La Passion Van Gogh (2016)
Patser - Gangsta (2018)
La Douleur (2017)
Handia, le géant d'Altzo (2017)
Verónica (2017)
L'Insulte (2017)
Jeune femme (2017)
précédent
suivant
Choisissez votre langue en | es | fr | it

“Un microcosme où coexistent différents moments de l’existence”

email print share on facebook share on twitter share on google+

Andrea Caccia • Réalisateur

par 

- Le réalisateur italien Andrea Caccia nous parle de son nouveau projet, Tutto l’oro che c’è, qui a gagné le Prix Lab Project d’Eurimages au Festival des Arcs

Andrea Caccia • Réalisateur
(© Gaia Giani)

Immergé dans la nature, entre documentaire et fiction, sans dialogues : voilà comment se présente le prochain film d’Andrea Caccia (48 ans), son troisième long-métrage après Vedozero et La vita al tempo della morte, tourné entièrement près de la rivière du Tessin. Il s’agit d’un projet difficile à cataloguer, produit par la société italienne Dugong avec la française Picofilms et la suisse Rough Cat, qui a remporté le Prix Lab Project d’Eurimages dans le cadre du volet Work-in-Progress du 9e Festival du cinéma européen des Arcs.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)IDW Supsi Internal

Cineuropa : Vous attendiez-vous à ce prix ?
Andrea Caccia : Franchement non, vu les autres projets présentés, qui étaient des fictions au sens plus classique, d’auteur, probablement plus facile à situer que le nôtre. C’est un prix dont nous sommes tous très contents, et qui est très important à cette phase du projet, car nous allons entrer dans la dernière ligne droite du montage, après de longs mois de préparation, et cet apport financier va nous permettre de terminer le film exactement comme nous le souhaitions. Le tournage s’est effectué en 2016, pendant six mois sans interruption. Ensuite, il m’a fallu huit mois, cette année, pour trier les images (j’en avais 170 heures en tout), les ordonner et avoir une première version du film. Nous allons ainsi affronter avec plus de sérénité et d’enthousiasme la dernière phase décisive, qui va commencer en janvier.

C’est un projet difficile, sans dialogues, un défi courageux. Comment vous en est venu l’idée ?
Je suis né du côté piémontais de la rivière du Tessin, et puis il y a une dizaine d’années, j’ai déménagé de l’autre côté, côté Lombardie. J’allais souvent au bord de la rivière avec mon père, maintenant j’y vais avec mon fils : je suis passé de l’autre côté d’un point de vue existentiel aussi. C’est des promenades avec mon fils que m’est d’abord venue l’idée du film : je voulais décrire combien cet environnement est un microcosme où coexistent différents moments de l’existence. Mon cinéma est le fruit de l’observation, mais je n’ai jamais suivi les tropes classiques du documentaire. J’ai réfléchi à la meilleure manière de rendre compte de cette dimension existentielle à l’intérieur d’un espace en mutation constante, comme le peuvent être cette forêt et cette rivière, que moi je reconnais comme le Tessin, mais qui pourrait aussi se trouver en France ou aux États-Unis ou en Asie.

Comment avez-vous structuré le récit ?
Pendant la phase d’écriture, l’idée m’est venue d’insérer dans cette observation filmée du réel des personnes qui aient, par leur vécu, des caractéristiques utiles à mon récit : un garçon de 14 ans (mon fils), à l’âge de la découverte mais aussi du danger ; un homme de 30 ans, un chasseur, qui fait s’interroger sur ce qui amène encore aujourd’hui des gens à tirer sur des animaux ; un naturiste de 48 ans, parce que les premières plages naturistes italiennes sont justement apparues le long du Tessin ; un policier proche de la retraite qui revient sur les lieux de ses enquêtes pour chercher quelque chose ; enfin, un homme plus vieux qui vient de temps en temps au bord de la rivière pour chercher de l’or, comme le faisaient ses grands-parents, ses parents, et lui-même jusqu’à un certain âge. Il s’agit de cinq âges différents, cinq manières de regarder la vie et de vivre la rivière. En partant de l’observation de la nature et des animaux, nous voyons ces cinq personnages évoluer dans ce lieu comme ils le font d’habitude. Le film n’a pas de dialogue parce que personne ne croise jamais personne. Le seul élément conçu pour engager au départ le spectateur à suivre les personnages, c’est une scène tournée à la source du Tessin qui montre un groupe d’enfants jouant à cache-cache. Soudain, un enfant disparaît. C’est de là qu’on part pour créer une première question très forte dans l’esprit du spectateur : où est cet enfant ? Peut-être est-il devenu un de ces personnages ?

Dans le catalogue des Arcs, votre projet est qualifié d’”hybride”.
Le directeur artistique du festival l’a qualifié de thriller métaphysique. Moi je l’appelle non-fiction, parce qu’on part de l’observation du réel pour construire une histoire. Le fait d’être hybride est peut-être l’élément le plus intéressant du projet : il pose une question aux spectateurs, le film ne se laisse pas tout de suite étiqueter. Les gens à qui j’ai montré les huit premières minutes montées m’ont dit que les images étaient évocatrices et magnétiques. Il n’y a pas de dialogue, il n’y aura pas non plus de musique. Ce qui nous attend plutôt, c’est un gros travail sur le son, et le prix gagné aux Arcs va nous permettre de faire cela sereinement. En plus des sociétés de production française et suisse (où nous traiterons la partie son), nous avons aussi avec nous une société suédoise (Shoot&Post) qui va s’occuper de l’étalonnage. 

Quand le film sera-t-il prêt ? Où pensez-vous le présenter ?
Il sera prêt pour l’été 2008, à temps pour Locarno, Venise et Toronto. Nous espérons continuer de bien avancer, et trouver de l’espace pour ce film, un vendeur, un distributeur. C’est un film fait pour le grand écran, avec un accent évident sur le pictural : il y a de longs plans fixes, le temps passe doucement, rien ne semble se passer et puis soudain, derrière un arbre, là au fond, quelque chose bouge. Ma source d’inspiration principale, c’est le transcendantalisme américain, la Hudson River School. L’idée était d’offrir une expérience de regard. Il faut beaucoup de ténacité pour faire un film de ce genre.

(Traduit de l'italien)

Newsletter

IDW Supsi
Structural Constellations
WBI Rotterdam

Follow us on

facebook twitter rss