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Carlos Marques-Marcet • Réalisateur

"Comment peut-on construire, aujourd’hui, un ‘nous’ ?”

par 

- Tierra firme, qui a fait l’ouverture du 14e Festival de Séville, est le 2e film de l’Espagnol Carlos Marques-Marcet, dont le premier long-métrage, 10.000 km, a eu beaucoup de succès

Carlos Marques-Marcet  • Réalisateur
(© Óscar Romero / SEFF)

La coproduction hispano-britannique Tierra firme [+lire aussi :
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, tournée dans les canaux de Londres autour d’un trio doté d’une belle alchimie, Oona Chaplin, Natalia Tena et David Verdaguer, a fait l’ouverture du 14º Festival du cinéma européen de Séville. Ces deux derniers acteurs étaient déjà dans 10.000 km [+lire aussi :
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, le premier long-métrage encensé de Carlos Marques-Marcet (qui lui a valu notamment le Goya 2014 du meilleur réalisateur à son premier film). Cineuropa a rencontré le réalisateur dans la ville andalouse.

Cineuropa : A-t-il été difficile de monter ce projet, après le succès de votre premier film ?
Carlos Marques-Marcet : Oui un peu, parce que nous avons beaucoup remanié le casting et que le montage nous a pris neuf mois d'intense travail, bien que les scènes soient déjà tournées et que le scénario compte 110 pages. Je travaille comme monteur, et pourtant cela ne m'était jamais arrivé : j'ai obtenu un film de trois heures et nous ne savions pas quoi couper, parce que nous avions trois personnages centraux et ne souhaitions voler la vedette à aucun d’entre eux, de sorte que nous avons réparti au fur et à mesure, jusqu’à arriver au bon niveau sans rien perdre du film. Le financement s’est bien passé, grâce au succès de 10 000 km: les télévisions nous ont aidés, mais dans la mesure où ce projet était plus ambitieux que le précédent, nous étions davantage au pied du mur, mais tout s’est bien passé, en dépit du fait que la production était plus compliquée.

Dans votre premier film, comme son titre l’indique, la distance était importante ; dans Tierra firme, l’espace reste décisif dans la trame.
C’est ça le cinéma finalement : des gens et des lieux, il n’y a pas beaucoup plus. C’est un sujet qui m’intéresse, la manière dont l’espace dans toutes ses composantes nous marque : comment nous transitons dans ces espaces, les distances qui se créent. Ici, les personnages sont entassés dans un bateau et sortent tout de suite. J’ai vécu un certain temps dans un bateau, pour m’inspirer, et j’ai vu que sur le plan logistique, c’était compliqué. Les gens vivent ainsi parce que c’est moins cher, et que ce genre de vie peut plaire, bien sûr. Là, on a la sensation de vivre dehors : l’intérieur n’est jamais complètement fermé et l’extérieur et très présent. 

De nouveau, les relations humaines sont au centre de votre travail.
Je ne pense pas que je vais faire ce genre de films toute ma vie, mais il est vrai qu’il y a certaines questions que je me pose en ce moment : comment partager sa vie avec quelqu’un dans notre monde actuel, qui souligne tellement l’importance de se réaliser soi et de se chercher soi-même, qui exalte constamment le “je”. Dans ces conditions, comment peut-on construire un ‘nous’ ? C’est une question que je me pose tout le temps, c’est le fil rouge de mon propos. 

Vous évoquez aussi le modèle familial, qui n’a plus de règles.
Oui. Déjà moi, j’ai grandi dans un monde où beaucoup de mes amis avaient des parents divorcés, après quoi le petit ami de la mère venait souvent vivre avec eux. Il y avait des figures nouvelles il fallait inventer de nouveaux rôles pour aller avec.

Pourquoi situer ce film dans les canaux de Londres ?
Je trouvais ça très intéressant de mettre en relation les personnages et le paysage, qu’il y ait un transfert émotionnel entre les deux. Cela m’intéressait aussi de faire quelque chose de ce reste de l’ère industrielle, cet ouvrage gigantesque construit pour toute l’Angleterre qui est devenu obsolète au bout de 40 ans, à cause de l’arrivée du train. Et puis j’aime comme les gens vivent dans ces derniers témoins de l’ère industrielle, dans les marges. Ça en dit long sur le monde dans lequel nous vivons.

(Traduit de l'espagnol)

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