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"Une sorte de comédie humaine sur l'hôpital"

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Thomas Lilti • Réalisateur

par 

- Le cinéaste français Thomas Lilti parle d'Hippocrate, apprécié à Cannes

Thomas Lilti  • Réalisateur

Apprécié en clôture de la Semaine de la Critique du 67ème Festival de Cannes (lire la critique) et récent vainqueur au Festival d'Angoulême Hippocrate [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Thomas Lilti
fiche film
]
arrive en salles, distribué par Le Pacte. L'occasion de rencontrer le réalisateur Thomas Lilti qui signe là son second long et réussit à mêler habilement divertissement et questions de société.

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Cineuropa: Pourquoi avoir décidé de placer votre intrigue au coeur d'un hôpital public ?
Thomas Lilti : C'est en partie autobiographique car je suis médecin généraliste et j'ai fait pendant dix ans des études de médecine. C'est pour cette raison que j'ai eu envie de raconter l'hôpital public français. Mais ce qui me motivait surtout, c'était de faire une sorte de comédie humaine sur l'hôpital, raconter les humanités, les hommes et les femmes qui y passent quasiment les deux tiers de leur temps. Mon angle de départ était les coulisses de l'hôpital, ce qu'on ne voit pas quand on est malade et quand on est hospitalisé. Je ne voulais pas faire comme dans les séries hospitalières avec du cinéma de genre ayant l'hôpital pour cadre, pour du thriller, de l'enquête policière, du "soap opera", de la "love story". Je voulais vraiment rester dans la réalité.

Le film aborde une multitudes de sujets dont certains épineux : l'acharnement thérapeutique, la fin de vie, l'erreur médicale, les dysfonctionnements de l'institution, le recours à des médecins étrangers précaires, la vocation professionnelle, etc.
On a à peine plus de 20 ans, on se retrouve interne et on est débordé par les événements : la blouse blanche est trop grande pour nos épaules de jeunes médecins. L'hôpital est un endroit très protéiforme où l'on se retrouve face à des sujets éthiques, moraux, comme la mort évidemment, la maladie, la décision thérapeutique, l'acharnement thérapeutique, l'erreur médicale... On peut être confronté à tout cela dans la même journée. C'est le quotidien des médecins, des infirmiers, des aides-soignants. Vouloir faire un vrai film sur l'hôpital, réaliste, humain, généreux, qui raconte la difficulté du métier avec beaucoup d'affection et de tendresse, mais en même temps avec un regard critique, c'est impossible sans évoquer tous ces sujets. Mais le film n'est pas un documentaire, c'est un vrai film de fiction, romanesque, où il arrive beaucoup de choses aux personnages principaux interprétés par Vincent Lacoste et Reda Kateb. Tous ces sujets sont là, mais souvent en filigrane, aucun n'est le sujet exclusif du film. Ce n'est pas un film à thèse, ni un film tribune. 

Quid de l'angle de la comédie ?
Dès la début, il y avait l'idée de faire un film sur l'hôpital qui serait une comédie dramatique que j'espérais émouvante, profonde et humaine. Mais en même temps, il fallait que ce soit drôle. Pas tout le temps, car ce n'est pas possible, on ne peut pas tout désamorcer avec le rire. Mais il fallait du décalage car l'hôpital est un lieu où se côtoient des choses très diverses, la mort, la maladie, la douleur, la difficulté, mais où l'on peut se retrouver dans l'heure qui suit en train de faire la fête avec les autres internes, de blaguer, de discuter, de refaire le monde. Il fallait que dans le ton même du film, j'essaye de faire ressentir aux spectateurs ce que l'on ressent quand on est médecin, ce passage assez violent entre des moments superficiels et anodins et des moments plus douloureux. D'où le mélange de comédie et de drame que j'ai essayé d'insuffler au film.

Le financement a-t-il est facile ?
Ce qui a été difficile au tout début, c'est de trouver un producteur qui croit dans l'idée de faire un film sur l'hôpital qui se démarque de ce qu'on "attend" du cinéma hospitalier et qui soit réaliste. Au départ, cela faisait peur car les gens pensaient que j'allais faire un film glauque. Ensuite, des producteurs m'ont fait confiance (31 Juin Films), le scénario a été écrit et il ouvert les portes du financement relativement facilement.

Quel est votre prochain projet ?
J'ai écrit un scénario et j'espère tourner début 2015 avec les mêmes producteurs. Ce sera l'histoire d'un médecin de campagne dans un désert médical, un peu dans la continuité d'Hippocrate en termes de ton, entre le drame et la comédie, et encore axé sur des humanités singulières et ancré dans un problème de société actuel.

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