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Jan Ole Gerster • Réalisateur

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- Jan Ole Gerster, l'auteur du film allemand encensé Oh Boy, parle de sa carrière et de la réalisation de ce film

Jan Ole Gerster  •  Réalisateur

Tout étrange que cela puisse paraître, l'histoire qui sert de trame à Oh Boy – un des films allemands indépendants récents qui a obtenu le plus de succès et le premier long métrage de Jan Ole Gerster, un film sur les ambitions, les échecs et les succès – a tous les ingrédients de la comédie américaine traditionnelle. Gerster lui-même a encore du mal à croire ce qui en est sorti : "Parfois, quand je regarde le film, plaisante-t-il, je me dis qu'il n’est pas aussi bon que ça !".

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La plupart des gens qui ont vu le film ne sont pas de cet avis, et encore moins ceux qui lui ont décerné ses nombreux prix. Oh Boy raconte l’histoire tout simple d’un homme qui cherche à se payer un café. Son personnage est Niko Fischer, un trentenaire sans ambition qui cherche à comprendre quelle est sa place dans la vie. À travers ses images, superbement tournées en noir et blanc dans les rues d'un Berlin intemporel, le film, étrangement amusant et bizarrement tragique, déploie toute une série de petites vignettes discrètes qui ne mènent nulle part mais restent longtemps gravées dans l’esprit du spectateur.

La passion de Gerster pour le cinéma s’est développée très tôt. Dès son enfance dans la région minière de Siegerland, il s'est vite immergé dans le cinéma. Vers la fin des années 1990, Gerster s'est mis à nourrir l'ambition de réaliser des films et à parcourir les jaquettes des cassettes VHS de son vidéo-club, à la recherche de noms de personnes à contacter. Ayant finalement décroché un entretien avec Manuela Stehr, co-fondatrice de X Filme, en 2000, il a rejoint son équipe en tant que stagiaire. Un petit hasard de la vie, souligne-t-il : "Manuela dirige aujourd’hui la société de distribution qui s'est occupée de Oh Boy".

Gerster est resté trois ans chez X Filme, mais il s'est vraiment fait remarquer après être tombé sur une des premières versions du scénario de Good Bye, Lenin! [+lire aussi :
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fiche film
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de Wolfgang Becker (2003), qu'il a tout de suite adoré : "Becker cherchait un assistant ayant de bonnes relations avec le travail de bureau. J’avais les contacts et je connaissais le projet. Il m’a invité chez lui pour qu’on se rencontre".

Gerster a ensuite été invité à réaliser Der Schmerz Geht, Der Film Bleibt (2004), un documentaire sur la fabrication de Good Bye, Lenin! C'est à ce moment qu'il tenta pour la première fois de rentrer à la DffB de Berlin, sans succès, mais la deuxième tentative fut la bonne. Le film qui lui permit d'entrer : un court métrage avec un seul acteur, son ami Tom Schilling, l'acteur principal de Oh Boy.

Après cela, pendant un temps, Gerster est devenu un de ces nombreux artistes qui se fondent dans un Berlin nébuleux et abandonnent leurs ambitions à l’inertie, mais il a fini par comprendre que ce qu’il vivait pouvait nourrir ses aspirations : “je me suis rendu compte que ne pas aller en cours, se perdre dans les rues de Berlin et traîner dans les bistrots pouvait être le sujet de mon film. J’ai fini mon scénario juste à temps : ils étaient vraiment sur le point de me virer. Ils m’ont dit : 'Cela fait cinq ans qu’on te demande de faire des courts métrages, et aujourd’hui voilà que tu présentes un scénario de long métrage. Est-ce que ce scénario peut servir de base à ton film de fin d’études ?'. J’ai répondu : 'Oui, sans problème !'".

Tom Schilling, pressenti pour le premier rôle, a suggéré de parler du projet à Marcos Kantis, qui avait participé à la production de Good Bye, Lenin! (et qui a créé depuis sa propre maison de production, Schiwago Film). Petit à petit, Kantis a réussi à réunir les financements nécessaires. Gerster n'a pas chômé non plus : "Au Festival de Berlin, j’ai rencontré Andreas Schreitmüller. Je me suis faufilé à la réception d’ARTE et je lui ai demandé si je pouvais lui envoyer mon scénario. Deux ou trois semaines plus tard, une responsable de la production chez ARTE m'a contacté pour demander qu’on se rencontre. À partir de ce moment-là, les choses ont commencé à avancer".

Le budget du film n’était pas très élevé, bien qu'en 22 jours de tournage, pendant l’été 2010, Gerster ait réuni une troupe incroyable, comprenant notamment Justus von Dohnányi et Michael Gwisdek. Le tournage, dont Gerster craignait qu'il ne fût la partie la plus difficile, s’est avéré extrêmement agréable. C'est le montage qui a été plus compliqué.

Un peu moins d’un an après, après avoir collecté des louanges ininterrompues et brillé au box-office allemand, Oh Boy en est à 21 prix et 14 nominations, et Gerster commence à peine à trouver le temps de songer à la suite. En plus d'un nouveau scénario sur lequel il travaille, il voudrait obtenir les droits d’un roman américain dont il préfère ne pas révéler le titre. Il avoue avoir également discuté avec Schilling de la possibilité de reprendre, dans les années à venir, le personnage de Niko Fischer – en faisant référence à Truffaut, qui fit cinq fois appel à Jean Pierre Léaud pour jouer le personnage d'Antoine Doinel, après leur premier succès avec Les Quatre Cents Coups.

Quoiqu'il en soit, il est certain que la persévérance de Gerster a été récompensée. Il est un peu tôt pour un "happy end", mais c'est une belle conclusion pour un premier chapitre brillant.

(Traduit de l'anglais)

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