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“Je suis encore puceau dans le monde du cinéma”

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Carlos Vermut • Réalisateur

par 

- Prix du meilleur film et du meilleur réalisateur à San Sebastian pour le second long de l'Espagnol Carlos Vermut, La niña de fuego qui avait fait sa première à Toronto.

Carlos Vermut • Réalisateur

Après la sensation produite par son premier long métrage, Diamond Flash, lancé sur Internet, le réalisateur madrilène de 34 ans Carlos Vermut passe en première division avec La niña de fuego [+lire aussi :
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(Magical Girl), qui fait partie des titres les plus surprenants du Festival de San Sebastian cette année, après sa première mondiale à Toronto.

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Cineuropa : Votre premier film, Diamond Flash, lancé sur Internet, est devenu un film culte. Ce succès vous a-t-il pris par surprise ?
Carlos Vermut : Je n'aurais jamais imaginé faire du cinéma mon métier. J'avais tourné quelques courts métrages et puis, j'ai décidé de faire un long pour le mettre sur Youtube et le projeter dans les bars de plusieurs amis. Mais le film a pris de l'ampleur grâce à l'accueil qu'on lui a fait. Comme je ne suis jamais allé à San Sebastian, je n'ai pas peur du festival : je vais y aller comme on va en vacances, sans ressentir la même pression que quelqu'un qui a l'habitude de l'industrie du film. Je suis encore puceau dans le monde du cinéma.

Toronto, où vous étiez il y a quelques jours, était donc votre premier festival ?
Non, je suis déjà allé à Austin, où l'on passe la journée à manger des nachos et à tirer à la carabine. C'est très ludique. Je pensais que tous les festivals étaient comme ça, mais ce n'est pas le cas. A Toronto, on se perd avec tous ces films. Là-bas, La Niña del fuego a cependant bien fonctionné et les critiques ont été bonnes, mais ça m'étonnerait que mon film plaise à tout le monde, parce qu'il est très radical.

Qu'est-ce que cela vous a fait, de passer d'un film à 20 000 € à un film qui a coûté un demi-million ?
Plus que le résultat final, la différence, c'est qu'on peut se concentrer sur la mise en scène au lieu de faire des sandwiches à l'équipe, mais mon expérience de production guérilla sur Diamond Flash m'a servi pour La niña de fuego. Nous avons été très pragmatiques, et c'est pour ça que le film paraît avoir coûté plus. 

Aimez-vous cette réputation qu'on vous a fait de porte-drapeau du cinéma low cost ?
Je suis pour les créateurs qui ont envie de faire des choses avec leur caméra. J'encourage tout le monde à tourner. Ce qui me paraît dangereux, c'est le risque que les producteurs usent de ce système pour baisser les salaires, voire ne pas payer les gens. Je préfère tourner avec une petite équipe et que tout le monde soit payé plutôt que d'avoir une grosse équipe non rémunérée.

Bien que vous ayez lancé votre premier film sur Internet, préférez-vous que les films soient projetés en salle ?
La relation entre le spectateur et le grand écran est très différente de celle qu'il a avec son ordinateur. Dans le second cas, il décide quand le film commence et quand il s'arrête, et il n'est pas entouré d'autres spectateurs silencieux. Il faudrait alors toujours que les films soient tellement captivants qu'on n'arrive pas à les arrêter. C'est ce qui se passe avec les séries télévisées, qui ont des scénarios excellents. Les scénarios de cinéma sont liés au spectacle visuel, parce qu'il faut profiter du grand écran, donc c'est forcément différent à la maison. On vit à l'ère de Transformers et des Marvel. Les sociétés spécialisées dans les effets spéciaux règnent sur Hollywood.

Dans La Niña del fuego, les acteurs sont exceptionnels. Ont-ils inspiré les histoires qu'ils interprètent ?
Totalement. J'ai commencé à écrire le scénario en août 2012 et Sara Bilbatúa m'a aidé à préparer le casting. Nous avons joué avec les personnages. Celui de Bárbara Lennie devait être une femme de 50 ans et celui de José Sacristán devait être plus jeune, mais nous les avons modifiés progressivement comme on manipule un Rubik's Cube : pour qu'une face rende bien, il faut travailler sur les autres.

Les problèmes d'argent sont représentés dans votre film par le personnage qui vend ses livres au poids...
L'intention n'était pas de faire un film social et je ne veux pas être moraliste, mais la réalité accompagne mes personnages. Aujourd'hui, les contenus s'achètent au poids, à la télévision par exemple. Nous établissons des tarifs standard pour voir beaucoup de choses, même si les contenus sont mauvais. Ce n'est pas la qualité qui intéresse, mais la quantité. C'est ça, la réalité aujourd'hui.

On vous a comparé à Tarantino, Kaurismäki, Haneke...
Il faut des références, elles font partie de l'éducation, mais je trouve angoissant le fait que plus on fait du cinéma, plus on s'éloigne de la réalité, alors qu'elle est tellement intéressante qu'on ne peut pas vivre uniquement dans un monde de cinéma. Je ne veux pas perdre le contact avec la réalité et avec le monde qui m'entoure. Il faut se battre pour empêcher cela. Tarantino a perdu le contact avec la réalité, mais ce n'est pas le cas d'Almodovar, qui parlait, dernièrement, de ses vidéos préférées sur Youtube, et auquel il est fait référence à un moment, dans mon film.

(Traduit de l'espagnol)

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