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"Enfant, je rêvais que Rambo nous aide à combattre Saddam Hussein"

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Karzan Kader • Réalisateur

par 

- Le cinéaste suédois d'origine kurde évoque dans Bekas l'exil de sa famille, qui a fui le Kurdistan irakien en 1991, pendant l'offensive des troupes de Saddam Hussein

Karzan Kader • Réalisateur

Un des petits joyaux de l'édition 2012 du Festival de Stockholm aura été l'avant-première mondiale de Bekas [+lire aussi :
critique
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de Karzan Kader. Dans ce film, le tout jeune cinéaste suédois d'origine kurde se rappelle la fuite entreprise par sa famille en 1991 pour quitter le Kurdistan irakien, attaqué par les troupe de Saddam Hussein. Son long métrage (lire la critique) a été développé à partir du court métrage du même nom qui a valu à Kader la médaille d'argent des 38èmes Academy Awards des étudiants.

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Cineuropa : On imagine bien la tragédie que cela a dû représenter que d'abandonner le Kurdistan en pleine guerre. Cependant, vous avez décidé de raconter votre expérience à travers une comédie. C'est une décision courageuse, mais aussi assez risquée.
Karzan Kader : Je crois que j'ai toujours eu deux voix : une voix forte, dramatique et profonde, et une autre qui tente de l'emporter sur l'adversité à travers l'humour. J'essaie toujours de trouver le juste équilibre entre les deux. Quand j'étais petit, même le chemin de l'école pouvait être dangereux. Nous étions terrifiés par les soldats. J'aime la sensation qu'on a au moment précis où le danger et la peur disparaissent. C'est un instant de liberté. Aimer ces moments de liberté, croire en ces moments, c'est ce qui a fait de moi la personne que je suis aujourd'hui.

Quand votre famille et vous avez quitté le Kurdistan irakien, vous étiez le frère cadet. Vous identifiez-vous davantage avec le plus jeune frère dans le film, Zana?
Oui, tout à fait. J'étais tout aussi naïf (rires). Dans le film, Zana voit Superman et il croit que c'est une personne réelle. Moi, à l'époque, j'ai vu Rambo, et moi aussi j'ai cru qu'il existait. Cela s'est passé pendant la guerre et la première chose que j'ai pensé, c'est : "Ce type se bat seul contre toute une armée. Nous avons besoin de lui ici. Nous avons besoin de son aide. Pourquoi Rambo ne vient-il pas renverser Saddam ?". Je voulais lui montrer la souffrance de mon peuple pour qu'il nous aide.

Pour tourner le film, vous êtes retourné dans votre ville natale. Comment se porte-t-elle par rapport à ce que vous avez connu pendant votre enfance ?
La situation là-bas est bien, bien meilleure aujourd'hui. On peut y respirer la liberté. Le peuple kurde a presque son propre gouvernement, et le plus faramineux, c'est que le président irakien est kurde. Ceci aurait été inconcevable quand j'étais enfant ! La population kurde a toujours été dénigrée, et soudain voici un des nôtres à la présidence. C'est fou, vous savez, c'est incroyable de voir comme les choses changent avec le temps. J'ai été très surpris par les gros progrès accomplis dans des domaines comme la distribution d'eau potable et d'électricité... Les choses vont dans le bon sens.

Je crois que le mot “bekas” ne peut pas vraiment être traduit. Pouvez-vous m'expliquer son sens exact ?
Bekas” est un mot très respecté par les Kurdes. À l'époque, être un “bekas” signifiait avoir perdu tous les membres de sa famille dans la guerre, être complètement seul au monde, sans liens de sang. C'est une chose terrifiante. La guerre a fait beaucoup de bekas.

Les critiques suédois ont comparé votre film à Slumdog Millionaire. Que pensez-vous du rapprochement ?
Les comparaisons sont inévitables, et cela ne me dérange pas. Dans le cas de Slumdog Millionaire, c'est un honneur pour moi parce que c'est un de mes films préférés. Danny Boyle a touché beaucoup de coeurs avec cette histoire. J'espère pouvoir faire la même chose avec la mienne.

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