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The Double : le bonheur de l’un fait le malheur de l’autre

par 

- Pour son deuxième long métrage, Richard Ayoade offre une version glaçante et oppressante de la nouvelle de Dostoïevski, The Double

The Double : le bonheur de l’un fait le malheur de l’autre

Rien ne va plus dans la vie de Simon James : un inconnu lui réclame son siège dans une rame de métro vide, les portes du wagon se referment sur lui, le gardien de son immeuble s’obstine à ne pas le reconnaître. Le monde semble conspirer pour nier l’existence même de Simon James. Dans son entreprise résolument kafkaesque, il est moins qu’un numéro englouti dans un flot de têtes grises qui ne connaissent ni son nom, ni même son visage. Cette ignorance totale de son existence est poussée à son paroxysme quand débarque dans les bureaux James Simon, son double absolu, mais dont le seul charisme suffit à lui donner du corps, une dimension corporelle qui semble de plus en plus échapper à Simon. Et bien entendu, James a vite fait de charmer la jeune femme sur laquelle Simon fantasme en silence. Cette fois c’en est trop pour lui, il va se rebeller, quitte à mettre sa vie en danger pour prouver son existence.

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Avec cette (nouvelle) adaptation de la nouvelle de Fiodor Dostoïevski, Richard Ayoade crée un univers dystopique glaçant, rongé par l’indifférence. Variation sur la trame séculaire du doppelgänger, The Double [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
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développe un univers furieusement claustrophobe, où règnent la nuit, les lumières blafardes, et les espaces confinés. Le personnage principal, déjà largement insatisfait de son existence, est cruellement confronté à son malheur quand il devient le témoin du bonheur de son double, inversant la maxime : ici, le bonheur de l’un fait le malheur de l’autre. Sa frustration a atteint son comble : le double doit disparaître, quel qu’en soit le prix à payer. La folie absurde de ce monde où personne ne semble remarquer l’intrusion d’un double dans un espace confiné ne peut perdurer. 

The Double est non seulement inspiré de Dostoïevski, mais c’est en plus à l’origine un scénario d’Avi Korine (le frère d’Harmony Korine). Ayoade a donc effectué un travail impressionnant pour s’approprier le projet, en faire son film. La nécessité de recréer un univers dystopique lui laisse tout l’espace pour laisser exploser sa vision. Spectaculairement épaulé par son chef opérateur et son production designer, Ayoade parvient à créer un non-lieu, dans un non-temps, clin d’œil évident à Brazil ou au Procès. On est aussi bien dans un passé poisseux et poussiéreux que dans un futur dépressif et déshumanisé. Le travail sur la bande-son, très soignée, est également particulièrement oppressant. Dans le double rôle titre, le taciturne Jesse Eisenberg (The Social Network, The Squid and the Whale, To Rome with Love [+lire aussi :
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) offre toute son introversion à Simon James, tout en parvenant à animer, sans exagération, le plus lumineux James Simon. En retrait, objet de fantasmes virginal, l’actrice australienne Mia Wasikowska (l’Alice de Tim Burton) prête ses traits à Hannah. Dans les autres rôles, forcément seconds, une pléiade de têtes connues viennent peupler cet univers angoissant, où le bref cameo de Chris O’Dowd (le collègue d’Ayoade dans la sitcom de Chanel 4 The IT Crowd) vient très momentanément détendre une atmosphère des plus tendues. Le film sortira sur les écrans belges à la fin de l’été.

(Lire la critique de The Double fait dans le cadre du Festival BFI de Londres.)

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