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The Man in the Orange Jacket : un pionnier du cinéma d'horreur letton

par 

- Marxiste, mystique et freudien à la fois, ce film est tout ce qu’on n’attend pas d’un film d’horreur contemporain. Un premier pas ferme pour le cinéma letton

The Man in the Orange Jacket : un pionnier du cinéma d'horreur letton

The Man in the Orange Jacket [+lire aussi :
interview : Aik Karapetian
interview : Roberts Vinovskis
fiche film
]
 d'Aik Karapetian, au programme de la compétition Tridens du 18e festival Nuits noires de Tallinn, raconte la vengeance d’un employé qui vient d'être licencié sur la société, mais pas seulement. Il y a quelque chose de beaucoup plus important dans cette tragédie au parfum de vindicte.

The Man in the Orange Jacket déverse un flot de mysticisme ancien. Il y a très longtemps, nos ancêtres païens partageaient un mythe : l’histoire d’un bosquet intemporel gardé par un personnage à l’allure de mage, solitaire et toujours à l’affût, car le gardien du bois sacré est en fait l’assassin de son prédécesseur et sera à son tour la victime de son successeur. Il doit donc veiller pour espérer survivre. L’homme à la veste orange dont il est question dans le titre du film, c'est un docker contemporain qui se retrouve dans la même situation, au beau milieu d’un bois.

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Contrairement à son homologue préhistorique, le dernier prétendant au siège de la divinité porte un gilet vif de haute visibilité, et son usurpation meurtrière n’a pas de raison mystique, bien au contraire : dans ce qui semble clairement être une critique de notre culture capitaliste, l’homme tue pour avoir accès à un microcosme de nantis dont il est exclu, à cause de son statut de travailleur.

De façon générale, The Man in the Orange Jacket semble livrer des commentaires sagaces sur la période de post-récession. On y voit le PDG d’une entreprise qui doit fermer boutique. S’il en ressort personnellement affecté, son mode de vie excessif n’en pâtit pas pour autant. C’est le moment que choisit un de ses propres employés pour le mettre au défi. C’est un défi à la Macbeth, et l’employé anonyme est armé des outils de son commerce (littéralement des scies, des tournevis, des marteaux, etc.) 

Ces aventures sombres et puissantes font immanquablement écho à la pensée marxiste. Elles semblent représenter la révolte des classes moyennes, déterminées à violemment renverser les oligarques au pouvoir. L’horreur découle de l'invasion plus que grotesque de la maison du bourgeois (qui renvoie à un sentiment de sécurité tout aussi grotesque). La suggestion semble être la suivante : nul endroit n'est à l’abri de la folie de la politique post-récession.

Karapetian a ici habilement combiné les genres du thriller et du film d’horreur, ce qui n’est pas si courant. The Man in the Orange Jacket semble une version lettonne morose de The Shining, avec ses nombreux couloirs et toutes ses portes et son atmosphère troublante de thriller psychologique. L’ouverture et la fermeture constantes des portes semble également freudienne, comme s’il s’agissait d’un acte de répression et de libération constant. 

En effet, le film flirte avec les rêves, les illusions et les visions de façon presque freudienne. Le résultat est chaotique, certes, mais c’est justement l’effet escompté. Dans ce film, le temps passe, se répète, comme il le ferait dans un rêve, et le spectateur est censé se frayer un chemin à tâtons dans ce monde de plus en plus fou créé de tout pièce par Karapetian.

Cependant, un brouillard d’ambivalence embrume la redistribution assassine et très personnelle des richesses telle que la pratique le protagoniste. Rien à voir avec un mouvement d’indignés visant à représenter les 99% restants, il s’agit ici plutôt d’un accaparement intéressé des richesses. D’ailleurs, l’anti-héros, brillamment incarné par Maxim Lazarev, se prélasse de façon repoussante dans la gourmandise et la luxure. Très vite, un peu comme Macbeth et ses ancêtres avant lui, l’usurpateur se met à regarder nerveusement derrière lui, méfiant du prochain comploteur, quitte à se l’imaginer.

Mais une chose est sûre : The Man in the Orange Jacket nous rappelle que le cinéma letton est bien là. On se pique alors de curiosité pour le reste du cinéma contemporain de ce pays et on se demande s’il est aussi gore, osé et essentiel. Ce film atypique présage beaucoup de bonnes choses pour l’avenir, et cette expérience presque folklorique et onirique est à ne pas manquer pour les fans d’ovnis cinématographiques.

(Traduit de l'anglais)

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