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Yves Saint Laurent : au-delà du mythe

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Jalil Lespert • Réalisateur

par 

- Après son succès dans les salles françaises, Yves Saint Laurent de Jali Lespert se présente à la Berlinale

Jalil Lespert  • Réalisateur

Les deux productions françaises sur la vie d’Yves Saint Laurent ont suscité un grand intérêt de l’industrie. La première, Yves Saint Laurent [+lire aussi :
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, nous est présentée par l’acteur et réalisateur Jalil Lespert avec Pierre Niney,jeune promesse du cinéma français, dans le rôle principal. Le film est présent à la section Panorama du Festival international du film de Berlin, après avoir connu un franc succès au box-office en France. Dans l’attente de connaître aussi le biopic signé par Bertrand Bonello, intitulé Saint Laurent, Jalil Lespert nous montre un personnage bien éloigné de la frivolité à laquelle on associe habituellement le monde de la mode. Il situe le personnage dans un contexte historique où la lutte pour les droits de la femme pouvait également être revendiquée à travers un vêtement et il confère au personnage une aura artistique. Le réalisateur porte aussi beaucoup d’attention à l’intense relation amoureuse et professionnelle du styliste et de Pierre Bergé, qui a d’ailleurs collaboré à la production du film.   

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Cineuropa : Vous n’étiez pas vraiment un expert de la mode avant de commencer ce projet. Après toutes ces recherches approfondies qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans le personnage de Yves Saint Laurent ?
Jalil Lespert :
La valeur sociale de son travail. Il ne concevait pas la mode comme un ensemble de tendances. Il était conscient qu’il habillait des êtres en chair et en os qui ont une vie active. Tout comme Coco Chanel, il s’adressait à toutes les femmes. Par exemple, même si ça ne rendait pas les vêtements plus beaux, il ajoutait des poches car c’était pratique. À travers ses vêtements, il a défendu l’idée que les femmes n’étaient pas des objets et qu’elles gagnaient en indépendance et en liberté. Il n’était pas au service de la bourgeoisie ou de l’aristocratie. Je pense qu’il serait heureux de savoir qu’aujourd’hui la mode est plus liée à H&M ou à Zara qu’aux grands stylistes. En tant que personnage, sa perception de la vie le rendait fragile, c’est pourquoi il ressentait ce besoin d’autodestruction qu’il assouvissait grâce à la drogue ou au sexe. Ainsi, tout en gardant certaines distances, on pourrait le comparer à Jim Morrison ou à Jimmy Hendrix. D’une certaine façon, il était aussi un poète. 

Une biographie de Coco Chanel est sortie récemment avec Audrey Tautou dans le rôle principal. Est-il possible que le cinéma de votre pays revendique, face au reste du monde, le fait que la mode française fait également partie de la culture ?
Ce qui est fascinant et paradoxal dans la mode c’est que c’est à la fois une industrie et quelque chose d’artisanal. Il fallait être un artiste pour faire un travail aussi extraordinaire que celui d’Yves Saint Laurent ou de Coco Chanel. Ça fait évidemment partie de notre culture. C’est très français et c’est justement pour ça qu’il est tout à fait naturel qu’il existe des films centrés sur la mode. Je voulais raconter une histoire purement française et pouvoir le faire en profondeur. La vie d’Yves Saint Laurent me l’a permis. J’ai voulu montrer comment un génie qui devait lutter contre des maladies et des démons intérieurs atteignait tous ses objectifs. Pour ce faire, il devait trouver un compagnon, il devait s’ouvrir au monde et ne pas le faire seul. C’est là que Pierre Bergé entre en scène.

Comment Pierre Bergé a-t-il collaboré avec vous dans le processus de création du film?
Il m’a fourni un grand nombre d’archives visuelles. Mais, le connaître personnellement m’a encore plus aidé à comprendre la profondeur de la relation qui les unissait. Un jour, nous regardions ensemble une interview d’Yves Saint Laurent lorsqu’il était jeune et j’ai été ému en voyant Pierre Bergé, âgé de plus de quatre-vingts ans, acquiescer et dire à l’écran : « Bonne réponse. Bien joué. » Il parlait au présent, comme s’ils étaient toujours ensemble, comme s’il était assis entre le journaliste et son partenaire. De plus, il m’a donné accès à sa fondation et m’a permis d’entrer en contact avec les experts et les commissaires artistiques qui y travaillent. J’ai ainsi continuellement collaboré avec eux pour améliorer la partie technique.  

Une autre biographie d’Yves Saint Laurent qui était en préparation presqu’en même temps que votre projet a également reçu une grande attention médiatique. Avez-vous ressenti une quelconque pression ?
J’ai essayé de me concentrer sur mon propre film parce que j’étais déjà assez sous pression pour créer une œuvre qui me rendrait fier et heureux. Je ne sais pas exactement sur quoi se concentre le film de Bertrand Bonello mais j’irai évidemment le voir dès sa sortie. Bien que, d’une certaine façon, j’ai l’impression que c’est lui qui doit être sous pression. 

(Traduit de l'espagnol)

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