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"On est en résistance face à la noirceur et au pessimisme"

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Dominique Abel, Fiona Gordon • Réalisateurs

par 

- Avec Paris pieds nus, Dominique Abel et Fiona Gordon offrent une parenthèse pop et colorée, tout en parlant de vieillesse et de précarité

Dominique Abel, Fiona Gordon • Réalisateurs
(© Magritte du Cinéma 2017)

Paris pieds nus [+lire aussi :
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interview : Dominique Abel, Fiona Gordon
fiche film
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est le quatrième long métrage des réalisateurs et comédiens Dominique Abel et Fiona Gordon. Ils y creusent une fois de plus la veine burlesque, poétique et déjantée déjà exploitée avec malice et fantaisie dans leur films précédents. Une fois de plus, leur univers décalé fait mouche, délivre une bulle d'air et d'optimisme malgré la dureté du la situation dans laquelle se retrouvent leurs personnages.

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Cineuropa:Paris est un personnage du film, quelles étaient vos motivations?
Fiona Gordon : On s'est rencontrés à Paris il y a pas mal de temps, on avait la même sorte d'innocence que nos personnages, on était un peu perdus aussi, surtout moi qui ne parlait pas la langue. Pour nous, les toiles de fond ne sont pas que des toiles de fond. Cette petite île peu connue au pied de la Tour Eiffel où l'on trouve la réplique de la Statue de la liberté, c'était un super endroit pour poser la tente d'un SDF qui revendique sa liberté, mais en paie un lourd tribut. Dans chacun de nos films, le lieu devient un personnage qui participe activement à l'histoire.

Comment écrit-on un cinéma du corps comme le vôtre?
Dominique Abel : On a suivi le même genre de trajectoire que des gens qu'on admire, Chaplin, Keaton, Tati, qui ont appris leur art dans le minimalisme sur scène. Le public guide souvent le rapport à l'écriture. En prenant la caméra, ils ont fait les mêmes choix, une approche épurée, en dehors de tout réalisme, pleine de poésie. Ce cinéma met en jeu aussi bien l'imaginaire du créateur que celui du spectateur. Et le lien entre les deux, ce pont éphémère tient grâce au rire, à la compassion, à un certain regard sur l'humanité et le monde actuel. 

F.G : On sait bien que nos corps vont mieux parler que nos têtes. Cette connivence entre nous et le public, on essaie de la trouver en improvisant. On cherche à perdre le contrôle. Le rire jaillit aussi de ces moments de maladresse, ou même d'humiliation. 

D.A : L'improvisation nourrit la maturation du projet. Mais ce qui a l'air très spontané à l'écran, les chorégraphies ou les mécaniques burlesques, ne sont réussies quand elles sont bien rodées. Ce qu'on aime dans l'improvisation des corps, ce sont aussi les ratages, dont surgissent souvent de belles idées. 

Vous parlez de ce film comme d'une bulle d'air dans un monde difficile. L'humour comme politesse du désespoir ?
D. A : L'humour, c'est la seule manière pour nous de parler vraiment des choses qui nous touchent, qui nous heurtent. Le rire va souvent avec la tragédie. C'est le corps qui s'exprime sans passer par notre décodeur intellectuel. 

F.G : On est, de façon militante, à contre-courant: la dureté, le cynisme ne sont pas des choses que l'on a envie d'explorer. On veut privilégier une certaine innocence, une spontanéité, quelque chose de joyeux. 

D.A: On est en résistance face à la noirceur et au pessimisme qui prédominent. 

L'univers est très pop, très coloré, comment travaillez-vous le côté pictural ?
D.A :Cela fait partie de notre vocabulaire. Comme d'autres mettent beaucoup de dialogues ou de mots,  nous on met beaucoup de couleurs. On le faisait sur scène aussi cela vient de notre formation. Comme acteur, on jouait même des couleurs!

Comment vous avez choisi votre comédienne pour incarner Martha ?
F.A
: Souvent, les actrices de cet âge là ne font pas leur âge, elles sont trop préservées. Un jour on est tombés sur une vidéo d'Emmanuelle Riva où elle jouait dans son appartement, elle imitait Chaplin, elle dansait. En voyant ça, on s'est dit qu'il y avait là une joie, une naïveté irrésistibles... On lui a envoyé notre scénario, qui a semblé être une nouvelle corde à son arc, pour elle qui adore Keaton. 

Quels sont vos projets ?
D.A : On a deux idées, une comédie musicale et un polar. Si c'est un polar bien sûr, on doit se l'approprier. La comédie musicale, ce n'est pas vraiment une comédie musicale non plus d'ailleurs en fait. On ne veut rentrer ni dans des cases, ni dans des genres.

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