Rester vertical (2016)
6.9 on the Richter Scale (2016)
Callback (2016)
Sámi Blood (2016)
Grave (2016)
Belle Dormant (2016)
The Young Lady (2016)
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"Des films qui viennent d'où on ne les attend pas"

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Charles Tesson • Délégué général de la Semaine de la Critique

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- Charles Tesson, délégué général de la Semaine de la Critique cannoise, commente sa sélection 2016

Charles Tesson  • Délégué général de la Semaine de la Critique
(© Aurélie Lamachère / Semaine de la Critique)

Charles Tesson, délégué général de la Semaine de la Critique (55e édition du 12 au 20 mai dans le cadre du 69e Festival de Cannes), décrypte sa sélection 2016 (lire l'article).

Cineuropa: Comment définiriez-vous votre sélection 2016 ?
Charles Tesson : Chaque film apporte une couleur et un rythme différents, mais la sélection se caractérise par des engagements dans des gestes de cinéma plus affirmés en termes de choix de mise en scène et dans la manière de traiter les sujets. Il y a des films portés par des souffles esthétiques très forts comme Mimosas [+lire aussi :
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interview : Oliver Laxe
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d'Oliver Laxe sur une expédition au Maroc qui est une aventure humaine et une sorte d'épopée cosmique. D'autres films sont aussi des voyages, mais à la mémoire d'une nation, dans son histoire ou à travers le présent comme Diamond Island [+lire aussi :
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de Davy Chou qui est un exemple de ce que c'est qu'avoir 18 ans dans le Cambodge aujourd'hui après Pol Pot et la mondialisation du pays. On peut aussi évoquer Albüm [+lire aussi :
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interview : Mehmet Can Mertoglu
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du Turc Mehmet Can Mertoglu qui porte un regard intérieur sur la classe moyenne turque avec beaucoup d'ironie. Je suis d'ailleurs frappé par la maturité des jeunes cinéastes qui ne se contentent pas de se servir du cinéma pour être le miroir de leur génération, mais qui se posent de vraies problématiques d'adultes par rapport au monde d'aujourd'hui, aux chamboulements socio-économiques. 

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Quid la géographie mondiale de votre sélection, notamment l'absence de films nord et sud-américains et vos choix européens ?
C'est un choix radical car l'an dernier nous avions deux films latinos, La Terre et l'ombre [+lire aussi :
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et Paulina [+lire aussi :
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qui avaient respectivement remporté la Caméra d'Or et le Grand Prix de la Semaine. Avec It Follows pour les Etats-Unis l'année précédente, cela a mis la barre très haute en termes de références. Et puis, dans le rôle de découverte de la Semaine, je suis sensible aux films qui viennent d'où on ne les attend pas, qui surgissent et qui apportent quelque chose de nouveau comme Tramontane [+lire aussi :
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pour le Liban ou L’Oiseau d’or [+lire aussi :
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pour Singapour. En ce qui concerne l'Europe, l'Italie est représentée par I tempi felici verranno presto [+lire aussi :
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d'Alessandro Comodin, un film très beau et très poétique, une sorte d'ode sensorielle à la nature. Plusieurs films italiens nous ont d'ailleurs intéressés, tout comme plusieurs très bons scandinaves, en particulier du Danemark, que nous avions short listés. L'Angleterre a également proposé des films intéressants et notre short list incluait aussi un film russe, un bulgare et un roumain. En revanche, le jeune cinéma espagnol n'a pas vraiment retenu notre attention, hormis Oliver Laxe qui est un peu un cas à part. Enfin, c'est la première fois que nous avons un film turc à la Semaine depuis 2005. 

Hors compétition, vous avez sélectionné deux comédies françaises.
Nous ne cherchions pas spécifiquement des comédies et ce sont des film drôles, mais pas seulement. Victoria [+lire aussi :
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interview : Justine Triet
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prolonge le thème de La Bataille de Solférino [+lire aussi :
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avec le portrait d'une jeune mère élevant seule ses enfants et accaparée par son travail. Dans un cadre de production  plus confortable, Justine Triet n'a rien perdu au passage : elle a approfondi, amélioré et c'est une très belle réussite. Quant à Apnée [+lire aussi :
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, c'est une troupe de branquignols anarchistes qui sème la pagaille, un film qui ne cherche pas à être parfait, mais qui est très drôle, qui parle du mariage pour tous, des banques, du travail, de la difficulté de trouver des logements. J'aime bien ce ton un peu intempestif qui vient s'inviter dans la réalité d'aujourd'hui.

Cette année, sept premiers longs ont été sélectionnés à Un Certain Regard. Est-ce une concurrence difficile ?
Nous avons eu tous les films que nous voulions. Au contraire, nous avons obtenu des films qui étaient convoités par les autres sections, ce qui signifie que notre travail est non seulement apprécié, mais reconnu par ceux qui ont la possibilité de choisir. Mais globalement, le plus important, pour les films que l'on aime, c'est qu'ils soient à Cannes et nous sommes d'accord là-dessus avec la Quinzaine d'Edouard Waintrop. Chacun a ses raisons et cela fonctionne très bien. Chaque sélectionneur se pose des questions par rapport au positionnement de sa propre sélection. Au Certain Regard l'an dernier, il y avait Weerasethakul, Kawase, Kurosawa, des noms très connus, et cette année, Thierry Frémaux a peut-être voulu rééquilibrer et envoyer un message en termes de premiers films et de découvertes. C'est très bien car il y a plus de films que Cannes ne peut en prendre et on fera aussi des heureux après nous à Locarno, Venise et San Sebastián. C'est parfait car cela veut dire que le cinéma est en bonne santé.

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