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VENISE 2013 Venice Days

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Sur la route avec Julia

par 

- La photographe et réalisatrice allemande J. Jackie Baier a suivi pendant dix ans la transsexuelle Julia et filmé sa dure vie de prostituée à Berlin

Sur la route avec Julia

"Je ne suis pas une femme, mais je ne suis pas non plus un homme. Je suis une créature déformée. Quand je suis née, Dieu était distrait" : ainsi se décrit Julia Krivickas, une transsexuelle qui vit à Berlin en se prostituant. Dans son pays d'origine, la Lituanie, Julia était un prometteur étudiant en art. En dix ans, à partir de son arrivée en Allemagne, la réalisatrice allemande J.Jackie Baier l'a rencontrée maintes fois pour la prendre en photo puis la filmer. Le résultat de ce travail de longue haleine est le film Julia, qui fait partie des projections spéciales des Journées des auteurs-Venice Days.

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Julia [+lire aussi :
bande-annonce
interview : J. Jackie Baier
fiche film
]
 est une parabole. Sa protagoniste aurait pu avoir un destin plus heureux, sans doute, mais son identité sexuelle et le fait de ne pas être acceptée l'a amenée sur une autre voie. D'abord, elle s'est vendue à des marins dans le port de Klaipeda, sa ville natale, puis elle est allée faire commerce de son corps dans les bars et les rues de Berlin. Ce qu'elle fait, elle le fait toutefois sans compromis : Julia n'a pas de protecteur, c'est elle qui dicte les règles et en assument tous les risques. "Pas de risques, pas de champagne", ironise-t-elle.

Mais il n'y a pas que le champagne, il y a aussi la drogue. En suivant Julia dans les lieux où elle vit sa vie de tous les jours (dans le cinéma porno où elle habite, les rues où elle tapine, les bars où elle retrouve ses amis pour boire...), Baier en montre sans censure la dépravation (on voit Julia s'injecter de l'héroïne, on assiste à sa rencontre avec un client en voiture). La réalisatrice alterne entre les scènes filmées plus récemment et les photographies prises des années avant, quand Julia était encore belle et qu'on l'arrêtait dans la rue pour lui demander la marque de son maquillage, mais dans un cas comme dans l'autre, la tragédie se lit toujours dans le regard de Julia, témoin du fait que sa vie est loin d'être un rêve, bien qu'elle l'ait choisie.

Baier accompagne aussi son héroïne en Lituanie, où elle part sur les traces de son passé. Elle revoit d'anciens voisins qui ont du mal à la reconnaître, la prof de dessin qui la comptait parmi ses meilleurs élèves, son ancien immeuble, la fenêtre de sa chambre. Rien ne semble avoir bougé en douze ans, et la méfiance des gens envers sa condition de transsexuel non plus. Julia se rend aussi au cimetière où son grand-père est enterré, mais elle ne tarde pas à fuir, ne se sentant pas digne d'être là : "S'il voyait ce qu'est devenu son petit-fils, il me tuerait".

La grande force du film est le rapport de confiance qu'entretiennent la réalisatrice et son personnage. Elles se sont connues en fréquentant les mêmes bars, elles sont toutes les deux transsexuelles, elles ont toutes deux fait le même travail. "Julia me rappelle une des idoles de ma jeunesse, Jackie Curtis, le transsexuel new-yorkais qu'Andy Warhol a rendu célèbre", explique Baier. Curtis disait qu'elle faisait la révolution en battant les rues. Julia fait de même, pour affirmer son droit à avoir l'identité sexuelle qu'elle a choisie, comme tant d'autres transsexuelles qu'on qualifie comme elle de déformées et qui se battent tous les jours, dans tous les pays.

Julia a été produit par J. Jackie Baier en collaboration avec Gamma Bak (Allemagne) et Dagne Vildziunaite (Lituanie), avec le soutien du Medienboard Berlin Brandenburg, du ministère de la Culture et des Médias allemand, de la Fondation pour le soutien de la culture de la République lituanienne et de German Films.

(Traduit de l'italien)

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