Brussels F.F.: Golden Iris pour Yo, También. Le Prix Cineuropa récompense Corridor
par Aurore Engelen
01/07/2010 - Le Brussels Film Festival 2010 s’est achevé hier avec la remise des prix, récompensant les films ayant le plus ému le jury et autres assemblées de votants. Cette édition « de transition » devait confirmer l’ancrage européen du Festival, tout en marquant une volonté de s’ouvrir à des cinéastes confirmés, passant outre la restriction des premières et deuxièmes œuvres autrefois appliquée à la compétition.
Le Golden Iris Award a donc été attribué à Yo, también [bande-annonce] du duo espagnol Alvaro Pastor et Antonio Naharro, dont l’humour et la tendresse, remarquablement servis par un couple de comédiens extraordinaires, ont visiblement remporté la mise. Yo, también livre sans fausse pudeur un conte moderne, l’histoire d’une grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf, celle de Daniel, 32 ans, atteint d’un syndrome de Down que sa bonne éducation ne saurait éclipser, qui se rêve le temps d’une saison dans les bras de son inaccessible collègue, interprétée par Lola Dueñas. Le film a un indéniable potentiel public, qui n’a d’ailleurs pas échappé à la RTBF, qui lui a également attribué son prix, assorti d’un préachat.
Le White Iris Award pour un premier long métrage a lui été décerné à Alles Stroomt du jeune réalisateur hollandais Danyael Sugawara. Comme dans Yo, también, plus que les fulgurances de mise en scène, ce sont la sensibilité du récit et la justesse de la caractérisation des personnages qui semblent avoir emporté le jury, visiblement charmé par cette histoire à la fois simple et subtile d’une mère et d’un fils qui se perdent de vue pour mieux se retrouver.
A noter également que Cineuropa remettait pour la quatrième fois un prix dans le cadre d’un festival, attribué à Corridor [bande-annonce, film focus], brillant exercice de style de deux jeunes réalisateurs suédois, Johan Lundborg et Johan Storm, qui se sont frottés au genre du thriller psychologique. Leur maîtrise technique des codes du genre y est admirablement mise au service de la construction dramatique d’un personnage complexe qui rebute dans un premier temps le spectateur, pour mieux l’embarquer dans sa folie et le confronter à ses propres peurs (lire l’article).
A noter que le Prix du public, ainsi que le Prix Prime ont été remis au film italien L’Uomo che verrà [bande-annonce, film focus] de Giorgio Diritti.
































