films de Greenaway et de Schubel

Franka Potente

Nous avons connu Franka Potente alors que, en 1998, avec ses courts cheveux roux, elle traversait Berlin comme une fusée dans le film Cours, Lola, cours. Quelques années plus tard Franka Potente traverse l’Océan. Pour jouer aux cotés de Matt Damon dans le film The Bourne Identity, une histoire d’espionnage située en Europe, Franka s’est soumise à une préparation très athlétique, du style hollywoodien. Des Etats-Unis où nous l’avons jointe au téléphone, la jeune actrice allemande affirme que le scénario américain ou allemand n’influence pas le choix de ses films. «Je recherche la même chose dans les deux cas, je tiens compte de l’histoire et du personnage que je dois interpréter».

Et pourtant vos choix sont multiples et différents. Après avoir tourné La princesse et le guerrier avec votre ancien fiancé Tom Tykwer, on vous a vue aux cotés de Johnny Depp dans Blow et maintenant sur le set de Try Seventeen, une comédie romantique avec Elijah Wood. Entre-temps, vous revenez en Europe pour The Tulse Luper Suitcase de Peter Greenaway et Blue Print de l’allemand Rolf Schubel.
«C’est seulement par amour de mon métier. C’est un peu comme la cuisine : il y a beaucoup de plats, tous différents, des doux et des salés : tu choisis celui qui te plait le plus».

Quel est votre rapport avec le marché cinématographique nord-américain?
«J’ai quelques doutes sur ce qui se passe ici aux Etats-Unis : il s’agit souvent d’une proposition commerciale et industrielle alors que je préfère le côté artistique d’un projet cinématographique. Je suis donc un peu en conflit avec le cinéma américain. Ils ont sûrement de grands réalisateurs mais je ne cherche pas le blockbuster. The Bourne Identity a fait ici une bonne recette mais je ne le considère pas comme un blockbuster typique, et c’est la raison pour laquelle j’ai accepté de participer au projet.

Vous revenez en Europe pour un grand réalisateur comme Greenaway et un compatriote, Schubel, pour interpréter un double rôle.
«Je ne crois pas avoir jamais quitté l’Europe. Il s’agit d’un travail, peu importe que tu le fasses ici ou ailleurs, c’est la même chose. La seule différence c’est la langue. Ma façon d’interpréter le personnage ne change pas, c’est le personnage que j’interprète qui change à chaque fois. Comment peut-on imaginer ne pas travailler avec Greenaway : c’est l’un des piliers de la cinématographie internationale. L’année dernière, je l’ai rencontré peu de temps avant le tournage et les quelques jours passés sur le plateau avec lui ont été vraiment magnifiques. J’ai aussi beaucoup aimé le film de Rolf Schubel parce qu’il s’agissait d’interpréter deux personnages. C’est l’histoire d’une pianiste atteinte d’une sclérose multiple; le film se situe dans le futur et le personnage féminin a l’occasion de rencontrer un savant qui s’occupe de clonage et qui pourrait transférer son génie dans le corps d’un enfant. Les deux personnages sont unis par une histoire d’amour et de haine. C’est un beau paris que celui d’interpréter deux rôles avec des ages si différents, et c’est très intéressant aussi du point de vue de l’organisation. Il faut contrôler les deux personnages d’une façon complètement différente, leurs émotions et leur manière de progresser dans l’histoire du film».

Est-ce qu’une actrice européenne aux Etats-Unis pense que le cinéma européen peut gagner du terrain sur le marché américain?
«Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de changer quoique ce soit aux films produits en Europe. Beaucoup de films européens imitent les films américains et je pense que cela dépend surtout d’un manque de confiance dans ses propres capacités et dans les histoires. En Europe, il n’existe pas une vraie industrie du cinéma comme en Amérique et dans certains cas cela peut nous être défavorable, mais je crois que le moyen pour sortir de cette impasse est celui d’aborder et de raconter des sujets, politiques ou autres, d’une façon absolument européenne, pour être plus compétitifs. Je pense que la langue représente un autre problème. Les américains n’aiment pas voir des films sous-titrés et doublés : c’est certainement un obstacle très important. Mais, à l’avenir, Internet pourrait nous aider à changer nos habitudes. Les enfants ont plus l’habitude de suivre les images et l’écriture avec Internet et ceci pourrait rapprocher les américains des films en langue étrangère sous-titrés. Le problème devrait perdre de son importance.

Qu’est-ce que vous pensez du fait que de l’argent allemand finit dans des productions américaines?
«Je pense qu’il s’agit en réalité de l’argent des fans. Certaines personnes qui n’ont pas grand-chose à voir avec le cinéma, investissent dans les films américains parce qu’ils se vendent bien partout, avec un retour économique assuré, alors que les films allemands iront au maximum en Autriche et en Suisse. Leur rapport avec le cinéma n’a rien d’artistique».

Avez-vous des projets qui vous ramèneront en Europe?
«J’ai déjà eu beaucoup de contacts, mais rien de définitif dont on pourrait parler maintenant. En Allemagne, je suis en contact avec un metteur en scène. En attendant je me repose. Je continue mes leçons de piano, je fais les peintures dans mon appartement. Bref je vis un moment de tranquillité».

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