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SOLEURE 2015

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Driften : une course désespérée pour fuir les fantômes du passé

par 

- Le premier long métrage du Suisse Karim Patwa, en lice pour le Prix de Soleure, est une course à toute vitesse vers une rédemption impossible

Driften : une course désespérée pour fuir les fantômes du passé

Karim Patwa démontre dans Driften, son premier long métrage, récemment primé au Festival Max Ophüls de Sarrebruck et à présent en lice pour le prestigieux Prix de Soleure des Journées de Soleure, qu'il sait parfaitement doser force et contrôle, violence et émotions, dans un va-et-vient constant entre lumière et ténèbres.

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Robert veut commencer une nouvelle vie loin des erreurs et obsessions du passé. Sa dépendance à la vitesse et aux courses clandestines l'avait amené à un point de non-retour. Après une longue incarcération, Robert veut recommencer à vivre, à l'abri des tentations et des mauvaises fréquentations. Sa famille, en apparence saine et parfaite, l'accueille malgré les erreurs du passé et une proposition de travail inattendue semble illuminer un futur encore fortement incertain. Cependant, ce nouvel équilibre apparent dans la vie de Robert est mis en danger par sa rencontre avec Alice (incroyablement incarnée par Sabine Timoteo, nominée pour ce rôle aux prix du cinéma suisse dans la catégorie meilleure actrice), une professeur d'anglais plus mature que lui qui réouvre de vieilles blessures et des culpabilités difficiles à oublier. 

Karim Patwa propose un film fort qui aborde bravement le thème de la culpabilité et de la difficulté qu'il y a à cohabiter avec son propre côté obscur. Comment continuer à vivre après avoir commis l'irréparable ? Comment contrôler des pulsions auto-destructrices qu'on peut ignorer mais qui demeurent malgré tout, parce qu'elle sont gravées dans l'âme.? Driften traite courageusement et sincèrement de ces questions "inconfortables". Le film s'aventure sur un terrain glissant où la frontière entre le bien et le mal est de plus en plus fine. Robert est un personnage qui se bat pour retrouver une place dans la société, malgré un passé trop lourd et les difficultés d'un présent qu'il a encore du mal à maîtriser, mais cette quête dans laquelle il est engagé est utopique : il cherche la stabilité dans un monde qui pardonne difficilement les erreurs et manque souvent cruellement de compassion, ou du moins de tolérance, vis-à-vis de ce qui est différent.

Karim Patwa braque littéralement sa caméra sur le héros et l'enferme dans des gros plans suffoquants qui indiquent que sa lutte contre les démons du passé est perdue d'avance. La caméra suit Robert comme une ombre obscure : elle l'observe et le scrute avec un réalisme sans pitié, évitant habilement la tentation du sentimentalisme ou de la compassion facile. Driften parle de sentiments inconfessables, de la violence qui dort en nous et à laquelle il faut toujours être vigilant. Dans le cas de Robert, le combat pour dominer ses pulsions obscures est permanent mais toujours incertain, comme pour nous rappeler que la vie n'est pas peuplée uniquement de (super-)héros mais aussi de personnages fragiles en quête d'un bonheur souvent utopique.

Karim Patwa parle d'une Suisse souvent oubliée, d'une jeunesse qui se sent piégée par la monotonie d'une vie devenue banale et cherche quelque chose qui permette de se sentir vivant, qui mette à l'épreuve". Pour Robert, cette "drogue" est la vitesse, l'ivresse des courses automobiles clandestines, la conscience du danger mais aussi l'adrénaline. Driften propose une image différente de la Suisse, loin des clichés et des lieux communs. Le film rend particulièrement bien le contraste entre une nature idyllique et pure et la surmodernité des villes. C'est un premier long métrage fort et esthétiquement fascinant. Driften a été produit par Langfilm, qui en assure aussi les ventes internationales.

(Traduit de l'italien)

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