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BERLIN 2015 Panorama

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Bizarre : Une déclaration d’amour libérale de la France à Brooklyn

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- BERLIN 2015 : Le long métrage d’Étienne Faure, qui raconte le récit d’un vrai club burlesque à Brooklyn, dévoile joliment un côté de l’Amérique d’aujourd’hui

Bizarre : Une déclaration d’amour libérale de la France à Brooklyn

Avez-vous déjà vu une personne handicapée casser le racisme en deux à l’aide de son front ? Ou une personne en train de se recouvrir  symboliquement le corps d’une forêt noire ? Non ? Alors, vous avez besoin de Bizarre (un petit club burlesque à Brooklyn) dans votre vie. Et Étienne Faure vous l’offre avec Bizarre [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, son hommage fictif et éponyme de 98 minutes, qui a été projeté dans la section Panorama de cette édition de la Berlinale.

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Cette coproduction franco-américaine raconte l’histoire de Maurice, un jeune émigré français qui, comme beaucoup, se rend en Amérique pour un nouveau départ. Il commence en plaisantant et s’adresse directement à nous : "Je parle en anglais car le réalisateur me l’a demandé", dit-il, alors que nous le regardons mener sa vie de vagabond. Il se confie davantage en disant "Je n’existe pas", car la routine capitaliste ingrate dans laquelle il s’est retrouvé (pour des raisons inexpliquées) le rend terriblement invisible.

Grâce à sa beauté remarquablement angélique, le jeune homme va très vite se retrouver entre les mains des propriétaires fictives du Bizarre, deux jeunes filles aussi belles l’une que l’autre (Rebekah Underhill et Raquel Nave) qui semblent être des top-modèles. Avec une facilité relative, il va lui aussi s’éprendre de leur monde, et à ce moment-là le film prend une tournure documentaire intéressante. Le jeu d’acteurs semble brut et la caméra adopte souvent une distance voyeuriste. Les moments où les personnages s’abandonnent au burlesque sont incroyables et joués par de véritables artistes lors de vrais spectacles.

C’est de loin l’aspect le plus saisissant du film. Le monde cocasse qu’explore Faure, où tout tourne autour d’une petite secte d’hédonistes artistiques, s’avère incroyablement enivrant. Et Faure parvient à en faire un monde à part entière, en restant toujours dans de petits espaces intimes et confinés. Peut-être s’agit-il seulement de la sensation que toute grande métropole apporte, mais le Brooklyn de Bizarre se transforme réellement en un cadre ensorcelant.

Et l’amour du réalisateur pour ce quartier est déclaré haut et fort. Les gratte-ciel, les appartements miteux, les rings de boxe et les plages, ces trains typiques du centre-ville et les célèbres passages souterrains de Brooklyn (vus auparavant dans des films tels que French Connection) sont autant d’endroits chéris qui apparaissent à l’écran. Cependant, nous sommes toujours attirés par le Bizarre club, toujours prêts à vivre une nouvelle nuit de créativité sexualisée, comme s’il s’agissait du centre de l’univers. C’est ici que Maurice parvient à se libérer suffisamment pour s’engager dans une histoire d’amour avec un homme, Luka (joué par l’incroyable androgyne Adrian James). Ensemble, ils nous offrent un autre regard français étudié sur le fait que l’hégémonie des genres et l’hégémonie sexuelle de notre société peuvent être incomplètes et insatisfaisantes, accompagné d’une bonne dose de libéralisme libérateur.

Cependant, ce monde d’expérimentations s’expose toujours à de violentes réactions et de soudaines explosions dramatiques. Avec sensibilité et affection, Faure nous a fait part d’un aspect qui se trouve au-delà de la liberté du burlesque, un aspect qui semble instable, incertain et difficile. Il a également capté la fragilité de ce club dans un contexte de gentrification rapide. Il pourrait s’avérer fascinant d’observer comment le club, qu’il a immortalisé dans le film,  s’en sortira dans la réalité au cours des prochaines années…

Bizarre est représenté par la société de ventes américaine Visit Films.

(Traduit de l'anglais)

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