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"Je voulais que le film parle le langage des adolescents"

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Fien Troch • Réalisatrice

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- Cineuropa a rencontré la réalisatrice belge Fien Troch à l'occasion de la sélection de son dernier film, Home, Grand Prix au 8e Festival de Cinéma Européen des Arcs

Fien Troch • Réalisatrice
(© Festival de Cinéma Européen des Arcs / Alexandra Fleurentin et Olivier Monge)

Fien Troch s'est fait connaître avec des films forts et exigeants qui ont contribué à lui faire une place sur la scène du cinéma d'art et essai international. Ses trois premiers films, Someone Else’s Hapiness [+lire aussi :
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et Kid [+lire aussi :
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traitaient avec âpreté du deuil, sous plusieurs formes. Avec Home [+lire aussi :
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interview : Fien Troch
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, présenté dans la section Orizzonti du Festival de Venise, elle change de direction, tout en gardant sa singularité et sa puissance visuelle et émotionnelle. Cineuropa a rencontré la réalisatrice belge à l'occasion de la sélection de son film en compétition au 8e Festival de Cinéma Européen des Arcs (du 10 au 17 décembre 2016).

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Cineuropa : Vous passez de l'enfance meurtrie dans Kid à l'adolescence avec Home, mais aussi d'une caméra plutôt fixe à une caméra plus mobile, comment s'est opéré le glissement?
Fien Troch : J'avais envie et besoin de faire mes trois premiers films, mais qui étaient assez fermés, c'étaient des films où le moteur était une émotion, une atmosphère, parfois même un décor. Je voulais avec Home raconter une histoire de façon plus classique. J'avais plusieurs idées en parallèle, et l'adolescence était une période qui m'intéressait, comme si j'avais envie de m'y accrocher encore un peu en vieillissant.

Ici le drame n'a pas lieu hors récit contrairement à vos autres films, avez-vous adopté une stratégie d'écriture différente?
Je me suis interdit de penser à l'atmosphère, le décor, la musique, l'allure des personnages en amont. Le contraire de ce que je faisais avant en somme! J'ai aussi co-écrit dès le début avec mon compagnon Nico Leunen, qui est aussi mon monteur, et j'ai participé avec ce projet au Torino Film Lab, ce qui m'a permis de le confronter très tôt à des lecteurs extérieurs. J'étais prête pour ça avec Home, alors qu'avant je ne supportais pas les retours, j'étais bouleversée par les lectures des autres...

C'est aussi un portrait très charnel de l'adolescence...
Je sentais que je voulais clôturer un chapitre, et trouver une nouvelle énergie, être moins rigide dans la forme. Je savais aussi qu'il y aurait plus d'émotions, de dialogues, même d'action. Concrètement, je devais abandonner les plans américains, et adopter un cadrage plus souple, qui me laisse plus de liberté, à moi et aux acteurs. Je suis très fan de Frederick Wiseman, on s'est beaucoup référé à une certaine esthétique du documentaire. On a de fait recouru au format 4/3 pour donner un ressenti de documentaire, et de réalisme. C'est aussi plus proche du format des images tournées au smartphone, et ça rapproche des corps, des visages. On a tourné sans maquillage, sans lumière. On a donné des smartphones aux quatre jeunes acteurs, en leur donnant comme consigne de se filmer entre les prises. Je me rendais bien compte qu'à 38 ans, j'étais forcément en partie déconnectée du monde de l'adolescence, je voulais que le film parle leur langage, que ce soit leur film aussi.

Vous montrez aussi une adolescence hyper-narcissique, hypersexualisée, alcoolisée, droguée, et même passive, mais pourtant avec beaucoup de bienveillance...
C'était important pour moi aussi de les montrer quand ils s'ennuient, c'est quand même constitutif de l'adolescence! Je ne voulais surtout pas les juger, je voulais que mon affection pour eux soit apparente. C'est normal, quand on a 16 ans de s'ennuyer, de boire un peu trop, de fumer un joint. Ils ont le droit de ne pas savoir ce qu’ils veulent. C'est ça, être adolescent!

Il y a un fossé entre les adolescents et leur mère surtout...
Comme dans mes films précédents, les pères ont un rapport plus franc avec leurs enfants, et aussi plus neutre. Je vous rassure, ma mère est incroyable, cela n'a rien à voir avec ma relation avec elle. Ca a plus à voir avec moi finalement, l'envie de montrer que quand on est parent, on doit toujours avoir l'air d'être responsable et de maîtriser la situation, et cacher qu'on ne sait pas où on en est et comment on doit ou devrait réagir. Je tenais à montrer cette zone grise, où les adolescents ne sont pas des anges, et les adultes sont loin d'être en pleine possession de leurs moyens.

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