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Fish Tank : l'adolescente rebelle d'Andrea Arnold

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Fish Tank : l'adolescente rebelle d'Andrea Arnold

Andrea Arnold, originaire du Sud-Est de l'Angleterre, avait déjà estomaqué le public cannois en 2006 avec son premier long métrage, Red Road [+lire aussi :
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(Grand prix du jury). L'année précédente, son court métrage Wasp avait remporté un Oscar et 38 autres prix internationaux. Il était donc logique que la critique la considère comme un talent "émergent" doté d'un avenir prometteur malgré ses quarante-huit ans, mais ceux qui ont avant tout cru en elle, c'est le producteur hollandais Kees Kasander, qui a fait ses classes aux côtés de Peter Greenaway, et le Britannique Nick Laws, qui a produit le premier court métrage de la réalisatrice.

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Le retour d'Arnold en compétition à Cannes avec Fish Tank [+lire aussi :
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confirme le talent de cette ancienne actrice et présentatrice de télévision à l'approche analytique et déterminée. Dans Red Road, l'héroïne était une adulte évoluant dans un récit développé comme un thriller psychologique avec Glasgow pour toile de fond. Cette fois, Andrea Arnold s'intéresse à une adolescente à problèmes de seize ans, Mia (Katie Jarvis). Le film commence sur l'image d'une fenêtre donnant sur les édifices délabrés des quartiers populaires de l'Essex, une fenêtre qui rappelle celle de Red Road, tournée vers la dégradation urbaine et humaine. Comme dans Red Road, la caméra adopte le regard de l'héroïne, ce qui permet au spectateur de voir et de penser comme elle. Les tons choisis par le photographe Robbie Ryan sont dominés par le jaune et le bleu.

On apprend tout de suite à connaître la jeune héroïne. En quatre minutes de film, Mia insulte le père d'une amie, casse le nez d'une autre fille sans vraie raison et tente de libérer un vieux cheval de ses chaînes, un geste qui symbolise son désir de liberté. C'est une rebelle, une marginale, une âme torturée mais profondément tendre. Elle vit avec sa jeune mère (Kierston Wareig), qui la voit comme une petite criminelle et une petite soeur insolente. Ensemble, elles communiquent à coups de "vas te faire foutre" et de "sale pute". Ainsi s'exprime quelqu'un à qui on n'a jamais appris à dire "je t'aime", dans la langue violente et sexiste de la musique rap, seule référence sémantique de ce groupe social.

Pendant une bonne partie du film, on croit assister à un nouveau Sweet Sixteen [+lire aussi :
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à la Ken Loach, mais la réalisatrice met l'accent sur les spécificités féminines de l'histoire. Quelque chose de tout nouveau finit par éclater dans le coeur de Mia, quand sa mère ramène à la maison un nouvel ami (Michael Fassbender), un jeune homme qui a un vrai travail, une automobile, une vie normale et l'intention de rester auprès de la mère et la fille pour faire office de père de famille. Mia est alors agitée par un tourbillon de sentiments : curiosité, jalousie, attirance, rivalité avec sa mère. Elle ignore encore que ce nouvel événement va s'ajouter aux déceptions que la vie lui réserve.

Katie Jarvis, extrèmement à l'aise dans le jogging de son personnage, prend le chemin d'une reconnaissance en tant que jeune promesse féminine. L'Irlandais Fassbender, qui figure d'ores et déjà parmi les acteurs européens les plus intéressants du moment (avec Hunger [+lire aussi :
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de Steve McQueen et le dernier film de Quentin Tarantino, Inglourious Basterds [+lire aussi :
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, qui sera présenté ici à Cannes), exprime quant à lui magistralement l'ambiguité morale de son personnage.

Fish Tank est un récit urbain linéaire qui n'offre rien de très nouveau (problèmes de communication, solitude, sentiment d'inadaptation...), mais Andrea Arnold sait merveilleusement le mettre en images et ainsi montrer la réalité de milliers de banlieues et des millions d'êtres humains qui y vivent. C'est la réalité que nous avons construite.

(Traduit de l'italien)

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