On the Other Side (2016)
Belle Dormant (2016)
Miséricorde (2016)
La Communauté (2016)
Grave (2016)
The Young Lady (2016)
L’Economie du couple (2016)
précédent
suivant
Choisissez votre langue en | es | fr | it

“Il n’y a rien de plus amusant que de faire un film”

email print share on facebook share on twitter share on google+

Luis Marías • Réalisateur

par 

- Le thriller Fuego, qui évoque la violence que cause le terrorisme, est le 2ème film de Luis Marías et le seul film espagnol en compétition à Gijon

Luis Marías  • Réalisateur

Fuego [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Luis Marías
fiche film
]
, le deuxième film de Luis Marías, un thriller dramatique sur la violence causée par le terrorisme, est le seul film espagnol en compétition officielle au 52ème Festival international du film de Gijon. Cineuropa a rencontré le réalisateur basque.

Cineuropa : Vous avez déjà une belle carrière en tant que scénariste. C'est un atout pour un réalisateur…
Luis Marías : Le plan de carrière logique d’un scénariste est de finir réalisateur : le premier imagine l’intrigue et les personnages, et le réalisateur traduit le tout en images, mais qui peut mieux faire cela que le scénariste lui-même? Après, il faut avoir envie d'être réalisateur, mais pour ma part, je ne connais rien de plus amusant que de faire un film, et comme ça au moins, le scénariste s’entend à merveille avec le réalisateur (rires). J’écris des scénarios depuis des années, et c’est vraiment un plaisir quand on rencontre un réalisateur qui améliore ce qu’on a écrit. Cela arrive, parfois, mais honnêtement, en général c'est le contraire qui se produit. 

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)EFM 2017 468x60

Quand vous est venu le besoin de raconter une histoire aussi forte que Fuego?
Je suis né en 1962, la même année que l’ETA, donc ce sujet a toujours fait partie de ma vie. Il était inévitable que j'y pense et que je veuille en parler : il y eu tellement de violence et de cruauté… Fuego n’est pas sur l’ETA, mais plutôt sur la violence et ses conséquences : le film se passe au Pays basque parce que je le connais bien et suis en mesure d'en proposer un tableau précis, mais il pourrait très bien se passer dans les Balkans ou en Israël. Il y a beaucoup de rancune dans la société basque. Les gens qui ont souffert et se sont sentis attaqués ne peuvent jamais vraiment guérir et oublier. 

A-t-il été difficile d’obtenir du soutien pour monter un projet sur ce sujet ?
En ce moment, il est difficile de faire un film tout court, mais en l'espèce, je n'ai pas eu trop de mal. En tant que producteur (j’ai dû le devenir afin de faire le film), je me suis rendu compte que quand un scénario est solide, les choses sont plus faciles qu'il n'y paraît. Fuego n’était pas un film cher (nous n'avons pas reçu beaucoup des institutions et des chaînes de télévision), mais le Pays basque a sa propre fiscalité, or celle-ci offre des réductions d’impôts aux investisseurs privés. C’est intéressant pour les investisseurs et pour les producteurs. On retrouve cela aux Îles Canaries, aux États-Unis, en Italie, en Allemagne et en Grande-Bretagne : c’est un bon moyen de financer les productions et d'en attirer sur notre sol – ce qui crée aussi beaucoup d’emplois directs et indirects, tout en mettant en avant, à l'écran, notre culture et notre patrimoine. 

Quelles chaînes de télévision ont participé ?
La télévision basque et la télévision catalane. On essaie en ce moment de vendre le film à TVE et à Canal+. Son budget correspond au budget moyen d’un film espagnol : 1,3 million d'euros. C’est un peu serré, mais il fallait faire avec : le tournage a duré cinq semaines et le film lui-même étant est modeste, il pouvait être réduit au minimum et reposer sur les acteurs. Son financement s'est passé sans heurts et le voilà qui arrive dans les cinémas espagnols vendredi 28 novembre, sans dettes. J'ai peut-être eu la chance du débutant du producteur. J’ai été aidé par Gerardo Herrero (Tornasol) qui a beaucoup d’expérience dans la production. Je ne veux pas devenir producteur, je l’ai fait pas pure nécessité. 

Plus qu’un thriller, Fuego est un film de personnages.
Oui. C'est un film sur les sentiments. Au début, c'est un thriller, mais ensuite, c'est un film qui fait pleurer. C'est de cela que je me souciais le plus : quand j'ai vu pour la première fois combien il faisait pleurer le spectateur, je me suis dit que j'avais réussi à faire ce que je voulais. Et si, en plus, le film arrive à faire réfléchir, c’est encore mieux.

(Traduit de l'espagnol)

Lire aussi

Newsletter

courgette oscar shortlist

Follow us on

facebook twitter rss

suspi_2016_web300x250