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"Les réfugiés sont les victimes d’un système corrompu et particulièrement destructeur"

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Yannis Sakaridis • Réalisateur

par 

- D’abord présenté à l’Agora, Amerika Square, le drame sur les réfugiés de Yannis Sakaridis, revient à Thessalonique et vise l’or à la Compétition Internationale

Yannis Sakaridis  • Réalisateur

Amerika Square [+lire aussi :
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, un drame sur les réfugiés qui a déjà fait l’objet de plusieurs autres projections (il a été présenté en avant-première mondiale à Busan avant d’être projeté à Chicago), est réalisé par Yannis Sakaridis, qui a déjà participé au Festival international du film de Thessalonique. Le film a d’abord été présenté ici, au Crossroads Co-production Forum de l’Agora, en tant que projet à la recherche de financement. Bien que temporairement mis en attente, le réalisateur est revenu au festival en tant que candidat à l’Alexandre d’or pour Wild Duck [+lire aussi :
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, son premier long-métrage. Plus de dix ans après s’être rendu à Thessalonique pour la première fois, Sakaridis revient finalement avec Amerika Square, toujours pour l’or à la Compétition Internationale.

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Cineuropa : Vous avez présenté Amerika Square pour la première fois ici, à Thessalonique, il y a un peu moins de dix ans, mais vous avez dû le mettre de côté et passer à Wild Duck. Lorsque vous vous êtes remis à travailler sur Amerika Square, quelques années plus tard, avez-vous pensé que votre film prévoyait la montée en flèche de la crise des réfugiés, ou des mises à jour ont-elles été nécessaires ?
Yannis Sakaridis : Étant donné que nous nous trouvons au cœur de la plus grande crise de réfugiés et de déplacement de populations, nous avons en effet eu besoin de mettre à jour certains éléments de l’histoire. En 2008, la majorité des réfugiés vivant à proximité de la place d’Athènes en question étaient principalement africains. Quand nous avons repris notre travail de recherche, en 2014, l’Aube dorée, le parti d’extrême droite s’en était déjà allé, mais avait laissé sa marque sur la place. Nous avons discuté avec de nombreux Syriens, qui nous ont apporté un point de vue différent sur ce qui se passe, par rapport à ce que nous avions à l’esprit il y a quelques années : la place s’est transformée en ‘’Casablanca’’ moderne, où des milliers de personnes sont à la recherche de passeurs pour obtenir de faux passeports ou une place à bord d’un camion ou d’un bateau – ou de tout ce qui pourrait les emmener en Europe de l’Est.

Quand vous avez repris le film, vous avez incorporé le roman Victoria Doesn’t Exist de Yannis Tsirbas à votre scénario pour enrichir l’intrigue en y ajoutant le mouvement social d’extrême droite apparu récemment. Avez-vous également fait des recherches sur le combat des réfugiés qui tentent de traverser la frontière grecque ?
Le roman de Yannis Tsirbas est très exact : il parle d’un raciste ordinaire, Nakos, qui veut retrouver son voisinage d’enfance, celui des années 1980 : un voisinage prospère où il n’y avait que des Grecs blancs de la classe moyenne. Il a aujourd’hui la trentaine, est sans emploi et vit encore chez ses parents. Comme le font généralement les racistes, il tient les réfugiés pour responsables de sa situation précaire et met au point un mauvais plan pour mettre un terme à ce ‘’problème’’. D’un autre côté, le personnage de Tarek, inspiré d’un individu réel, est à l’image de nombreux réfugiés syriens qui tentent de fuir la guerre en traversant la Méditerranée. Il se rend à Amerika Square, car il est à la recherche d’un passeur, ces gens qui profitent du malheur des réfugiés dont la souffrance les laisse indifférent, ils en sont même parfois responsables. Cependant, ces passeurs sont la seule porte délibérément laissée ouverte par un système corrompu et particulièrement redoutable quand il s’agit de détruire et de bombarder, mais tout à fait incapable de porter secours et de reconstruire.

Le point de vue politique de votre film repose principalement sur l’équilibre fragile entre la sympathie, la désillusion et la menace silencieuse que représente le personnage de Nakos, un homme peu brillant, anti-réfugiés et aspirant au meurtre de masse. Pourquoi avez-vous pensé à Makis Papadimitriou, un acteur très soigné et jovial pour un rôle aussi sombre ?
Makis Papadimitriou est un génie dont j’ai toujours admiré le travail. Il a lu le roman, et quand nous nous sommes rencontrés, il a analysé l’histoire et ses thèmes encore mieux que moi. Il a tout de suite compris. Cependant, le personnage est très drôle : c’est un individu très sensible et jovial ; tout n’est pas mauvais chez lui. C’est un raciste ordinaire, dont les tendances racistes sont en réalité cachées. Il n’oserait pas battre quelqu’un ou faire partie d’un commando néo-nazi, par exemple. En outre, il apprécie particulièrement le caractère révolutionnaire et ‘’rock’n’roll’’ de Billy (Yiannis Stankoglou), le tatoueur avec lequel a grandi Nakos, ils vivaient dans le même immeuble. C’est probablement le genre de gars qui voterait pour Trump, sans jamais l’admettre.

Le succès phénoménal du film sur le circuit de festivals internationaux sera-t-il un poids sur vos épaules lorsque vous vous attellerez à votre prochain projet, ou attendez-vous le verdict du public grec lorsque le film sortira dans les salles nationales ?
J’adorerais que mes films fonctionnent à la fois sur le circuit de festivals et auprès des amateurs de cinéma en Grèce. L’objectif du film est de dresser le portrait de personnages crédibles dans un cadre familier, sans perdre de vue la situation sociale dans son ensemble.

Avez-vous des idées pour votre prochain projet ?
J’aimerais travailler en Asie – en Inde ou en Corée.

(Traduit de l'anglais)

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