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The Project of the Century : un poids lourd de la nouvelle vague latino-américaine

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- Le film explore la vie après le communisme à Cuba, à travers l’histoire de la première centrale nucléaire du pays, qui n’a jamais été construite

The Project of the Century : un poids lourd de la nouvelle vague latino-américaine

The Project of the Century [+lire aussi :
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, de Carlos M Quintela, se réfère à ce qui a été l’initiative sociale cubaine  la plus audacieuse : la construction de la première centrale nucléaire du pays, nommée la Ville électronucléaire (une ville entière ayant été construite pour l'accueillir). La structure géante est restée inachevée. Autour de la station abandonnée, la ville, bien réelle, est frappée d'une totale inertie. C’est là qu'on Otto, Leo et Rafael, qui représentent trois générations de la même famille. 

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Le grand-père Otto, aussi génial que grognon, se demande à un moment, dans un élan brillant, où sont passées toutes les émissions filmées alors par les télévisions locales. Il semble qu’elles soient arrivées dans les mains de Quintela – le réalisateur a d'ailleurs repris pour son film le titre d’une des émissions, dont reprend aussi certaines images. Ces archives instructives rendent compte de ce qui a été le rêve de Cuba, en contraste flagrant avec la coquille vide qu’il en reste aujourd’hui. 

The Project of the Century se situe sur le plan stylistique dans la lignée de films comme Ida [+lire aussi :
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de Pawel Pawlikowski, ou encore In the Crosswind – La croisée des vents [+lire aussi :
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de Martti Helde, qui ont également fait le choix du noir et blanc pour exprimer conceptuellement l’oppression du communisme. Quintela retravaille cet aspect de manière ingénieuse, l'utilisant pour représenter la vie après le communisme (des années 1980 à nos jours) et souligner superbement l’inertie de la Ville nucléaire, et lui opposant brutalement des plans très colorés, comme les images en haute-définition des Jeux Olympiques de Londres 2012, une ville profondément capitaliste où le boxeur Robeisy Ramírez, originaire de la Ville nucléaire, a remporté la médaille.. 

Quintela a réussi à combiner fond et forme avec brio. Les personnages décrivent leur ville comme une ville fantôme, un endroit perdu dans des limbes monochromes. Le film crée aussi un parallèle très net entre l’histoire des trois hommes et celle d’un poisson rouge : l'animal comme les hommes semblent piégés dans un aquarium où ils doivent lutter pour que la vie subsiste. Et tout le temps, à l'arrière-plan, du mastodonte inachevé qu'on voit à l'horizon émane une sensation de frustration presque radioactive.    

La plupart des scènes sont souvent incomplètes ou vides, mais là est tout l’intérêt. Cuba avait envisagé la construction de 20 centrales électriques, et l’incapacité du film à avancer symbolise l’échec du pays au moindre obstacle. Et ce qui rend le film encore plus fort est la légèreté sud-américaine avec laquelle Quintela aborde son grave sujet. Un exemple parfait de ce ton est la scène où, alors que les tensions entre les trois hommes sont à leur comble, ils se rencontrent dans un couloir – chacun exhibant une érection paresseuse, comme les trois mousquetaires. C’est absolument hilarant. 

The Project of the Century a été coproduit par la société allemande Raspberry & Cream. Ses ventes internationales sont assurées par m-appeal, et c'est un film qui mérite d’être distribué dans le monde entier.

(Traduit de l'anglais)

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