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“Je ne crée pas de divertissements juste pour créer du divertissement”

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Geoffrey Enthoven • Réalisateur

par 

- À l’occasion de l’avant-première internationale de Halfway à Varsovie, Cineuropa a rencontré le réalisateur du film, Geoffrey Enthoven

Geoffrey Enthoven  • Réalisateur
© Sipa

Le cinéaste belge Geoffrey Enthoven, qui a réalisé Hasta la vista [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Geoffrey Enthoven
fiche film
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, vient de donner l’avant-première internationale de son dernier film, Halfweg [+lire aussi :
critique
interview : Geoffrey Enthoven
fiche film
]
, au Festival du film de Varsovie, qui se tenait du 10 au 19 octobre. Le réalisateur reste fidèle à son humour le plus noir : après un divorce difficile et la perte d’un travail bien rémunéré, Stef s’achète une maison, une grande demeure de style art nouveau, pour se calmer et commencer une nouvelle vie. Alors qu’il finit de déménager, un homme mystérieux sort de sa douche et exige qu’il quitte les lieux : une lutte acharnée commence alors entre les deux hommes. En comparaison avec le dernier film d’Enthoven, le terrain de jeu de Halfweg se limite aux clôtures de la Maison Horta. Le réalisateur mêle les thèmes de la névrose de solitude (cabin fever) et de la crise de la quarantaine, avec une touche de cynisme et de sentimentalité. Cineuropa a rencontré le vainqueur du Master of Cinema Award de cette année du Festival du film Mannheim-Heidelberg (en anglais uniquement) juste après l’avant-première internationale.

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Cineuropa : Pourquoi avoir choisi la comédie pour aborder des sujets tabous ?
Geoffrey Enthoven : Ma fascinationa commencé avec des sujets difficiles. Lorsque j’ai commencé ma carrière dans le cinéma, j’étais fasciné par Ken LoachMike Leigh
Lars von TrierDavid Lynch et Ingmar Bergman parce que leurs scénarios sont complexes. Mais je vois tellement de films très sérieux, et la vie est difficile. D’emblée, je n’étais pas un fan des comédies mais l’humour est devenu un moyen pour moi d’atteindre des audiences différentes et plus importantes. Prenons Hasta la vista, par exemple. Vous pouvez réaliser un film fort qui serait vraiment sincère sur ce sujet. Personne ne voudrait le regarder parce que le spectateur se sentirait coupable. Mes films ont également évolué : je suis passé des drames sociaux aux tragi-comédies. Ce genre me permet de traiter de sujets qui me fascinent. Mais je ne crée pas de divertissements juste pour créer du divertissement.

Halfweg s’écarte beaucoup de votre précédent film, Hasta la vista, qui avait été chaleureusement accueilli par le public. Pourquoi cela ?
Halfweg était très important pour moi. À mon avis, il a été encore mieux réalisé que Hasta la vista, bien que le sujet puisse paraître un peu moins attirant, et je trouve cela bien dommage. Je ne comprends pas pourquoi il rencontre moins de succès, peut-être parce que le sujet n’est pas aussi fort et qu’il contient moins de sexe, quoique je pense qu’il y a suffisamment de scènes de sexe. Je suis très fier du film. Nous avons donné une avant-première ici au Festival International du Film de Varsovie et, pour moi, c’est déjà une réussite.

Comment Halfweg a-t-il vu le jour ?
Le film qui suivait Hasta la vista devait être Winnipeg [titre provisoire]. Nous venons juste d’en terminer le tournage. Mais étant donné que c’était un film à gros budget, cela a naturellement pris plus de temps. Nous avions une partie du film à tourner au Canada et l’autre en France, et travailler entre ces deux pays a fait gonfler le budget de façon incroyablement absurde. Mais entre-temps, je voulais toujours tourner, puisque le producteur, Mariano Vanhoof [de chez Fobic Films], le scénariste, Pierre De Clercq, et moi avions encore beaucoup d’idées. L’idée de Halfweg a donc germé dans l’esprit du producteur, il avait toujours voulu faire un film sur des voisins en conflit. Il a proposé une histoire sur une personne qui achète une maison hantée par un fantôme parce qu’il a eu une expérience similaire dans sa vie. J’étais fasciné par l’idée de deux personnes qui ne souhaitent pas être ensemble. Ils ne peuvent pas se débarrasser l’un de l’autre et ils apprennent à se connaître tellement bien. Ils deviennent si intimes qu’ils peuvent utiliser ce qu’ils savent l’un sur l’autre pour se détruire ou s’entraider, et c’est ce qui m’a vraiment séduit. J’étais également attiré par l’importance de dire au revoir au cours de sa vie et par ce que l’on laisse derrière soi le jour de notre mort. Je suis heureux que Pierre ait transformé le synopsis en ce magnifique scénario. Comme il s’agissait d’un film à petit budget, j’ai décidé de me lancer le défi de raconter l’histoire dans un seul lieu parce que cela encourage à faire vraiment preuve de créativité, comme l’a fait le mouvement du Dogme 95. J’avais déjà réalisé un film [Happy Together] qui se déroulait entièrement dans une maison, Pierre en avait également fait un [The Long Weekend]. Nous avions donc déjà de l’expérience en la matière. Le défi était donc de raconter l’histoire de manière captivante dans un lieu unique.

Aviez-vous des exigences particulières lors du casting ?
En écrivant le script, j’avais en tête le nom d’un acteur pour le rôle de Stef. Peu de temps après, j’ai également songé à un acteur pour le rôle de Théo. Je voulais travailler avec Jurgen Delnaet et Koen De Graeve parce que leur jeu d’acteur s’opposent. Jurgen, qui incarne Théo, est un acteur classique, très préparé avec des méthodes plus typiques de la vieille école que celles de Koen, qui est un acteur moderne, qui prend les choses comme elles viennent et improvise plus souvent. Il est plus « rock’n’roll ». J’ai donc pensé qu’il pourrait être très intéressant d’associer ces deux acteurs puisqu’ils dégagent une énergie complètement différente. J’ai beaucoup de respect pour leur carrière d’acteur et j’avais toujours espéré pouvoir travailler avec eux sur un projet. 

Est-ce que Winnipeg sera également une tragicomédie ?
Oui. Le film raconte l’histoire d’un homme qui est le propriétaire d’un hôtel et d’un restaurant qui ont fait faillite. Il continue à vivre dans l’hôtel, rongé par la frustration et l’amertume. Un jour, il reçoit un message d’une veuve irlandaise fortunée qui lui demande une seconde chance, 20 ans après leur aventure amoureuse. Cependant, les intentions de la veuve sont des plus sinistres. Ce film tourne autour de quatre personnages principaux aux desseins inavoués. La première du film aura lieu en novembre 2015, la distribution est d’ores et déjà garantie en Belgique.

Vous allez donc travailler sur HalfwegWinnipeg, et ensuite… des vacances ?
Et bien, nous en sommes à l’étape de post-production pour Winnipeg, et pourtant je suis en train de développer, d’écrire et de coécrire trois nouveaux projets.

(Traduit de l'anglais)

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