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"Je voulais revenir à la Belle et faire de son parcours initiatique le centre de l'histoire"

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Christophe Gans • Réalisateur

par 

- Cineuropa a profité de la 64e Berlinale pour s’entretenir avec Christophe Gans qui signe une nouvelle adaptation de La Belle et la Bête

Christophe Gans • Réalisateur

Cineuropa a profité de la 64e Berlinale pour s’entretenir avec le réalisateur français Christophe Gans qui signe une nouvelle adaptation de La Belle et la Bête [+lire aussi :
bande-annonce
making of
interview : Christophe Gans
interview : Léa Seydoux
interview : Vincent Cassel
fiche film
]
présentée Hors Compétition…

Cineuropa : D’où vous est venue cette fascination pour cette histoire ?
Christophe Gans : D’abord, je suis un grand défenseur des animaux. Rien que pour cet aspect, le conte m’a toujours touché. Ensuite, j’ai une grande admiration pour l’adaptation de La Belle et la Bête par Jean Cocteau que j’ai vu pour la première fois lorsque j’avais 5 ans. Ce film est comme un rêve et c’est toujours comme ça que je le vois aujourd’hui. Mais en relisant le conte, je me suis aperçu que Cocteau n’en avait adapté qu’une toute petite partie et qu’il s’était surtout focalisé sur la Bête et sur la relation de la caméra avec elle. Bien sûr, il y avait sa relation avec Jean Marais, le fait qu’il s’identifiait aussi à la Bête, mais n’en demeure pas moins que Belle est un personnage secondaire de son adaptation. Je voulais revenir à la Belle et faire de son parcours initiatique, son passage de l’enfant à la femme, le centre de mon histoire. Léa Seydoux incarne parfaitement ces deux aspects. C’est une qualité assez rare.
Nous avons fait un film familial, mais avec une double lecture évidente qui existe dans beaucoup de scènes et d’éléments graphiques comme le miroir qui a clairement la forme d’une vulve…

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Avez-vous été influencé par le film d’animation de Disney ?
Lorsqu’il est sorti en 1993, j’étais trop vieux pour qu’il ne m’influence et c’est une adaptation que je n’aime pas particulièrement. Elle est trop propre. Tout est au milieu du sentier sans le moindre écart… De cette version, nous avons néanmoins conservé la scène de bal, car pour tout le monde, il semblait inconcevable de faire une nouvelle adaptation de la Belle et la Bête sans cette danse qui demeure l’image la plus marquante du film d’animation de Disney.

Pourquoi avoir choisi de vous compliquer la tâche avec Eduardo Noriega qu’il a fallu doubler en postsynchronisation de voix. 
Vincent Cassel est assez unique en France. J’avais besoin d’un acteur qui dégage la même chose pour en faire un ennemi à sa la hauteur. Nous avions exploré l’idée d’avoir l’acteur italien Riccardo Scamarcio et nous nous sommes finalement arrêtés sur Eduardo Noriega qui, à sa façon, est un peu le Vincent Cassel d’Espagne. Il a joué toutes les scènes en français, mais nous avons jugé que son accent était un peu trop prononcé pour le personnage et nous avons finalement doublé sa voix. Eduardo était tout à fait d’accord avec cette démarche qui ne retire rien à sa performance et à son charisme.

Quel est la part de blue screen et celle de décors réels dans le film ?
Mis à part les décors construits de la salle à manger et la chambre de Belle, tout est reconstitué numériquement. La seule séquence que nous avons tournée en décors naturels est la scène de chasse dans la forêt. Les couleurs étaient très importantes. Je suis un grand fan du film britannique Le Narcisse Noir (1947) de Michael Powell. Nous nous sommes beaucoup inspirés de la photographie de Jack Cardiff dans ce film : des couleurs fortes et organiques en technicolor, des palettes qui représentent très bien la psyché de Belle finalement.

Selon vous, le blockbuster européen est-il prêt à rivaliser avec celui d’Hollywood ?
Le budget de La Belle et la Bête est celui d’une grosse comédie européenne. Mon film a coûté 35 millions d’euros et la nouvelle comédie de Dany Boon en a coûté 32. Nous sommes capables de rivaliser avec les blockbusters américains et ce d’autant plus que nos films coûtent beaucoup moins cher. Cela sous-entend une préparation minutieuse avec des personnes qui savent ce qu’elles font et nous en avons en Europe. Nous devons dès lors être capables de rapatrier nos franchises, nos contes de fées, la mythologie grecque ou les récits de Jules Verne par exemple, pour en faire des blockbusters européens. Lorsque j’ai annoncé que je faisais La Belle et la Bête, Hollywood a annoncé deux autres adaptations du conte au même moment : une par Guillermo Del Toro avec Emma Watson et une autre des studios Disney. Aujourd’hui, mon film est en salle alors que ces deux projets américains n’ont pas encore commencé. Ces versions coûtent trop d’argent et prennent une éternité à voir le jour. A Hollywood, un film comme ça coûte 200 000 000 de dollars ce qui signifie que les studios ont besoin de 600 000 000 de dollars pour récupérer leur investissement. Aucun film américain ne fait ce score au box office sur son territoire. La Belle et la Bête n’a besoin que de 3 000 000 d’entrées parce qu’il est moins cher à financer. Nous ne sommes déjà pas loin des 1.000.000 de tickets vendus en France en première semaine d’exploitation et le film s’est vendu partout…

(Traduit de l'anglais)

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