Valley of Shadows (2017)
Corps et âme (2017)
The Line de Peter Bebjak
Seule la Terre (2017)
Absence of Closeness (2017)
Handia (2017)
I Am Not a Witch (2017)
précédent
suivant
Choisissez votre langue en | es | fr | it

SARAJEVO 2013

email print share on facebook share on twitter share on google+

Wolf ouvre une nouvelle voie au cinéma roumain

par 

- Ce premier long métrage de Bogdan Mustata, produit par Strada Film et interprété par Mihai Vasilescu, est en compétition pour le Prix Coeur de Sarajevo

Wolf ouvre une nouvelle voie au cinéma roumain

Cinq ans après l'Ours d'or remporté à Berlin pour le court métrage A Good Day for a Swim, Bogdan Mustata présente un premier long métrage qu'il a manifestement longuement mûri, Wolf. Le rôle-titre est interprété par l'acteur novice Mihai Vasilescu (photo), qui a fêté ses 16 ans pendant le tournage, en octobre 2011. Cette collaboration entre Mustata et le jeune comédien donne un nouvel élan à la "Nouvelle vague roumaine".

Le film, qui ne suit par une intrigue à proprement parler, s'intéresse au personnage de Wolf (Vasilescu), un adolescent en deuil de son père (Costel Cascaval) qui fait la connaissance d'une fille de son immeuble, Clara (la charmante Ada Condeescu, Shooting Star cette année à Berlin), et tombe amoureux d'elle. Wolf se met à la suivre et fait d'autres rencontres, principalement avec des voisins, et au fil de son errance, on constate que quelque chose ne va pas dans sa vie. Et puis soudain, son père décédé apparaît dans la pièce d'à-côté, et réclame sa femme...

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Le scénario a pris à Mustata plusieurs années et plusieurs versions et remaniements. Le résultat est un film curieux, surréaliste. Wolf, très solitaire, a désespérément besoin d'établir des relations humaines significatives, mais il garde ses émotions pour lui. Son monde, qui est son immeuble, semble presque le ventre d'un monstre géant : c'est une prison et un piège et Wolf, qui ne cesse d'ouvrir et fermer des portes, est comme le passeur qui nous guide à travers cet étrange royaume où la logique ne s'applique pas.

Le spectateur moyen pourrait rester perplexe devant l'indifférence que semble avoir Mustata pour les formes traditionnelles de narration, mais Wolf ne manque pas d'impressionner par ses atmosphères. La photographie de Barbu Balasoiu transforme l'errance du garçon en voyage fantastique baigné d'une lumière ambrée qui renvoie à ces mots du poète et philosophe Lucian Blaga : "D'où vient la lumière des cieux ? Je sais, c'est l'Enfer qui l'allume de ses flammes". Le jeune Wolf est-il en Enfer ou au Paradis ? La question reste sans réponse, laissant au spectateur l'impression que le film cache beaucoup de choses sous sa surface mystérieuse et impénétrable.

Même si on est tenté de penser que le réalisateur lui-même ne sait pas bien ce qui arrive à son personnage, son courage est indéniable pour ce qui est d'aller contre les attentes du spectateur et de créer un film si singulier et atypique dans le contexte du cinéma roumain. Wolf marque l'arrivée d'une nouvelle voix et de nouveaux talents, non sans saluer les légendes d'antan : la vedette de l'ère communiste Sergiu Nicolaescu, pour la dernière fois à l'écran dans le rôle d'un vieil homme qui ne cesse de chercher sa femme (Camelia Zorlescu), qui est morte, mais en fait ne l'est pas.

Le film, produit par Strada Film pour 1 million d'euros, devrait donner l'élan à toute une vague de nouveaux réalisateurs roumains qui ont envie d'explorer de nouveaux styles, genres et thèmes. Dès cet automne, d'ailleurs, les cinémas roumains vont découvrir des choses intéressantes : à côté de Wolf, Alexandru Maftei va présenter son film d'horreur atmosphérique Miss Christina [+lire aussi :
critique
bande-annonce
festival scope
fiche film
]
et Iulia Rugina sa comédie chorale Love Building [+lire aussi :
critique
bande-annonce
film focus
interview : Iulia Rugina
festival scope
fiche film
]
. George Dorobantu (Elevator) est en outre en train de finir le post-apocalyptique et ultra-indépendant Omega Rose tandis que Cristi Puiu et Radu Jude sont en train de développer At the Manor et Aferim, deux drames dont l'action se situe au XIXème siècle.

(Traduit de l'anglais)

Lire aussi

Warsaw
EPI Distribution
LIM
 

dernières news

 

autres infos

Newsletter

Follow us on

facebook twitter rss