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"Tout le monde est le bienvenu à partir du moment où il fait tourner notre économie"

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Stéphanie Hugé • Responsable de la coproduction, Wallimage

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- À l'occasion de Frontières@Brussels, Cineuropa a rencontré Stéphanie Hugé, responsable de la coproduction chez Wallimage, qui célèbre son 15e anniversaire

Stéphanie Hugé • Responsable de la coproduction, Wallimage

Wallimage, le fonds wallon qui soutient les productions audiovisuelles et les sociétés travaillant dans le secteur, fête son 15e anniversaire. Pendant le Marché international de la coproduction Frontières, qui s’est tenu à Bruxelles, nous avons rencontré Stéphanie Hugé, responsable de la coproduction chez Wallimage, pour discuter des méthodes pour soutenir les films et faire un état des lieux de la coproduction.

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Cineuropa : Que cherche Wallimage dans un projet pour décider de le financer ?
Stéphanie Hugé : Nous cherchons avant tout de bons projets. Qu’est-ce qu’un bon projet, me direz vous ? Pour Wallimage, c’est simple : nous cherchons les projets qui entraîneront le plus possible de dépenses dans le secteur  audiovisuel  wallon. Le but, à la création du fonds, était de structurer notre industrie audiovisuelle, mais avant de la structurer, nous avons dû générer un marché sur lequel la bâtir. Notre mission permanente est donc d’attirer des projets qui font vivre notre industrie et nos talents.

Dernièrement, vous avez financé beaucoup de récits de genre (films d’horreur, thrillers, comédies...). Les films de genre sont-il plus facile à produire aujourd’hui ?
Je ne crois pas qu’il y ait des films plus faciles à produire que d’autres. Avant, un film pouvait se monter sur un nom – celui d’un acteur “bankable”, d’une des personnalités qui passaient le plus facilement dans le JT de 20h. Ce n’est plus totalement vrai aujourd’hui. Il y a toujours des exceptions, évidemment, mais en tant que fonds de financement, c’est la structure de la dépense qui nous importe : combien le producteur compte investir dans notre région, où il va le faire et quels emplois cela va créer. Nous lisons tous les scénarios que nous recevons avec un oeil économique : on se demande aussi si telle histoire avec tel acteur va inciter les gens à payer pour le voir, que ce soit en salle ou à la télévision. Certains films “de genre” sont  sans doute plus compliqués à financer auprès des fonds culturels, mais ce n’est pas le cas chez Wallimage. Tout le monde est le bienvenu, à partir du moment où il fait tourner notre économie. 

Coproduire est devenu une nécessité dans l’industrie du cinéma. Comment le fonds Wallimage aide-t-il les projets belges et étrangers ?
Il faut savoir que la Belgique est une terre de coproduction. Nous avons ça dans le sang depuis toujours, car nous sommes trop petits pour nous autoproduire (à quelques exceptions près). Quand le budget dépasse le million d’euros, nous sommes pratiquement obligés de nous tourner vers la coproduction. On ne peut pas tordre le cou à la réalité et à nos habitudes en matière de coproduction. En revanche, nos partenaires coproducteurs commencent à changer, ou plutôt ils commencent à se diversifier. Jusque là, nous nous retrouvions souvent “mariés” avec notre grand voisin français - question de culture, de langue, et aussi d’habitude. Cependant, depuis le renforcement du crédit d’impôt, certains projets n’arrivent plus jusque chez nous, ce qui oblige les producteurs belges à se tourner (avec succès) vers les autres pays coproducteurs, comme l’Angleterre, les pays nordiques, le Canada... De fait, Wallimage a mis un coup d’accélérateur sur les coproductions avec le Canada (francophone et anglophone) grâce à l’ouverture du Tax Shelter aux coproductions canadiennes et à leur  entrée à Eurimages. Nous sommes à la conquête du continent américain. 

Comment les projets peuvent-ils accéder à vos financements ?
C’est très simple également : le producteur étranger doit avant toute chose se trouver un bon partenaire en Belgique (et il y en a beaucoup !) et c’est ce dernier qui se charge de tout de manière à déposer un dossier pour une des nos cinq sessions annuelles d’attribution de fonds. Il est important de savoir que Wallimage repose sur deux choses. Il y a d’abord les dépenses et la manière dont elles vont être structurées : pour déposer un dossier, le producteur doit attester qu’il dépensera au minimum 300 000 euros dans le secteur de l’audiovisuel wallon. Comme nous sommes un fonds sélectif, nous avons le luxe de pouvoir choisir et recommandons donc au CA de Wallimage d’investir dans des projets qui dépensent un maximum d’argent dans notre region et présentent un ratio demande/dépenses d’au moins 400%. Le second critère de sélection sont les recettes espérées. Nous analysons le plan de financement des films dans l’optique de pouvoir participer aux recettes... s‘il y en a. Nous analysons la hauteur des MG et des préventes par rapport au projet que nous avons lu. En effet, un MG d’1 million d’euros peut sembler énorme pour certains films, mais pour d’autres, c’est très raisonnable. 

Wallimage fête son 15e anniversaire. Qu’est-ce qui a changé en quinze ans, en matière de production et de financement ?
À 15 ans, nous entrons enfin dans l’adolescence ! Beaucoup de choses ont évolué ces dernières années : l’arrivée du Tax Shelter a permis d’exporter notre cinéma plus facilement, de mieux le financer, mais aussi d’accueillir toute une série de projets qui ne seraient peut être pas venus chez nous autrement. Entre Wallimage, le Tax Shelter, et dans certains cas de la Fédération Wallonie Bruxelles, le VAF ou Screen Flanders, la Belgique est un partenaire de coproduction qui compte dans le paysage audiovisuel mondial.

(Traduit de l'anglais)

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