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VENICE 2013 Orizzonti

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La prima neve : dans la forêt, la douleur se tait

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- Le deuxième long métrage de fiction d'Andrea Segre, dernier lauréat en date du Prix LUX avec La Petite Venise, se passe dans les vallées du Trentin

La prima neve : dans la forêt, la douleur se tait
Jean-Christophe Folly et Matteo Marchel dans La prima neve

"Les choses qui ont la même odeur doivent rester ensemble", dit Pietro le vieux charpentier (Peter Mitterrutzner) à propos du miel et du bois. Cela vaut aussi pour un père et son enfant. "Mais je ne sais plus quelle odeur j'ai", réplique Dani (Jean-Christophe Folly), né au Togo et réfugié en italie pour échapper à la guerre en Libye. Il ne se sent pas fait pour être père, il ne supporte même pas la vue de sa petite fille d'à peine un an, qui n'est coupable que d'avoir survécu à sa mère dans l'enfer de la traversée en mer.

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Dani loge dans une maison d'accueil pour réfugiés dans le petit village de Pergine, dans les montagnes du Trentin, au pied de la Vallée des Mochènes. Tous les jours, il va travailler dans le mas de Pietro, qui vit avec sa belle-soeur Elisa (Anita Caprioli) et son neveu, un garçon agité de 10 ans qui s'appelle Michele (Matteo Marchel). Dani et Michele partagent la même blessure, la même douleur : Michele vient de perdre son père dans un accident de montagne et c'est sur sa mère qu'il place la culpabilité de cette tragédie.

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 d'Andrea Segre, projeté dans la section Orizzonti de la Mostra de Venise, présente des éléments de nouveauté par rapport au parcours du réalisateur, mais sans discontinuité. En tant que sociologue de la communication, Segre s'est intéressé à la question de l'immigration vers l'Europe, collaborant à des projets de coopération internationale dans ce domaine. Après plusieurs documentaires, il a réalisé en 2010 son premier long métrage de fiction, La Petite Venise [+lire aussi :
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interview : Andrea Segre
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, qui a remporté le Prix LUX 2012 du Parlement européen. 

"Pour mon deuxième film, a-t-il confié à Cineuropa, le défi était de ne pas partir d'un thème similaire à celui de mon premier. Ce qui arrive à Dani quand il fait irruption dans cette famille, c'est qu'il découvre que ces gens ont besoin de lui, comme cela arrive en vrai dans tant d'entreprises et de familles en Italie. Je voulais représenter la normalité, pas les problèmes qui peuvent découler de la rencontre des cultures. Je voulais de cette manière raconter l'histoire d'un père qui n'arrive pas à jouer son rôle de père et d'un enfant qui ne peut plus être un enfant. Et si j'ai tourné le tout dans une forêt, c'est parce que j'en rêvais".

"Au fond, je pense que l'objet de ma recherche et de mes récits, c'est la dignité qu'on trouve dans une situation de crise, de souffrance ou d'injustice – parce que perdre son père, c'est une injustice. Quand j'ai été confronté à ce genre de situation dans la vraie vie, j'ai remarqué la grande capacité des gens à exprimer cette dignité et en faire un élément de renaissance, surtout quand on ne reste pas seul, quand on a quelqu'un avec qui partager et reconstruire. C'est aussi ce qui arrive aux protagonistes de mes documentaires Mare chiuso et Il sangue verde". 

Le territoire est ici un vrai personnage du film : "Un des éléments déclencheurs de l'idée du film, c'est ma rencontre avec des réfugiés qui, après avoir fui la guerre en Libye, ont été accueillis dans le Trentin, dans la Vallée de Cembra, et se retrouvent dans une situation de grand isolement et d'abandon. La forêt, comme la lagune, est toutefois un de ces grands espaces qui vous donnent la possibilité de vous sentir dans un lieu intime, entouré d'une nature puissante. Je voulais que le lieu où ces deux douleurs se rencontrent soit un lieu où la nature vous donne la possibilité de vous sentir chez vous".

(Traduit de l'italien)

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