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ROTTERDAM 2018

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Ruben Desiere • Réalisateur

“L’argent définit ce qu’on peut et ce qu’on ne peut pas faire”

par 

- Cineuropa a rencontré le Belge Ruben Desiere à Rotterdam pour parler de son premier long-métrage, le contemplatif La Fleurière

Ruben Desiere • Réalisateur
(© Liesbeth Beeckman)

Le réalisateur belge Ruben Desiere a présenté au Festival de Rotterdam, son premier long-métrage de fiction, La Fleurière [+lire aussi :
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, après le documentaire Kosmos, qui était aussi son film de fin d’études. Les deux projets ont en commun quelques interprètes non-professionnels, un groupe de Slovaque travaillant à Bruxelles. Cineuropa a retrouvé Desiere à Rotterdam pour l’interroger sur le rythme contemplatif qu’on retrouve dans ses deux films. 

Cineuropa : Les coproductions entre la Belgique et la Slovaquie sont très rares. Comment ce projet s’est-il monté ?
Ruben Desiere : Ce film a pu se faire grâce à une bourse, la VAF, que j'ai reçue après mon film de fin d'études. C'était un budget de départ pour faire un premier long-métrage après mon diplôme. Je savais déjà que je voulais retravailler avec les Slovaques que j'ai rencontrés en faisant mon film précédent, Kosmos. Kosmos n'a pas vraiment été projeté en Slovaquie, sauf au Festival de Bratislava. Nous nous sommes dit que ce serait bien que le film ait des liens avec le pays dont viennent les personnages et dont il parle. Nous avons donc commencé cherché des partenaires de coproduction possibles et c’est là que nous avons rencontré Tomáš Kaminský de Mandala Pictures, qui a été très enthousiaste nous a beaucoup aidés. Les raisons pour lesquelles nous avons monté ce film comme une coproduction slovaque étaient financières, bien sûr, mais c’était aussi pour avoir une plus vaste distribution après. En somme, c’est l’histoire classique pour une coproduction.

Quel est le lien entre Kosmos et La Fleurière. Le premier était un documentaire mais vous en avez repris dans votre film de fiction les personnages et le style.
Kosmos a été un travail très important pour moi, avant tout pour obtenir mon diplôme de fin d’études, mais aussi pour que je trouve ma manière de faire du cinéma. Pour La Fleurière, je voulais qu’on ait la possibilité de décider nous-même quand le tournage serait terminé, qu’on ait la liberté et le temps nécessaires pour faire ce film aussi bien que possible. Quand nous avons commencé le tournage, les acteurs se déplaçaient beaucoup, de logement en logement, donc nous avons décidé de tourner le film en studio, de manière à ne pas dépendre de leur situations personnelles. Nous avions toujours la possibilité de nous retrouver au studio le week-end, pour travailler. Au niveau de la forme, les motifs du film et les choix que nous avons faits ont principalement été fonction de cela : nous voulions tourner dans un lieu fixe.

Avec ses séquences longues et ses digressions, par rapport à un récit linéaire articulé autour d’un intrigue, La Fleurière évoque les conventions de ce qu’on appelle le “slow cinema”. Le voyez-vous comme cela ?
Je n’aime pas du tout la notion de “slow cinema”. Personnellement, je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire. L’idée de La Fleurière était de donner beaucoup d’espace à leur parole, au dialogue à la parole, et partant, il ne fallait pas trop être distrait par l’arrière plan. Ainsi, nous avons principalement tourné devant des murs. Ce que j’aime le plus, dans le travail avec Tomas Balog, Vladimir Balasz et Rastislav Vano, c’est la manière dont il leur suffit de s’asseoir et de parler. C’est très intimement lié à l’idée initiale du film, sur l’argent : sans argent, on n’a pas accès à beaucoup d’endroits ; tout ce qui reste, c’est le dialogue, les conversations. J’ai toujours vraiment pris plaisir à écouter leurs conversations.

Les personnages vient d’une minorité ethnique et sont en quelque sorte des migrants économiques, un sujet brûlant dans le climat populiste et nationaliste actuel. La Fleurière contient-il un propos politique sur l’immigration ?
Je n’avais pas en faisant le film, et je n’ai toujours pas maintenant, un propos politique tranché. Je vois ces personnages comme trois hommes que je connais et avec qui j’aime travailler. Ils sont très différents de moi, mais nous habitons dans la même ville. Si faire des films me donne l’opportunité d’élargir mes horizons sur ma ville, j’en suis très reconnaissant. Bien sûr, leur identité fait partie de leur être, mais mon intention n’a jamais été de faire un film sur leur position de membres d’une minorité. Quand ils parlent, ils parlent beaucoup d’identité, mais je ne vois pas cela comme le sujet central du film. Le cœur du film, pour moi, a toujours été l’argent. Nous avons essayé d’aborder ce thème comme dans une bande dessinée. L’argent est quelque chose de très invisible, parfois difficile à filmer, et en même temps c’est quelque chose qui définit ce qu’on peut et ce qu’on ne peut pas faire.

(Traduit de l'anglais)

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