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"Je cherchais quelqu’un qui attraperait la balle et qui se mettrait à courir"

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Annika Berg • Réalisatrice

par 

- VENICE 2017 : Nous avons rencontré Annika Berg, dont le drame pour adolescents Team Hurricane a été présenté à la Semaine Internationale de la Critique

Annika Berg  • Réalisatrice

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, le premier long-métrage de la réalisatrice danoise Annika Berg a été présenté à la Semaine Internationale de la Critique du Festival du Film de Venise et sort en VàD au Danemark. Des projections spéciales en salle sont prévues partout dans le pays pour accompagner ce lancement. Nous avons rencontré cette jeune diplômée (2015) de la National Film School au Danemark pour parler des auditions sur les réseaux sociaux et de ses histoires personnelles. Elle nous expliquera pourquoi cet excellent drame pour adolescent sortira immédiatement en VàD dans son pays natal.

Cineuropa : Ce film parle de l’adolescence lorsque l’on est une fille. Quand avez-vous décidé de raconter cette histoire avec une troupe de huit actrices ?
Annika Berg: Tout d’abord, j’ai commencé seule, en creusant dans mon passé et en tentant d’accepter les raisons pour lesquelles je suis ce que je suis, et ce que j’ai perdu en chemin. Je ne savais pas que je voulais huit filles. En réalité, au début, je pensais plutôt à trois ou quatre, mais j’ai ensuite lancé une grande audition sur les réseaux sociaux et j’ai sélectionné dix filles pour un atelier. Je leur ai demandé de participer à de nombreux exercices semblables à ceux que j’avais moi-même dû réaliser pendant mes études, car je voulais trouver des filles qui pourraient contribuer à la création du film.

À quoi ressemble une audition sur les réseaux sociaux? Avez-vous posté une annonce d’audition sur Internet?
Je passais 14 heures par jour à regarder des profils sur Internet. Nous avions contacté des agents, mais je n’étais pas satisfaite, car je suis constamment à la recherche de quelqu’un qui pourrait me surprendre. J’ai envoyé de nombreux exercices de vidéo, d’écriture de poème, etc. Je cherchais quelqu’un qui attraperait la balle et se mettrait à courir. Quelqu’un de courageux, qui puisse se montrer vulnérable et qui n’ait pas peur d’être fort ou faible.

Quelle est la limite entre la fiction et la réalité? Les filles jouent-elles leur propre rôle, ou est-ce une interprétation?
C’est une question difficile, car certains diront que c’est cinquante-cinquante. C’est compliqué, parce qu’elles ont apporté leur personnalité pour interpréter un personnage de fiction. Elles savent qu’elles mettent beaucoup d’elles-mêmes et de leur histoire personnelle dans leur rôle. Certaines sont plus à l’aise que d’autres et peuvent donc se montrer plus ouvertes, et d’autres moins. Pour moi, elles sont libres de trouver leurs propres limites, il s’agit donc de quelque chose de très personnel et cela varie en fonction des filles. Bien entendu, je les encourage à utiliser leurs histoires et ce qui les a blessées. J’utilise moi-même des choses qui m’ont fait mal.

Vous proposez un style documentaire, mais vous y ajoutez ensuite des effets visuels colorés. C’est très particulier. Comment avez-vous choisi la palette?
Il m’est difficile d’en parler concrètement, car je me laisse guider par mon instinct et je m’y fie. Je dis à tous ceux qui travaillent avec moi que je sens qu’il y aura une rose qui brûle. Je ne sais pas expliquer pourquoi. Je me fie vraiment à mon instinct, car je pense que mon corps en sait plus que ma tête.

En dépit de la participation de votre film au Festival de Venise, vous avez décidé qu’il sortirait immédiatement en VàD au Danemark. Pourquoi?
Notre objectif principal est de toucher autant d’adolescents que possible - surtout des adolescents danois. Pour ce faire, nous pensons qu’il est important que le film soit facilement accessible. Et même si nous aimerions que le film reste longtemps à l’affiche des cinémas nationaux, nous ne voulions pas le rendre moins accessible aux adolescents. Le prix moyen de l’entrée est de 65-110 DKR [€8.75-€14.75], c’est beaucoup pour des jeunes. Avec un prix compétitif de 20 DKR [€2.70], tous les adolescents devraient pouvoir se permettre de voir le film. En outre, pour une sortie en salle au Danemark, il faut respecter une période d’attente de quatre mois avant de le distribuer en VàD, et c’est un gros problème pour nous. La culture des jeunes d’aujourd’hui change à la vitesse de la lumière, et nous sentons déjà que le film est moins actuel et pertinent que lorsque nous l’avons tourné. Attendre n’est pas une option. Si cela ne tenait qu’à nous, nous aurions préféré une sortie simultanée en salle et en VàD, mais malheureusement, ce n’est pas possible pour le moment.

(Traduit de l'anglais)

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