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“En tant qu’acteur, on se dirige déjà de soi-même”

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Ralph Fiennes • Réalisateur

par 

- Le deuxième film de Ralph Fiennes, The Invisible Woman, raconte la relation extra-conjugale de Charles Dickens avec Nelly Ternan

Ralph Fiennes • Réalisateur

L’acteur britannique Ralph Fiennes, connu pour son rôle dans Le patient anglais et actuellement à l’affiche de The Grand Budapest Hotel [+lire aussi :
critique
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de Wes Anderson, trouve également le temps de réaliser des films. En 2010 déjà, il avait adapté la pièce de Shakespeare Coriolan [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
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, et il réalise à présent The Invisible Woman [+lire aussi :
critique
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interview : Ralph Fiennes
fiche film
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, un film biographique sur Nelly Ternan (Felicity Jones), la maîtresse de Charles Dickens (Fiennes).

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Cineuropa : Dans votre film, vous faites preuve de sympathie à l’égard de Dickens, mais étant donné que vous exposez son histoire extra-conjugale,  ne craignez-vous pas de ternir l’image de cet écrivain adulé ?
Ralph Fiennes : Je n’étais pas inquiet de cela mais je pensais qu’il était important d’aborder l’homme dans son ensemble, pas uniquement l’homme marié qui commet un adultère. On peut facilement tomber dans la réduction. J’ai essayé de montrer qu’il s’agissait d’un homme aux multiples facettes. Il s’impliquait dans des causes généreuses, comme par exemple collecter de l’argent pour un hôpital ; il pouvait être très affectueux ; il était plein de vitalité et de générosité. Cependant, il avait aussi un côté plus sombre, il est connu pour avoir été un mauvais père et avoir quitté sa femme d’une manière assez brutale et égoïste. Cela le rend peut-être moins attrayant mais cela fait aussi de lui un personnage complexe, avec plusieurs versants. Toutefois le personnage central du film est bien Nelly Ternan, et Dickens gravite autour d’elle. La raison qui m’a poussé à faire ce film est que j’ai été touché par l’histoire de Nelly, une femme qui porte un secret, qui retient son passé en elle-même. Elle est en quelque sorte hantée par un démon. J’espère que c’est ce qui va permettre aux spectateurs de se reconnaître, car nous portons tous des souvenirs d’histoires anciennes.

Est-il difficile de jouer dans un film que vous réalisez vous-même ?
C’est une chance qui m’a été donnée, que de pouvoir essayer quelque chose que je n’avais jamais fait en tant qu’acteur, mais effectivement, c’est compliqué, car il faut être derrière la caméra et guider le jeu des acteurs tout en pensant à la photographie et au montage. J’ai encore des choses à apprendre comme réalisateur. Pour jouer, il faut faire abstraction de tout ça, même si le fait d’être à la fois acteur et réalisateur peut aussi être positif puisqu’en tant qu’acteur, on se dirige déjà de soi-même de toute façon. Il est plutôt rare de travailler avec des réalisateurs qui soient capables d’aider vraiment les acteurs. Bien qu’ils aient les meilleures intentions, ils sont parfois assez maladroits dans la formulation de ce qu’ils souhaitent voir. L’acteur doit donc proposer des choses et les nuancer. C’est la raison pour laquelle devenir réalisateur est une évolution naturelle pour certains acteurs. Dickens lui-même est l’exemple du comédien-régisseur de l’époque. Les acteurs principaux dirigeaient souvent le jeu des autres acteurs autour d’eux. En fait, les acteurs-réalisateurs d’aujourd’hui sont les comédiens-régisseurs du théâtre d'autrefois.

Le film montre Dickens en célébrité adulée par le public. Peut-on y voir un lien avec son aspiration à une vie privée protégée de toute attention publique ?
N’importe quelle personne ayant affaire à la curiosité du public se pose cette question sur sa vie privée. Le public commence à penser qu’il possède une partie de nous, qu’il a le droit de tout savoir sur notre vie puisque nous nous exposons. Donc toutes ces questions de vie privée, ce besoin de préserver certaines choses sans être mal jugés par le public, j’y ai fait face, et ce n'est pas plaisant. À l’époque, les journaux n'exposaient pas les gens aussi ouvertement que les tabloïds d’aujourd’hui, mais certains dévoilements pouvaient certainement vous fermer des portes dans le monde. Si, par exemple, vous vous présentiez à une réception avec votre femme, même si la rumeur courait que vous aviez une maîtresse, vous étiez bien vu puisque vous faisiez ce qu’il fallait. En revanche, si vous vous présentiez avec la maîtresse en question, vous étiez rejeté et considéré comme un paria. Les gens n'aimaient pas être confrontés à des comportements socialement incorrects, mais être au fait des petites histoires ne leur posait pas de problème.

Vos expériences en tant que réalisateur ont-elles influencé l’acteur que vous êtes ?
Une fois qu’on passe derrière la caméra, on ne peut plus faire machine arrière. On se forme une opinion sur chaque choix du réalisateur , chaque placement de caméra. C’est toujours gratifiant de décrocher un rôle bien juteux avec un bon réalisateur, et j'en accepterai encore, mais j'aime être réalisateur, et je voudrais continuer. Pour mon prochain film, j'aimerais bien faire quelque chose d'original, peut-être de contemporain.

(Traduit de l'anglais)

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