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“Nous voulons repousser les limites de l'accessibilité du cinéma”

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James Spinney, Peter Middleton • Réalisateurs

par 

- Tandis que l'industrie cherche de nouvelles manières de faire monter l'audience, les réalisateurs britanniques James Spinney et Peter Middleton montrent qu'ils ont peut-être négligé une voie

James Spinney, Peter Middleton • Réalisateurs
(© Roberta Matis)

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compte sans doute parmi les titres britanniques les plus intéressants de cette année. D'abord, c'est un hommage incroyablement sincère à John Hull, qui a révolutionné l'accès des aveugles à la culture en démultipliant l'offre en matière de livres audio, un hommage d'autant plus saisissant que le film se risque à communiquer l'expérience sur le mode de la cécité partielle (notamment au moyen d'un film complémentaire en réalité virtuelle). Ensuite, et surtout, ce film dégage une voie possible pour créer des films accessibles à plus de gens par des biais tout à fait excitants. 

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Cineuropa : Vous avez manifestement consacré beaucoup d'efforts au projet de faire un film le plus accessible possible.
James Spinney : Absolument. Faire de ce film une expérience plaisante pour les spectateurs aveugles était une de nos plus grandes ambitions. Les statistiques sur l'accès au cinéma des aveugles ou des mal-voyants font peine, alors que c'est un tel plaisir pour eux de pouvoir y accéder. Le problème, pour moi, c'est que rendre un film accessible à ce public ne fait pas partie des éléments pris en compte pendant sa création.

En ce moment, nous travaillons notamment sur ce qui peut être fait pour aller plus loin que ce que les standards en matière de description audio permettent présentement. Nous aimerions créer plusieurs bandes sonores, que le bande réservée à la description audio à proprement parler ne soit qu'une des options possibles. 

Quelles seraient les autres options ?
JS :
Une alternative possible à la manière classique serait de proposer des introductions audio qui fourniraient au spectateur les informations essentielles et rendraient ainsi superflue toute intervention d'un narrateur extérieur. Beaucoup sont d'avis que cette méthode affecterait moins l'atmosphère créée par le film.

Une autre idée que nous voudrions explorer consisterait à amplifier les sons ambiants pour qu'ils apportent davantage à l'histoire. Des recherches à ce sujet sont conduites à l'Université Anglia Ruskin. Nous aimerions bien savoir si vraiment, c'est une possibilité. En gros, cela signifierait qu'au lieu de faire dire à un narrateur que John se lève et va vers la porte, on suggèrerait au moyen de bruitages qu'il se lève, marche vers la porte et l'ouvre, faisant entendre la pluie, au dehors.

L'idée serait de s'assurer que cette histoire est compréhensible uniquement à travers le son. Ce serait même encore plus pertinent, parce que dans certaines scènes, comme cette scène de pluie dans notre film, c'est vraiment le son le plus important, et la perception plus aiguë qu'a John du bruit de la pluie. Dans ce genre de cas, l'utilisation d'une voix extérieure serait presque une erreur.

Peter Middleton : Une autre solution serait d'inclure plus de narration par John. Cela pourrait enrichir l'expérience pour les non-voyants. Donc oui, nous voulons repousser les limites de l'accessibilité du cinéma et rendre l'expérience aussi satisfaisante que possible pour tous les types des mal-voyants – car la cécité n'est pas un phénomène binaire : il y a toutes sortes de troubles affectant la vue auxquels on peut tenter de répondre. C'est pour cela que nous espérons arriver à créer un éventail de pistes audio différentes à temps pour la sortie du film au Royaume-Uni, en juin.

Est-ce que cela va coûter cher ?
JS :
Pas nécessairement. En gros, il s'agit juste de travailler sur le mixage de façon à créer des mixages alternatifs. Je pense qu'une des grandes raisons qui font que la description audio telle qu'elle se présente actuellement est problématique est le fait qu'on ne la fait qu'en dernier, à la va-vite. Ce n'est pas un travail qui se fait en collaboration avec les auteurs du film. Et comme on le laisse pour la fin de la post-production, le budget est généralement épuisé voire dépassé à ce stade. Nous avons donc voulu tenir compte de tout cela dès le départ. C'est aussi pour cela qu'il y a des financements d'aide à la diversité et à l'accessibilité des loisirs. Dans la mesure où ces subventions existent, je ne vois pas pourquoi on ne réaliserait pas des descriptions audio créatives. 

C'est une frontière du cinéma que vous avez apparemment très envie d'abolir.
PM : Absolument ! Nous avons vraiment envie d'imaginer de nouvelles approches pour rendre le cinéma plus accessible. Il s'agit d'établir des modèles et de prouver qu'ils marchent et que cela ne coûte pas cher à partir du moment où on intègre l'idée de rendre le film accessible à l'étape du mixage. Nous espérons que notre film pourra servir de modèle.

Nous allons aussi explorer tous les modes de diffusion disponibles. Nous aimerions créer une application permettant de choisir une bande sonore et de la caler sur le film. Nous sommes convaincus que le film offrira une expérience plus originale au niveau de la description audio, mais il y a sans doute encore beaucoup d'améliorations possibles auxquelles nous n'avons pas encore pensé. 

Le principal reste de prouver que ce système peut marcher et de fournir un modèle que d'autres pourront reprendre et faire progresser. Nous espérons que notre film va constituer un leg créatif, qui pourra aussi être employé à la télévision et en VàD. 

(Traduit de l'anglais)

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