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"Mon inspiration, c'est Shakespeare"

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Paolo Zucca • Réalisateur

par 

- Le cinéaste italien Paolo Zucca nous parle de son projet L'homme qui acheta la lune, à l'occasion des Cinemed Meetings, à Montpellier

Paolo Zucca  • Réalisateur

Révélé aux Venice Days 2013 avec son premier long métrage, L'arbitro [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Paolo Zucca
festival scope
fiche film
]
, le réalisateur italien Paolo Zucca prépare son second opus, L'homme qui acheta la lune (L'uomo che comprò la Luna) et poursuit sa collaboration avec le chevronné producteur Amedeo Pagani (qui compte entre autres à son actif des films signés Wong Kar-wai, Theo Angelopoulos, Hou Hsiao Hsien, Marco Bechis, Liv Ullmann ou encore Daniel Burman). Rencontre à Montpellier à l'occasion des Cinemed Meetings du 38ème Festival du Cinéma Méditerranéen.

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Cineuropa : Quelle histoire allez-vous raconter dans L'homme qui acheta la lune ?
Paolo Zucca
 : Dans les grandes lignes, c'est une comédie dans laquelle un agent secret doit éclaircir ce mystère : quelqu'un a acheté la lune en Sardaigne. Pour cela, il doit faire un voyage dans la culture sarde, un voyage comique qui sera aussi un voyage à la redécouverte de lui-même puisqu'il s'agit d'un Sarde renégat. Et l'on découvrira que la lune a été offerte à une femme à cause d'une promesse romantique. Cette histoire dont j'ai écrit le scénario avec Barbara Alberti et Geppi Cucciari, se déroule à une époque un peu indéfinissable, même si l'on verra dans le film des fax et des téléphones fixes. L'arbitro était déjà comme ça, pas vraiment ancré dans une temporalité précisément identifiable. Mais cette fois, ce ne sera pas un film en noir et blanc, car cela a généré quelques complications pour L'arbitro, pas pour les festivals qui m'ont apporté beaucoup de satisfactions, mais pour la distribution.

A quel stade d'avancement en est le projet ?
Nous avons réuni à peu près les deux tiers du financement. Nous attendons surtout une réponse définitive et quantitative de la Rai. Ils nous ont fait un contrat de développement, mais maintenant nous devons savoir combien ils vont investir exactement et nous devrions être fixés d'ici la fin de l'année. Le film est produit par Amedeo Pagani (La Luna) avec qui j'ai déjà travaillé pour L'arbitro et qui est un producteur formidablement créatif. Indigo Film est en coproduction et Lucky Red en distribution pour l'Italie. Nous avons aussi le soutien de la région Sardaigne et du ministère italien de la Culture, et également un coproducteur français: Paradis Films. Le tournage qui durera sept semaines devrait démarrer en avril prochain et il se déroulera entièrement en Sardaigne, mais nous voulons faire les effets spéciaux en France car ils seront assez complexes, notamment avec un raz-de-marée. Le budget du film est de 2 M€, dont 200 000 pour les effets spéciaux. C'est un bon budget pour l'Italie, mais je pense qu'en France, le même film coûterait au moins le double. Je suis déjà en train de faire des essais avec les acteurs, j'ai tout le story-board et quasiment tous les sites de tournage. Le personnage principal du film sera interprété par Jacopo Cullin qui jouait déjà dans L'arbitro, mais il y aura aussi au casting entre autres Francesco Pannofino et Giuseppe Battiston.

Ce type de comédie singulière est-elle facile à produire en Italie, où il semble y avoir une forte bipolarisation avec de très grosses comédies commerciales d'un côté et un cinéma d'auteur très clairement identifié de l'autre ?
C'est vrai. Et ce que je veux, comme je l'ai déjà fait avec L'arbitro, c'est faire d'une certaine manière de la comédie d'auteur, ce qui n'existe pas vraiment. Soit il y a les films "coup de poing" qui peuvent par ailleurs très bons, mais où tous les personnages ont des problèmes (rires), soit ce sont les franches comédies. Mon ambition est de réunir les deux. Comme chacun le sait, nous avons eu les grandes comédies italiennes des années 60 avec Risi, Monicelli, etc., que revisite un peu actuellement par exemple avec talent Paolo Virzi. Mais ce sont des comédies qui ont un arrière-goût amer, parfois même des tragicomédies car en ressort la vie réelle, la dureté de la vie. Moi, je ne travaille pas du tout dans cette veine, car je fais des choses qui font rire mais qui à un certain moment ne font plus rire du tout, puis on revient vers le rire. C'est un jeu entre la comédie et la tragédie, une forme de comédie avec des surprises qui surgissent de temps en temps, un mort, un truc moche, quelque chose d'un peu choquant... C'est un choix délibéré de ma part et il n'est pas forcément apprécié par tout le monde. Sans vouloir évidemment faire de comparaison et sans préjuger du résultat, mon inspiration, c'est Shakespeare.

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