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Anywhere Else : une jeune fille perdue dans la pluralité des langues

par 

- Ce premier long à la mise en scène habile, inventive et attentive aux détails joue avec les clichés et l'idée de se construire une identité avec légèreté

Anywhere Else : une jeune fille perdue dans la pluralité des langues
Neta Riskin dans Anywhere Else

Saudade, wabi-sabi, stam, toqborni, matje, ostranenie : voilà quelques mots, empruntés à différents idiomes, qui n'ont d'équivalent dans aucune autre langue. L'idée d'un dictionnaire qui accueillerait tous ces mots intraduisibles est au coeur du projet de thèse de doctorat de Noa (Neta Riskin), une Israélienne installée à Berlin depuis huit ans qui est l'héroïne du film Anywhere Else [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Ester Amrami
fiche film
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d'Ester Amrami, en compétition au Film Meeting de Bergame

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Cette thèse "n'est pas scientifique, mais constitue un paradoxe", pour reprendre les mots de sa directrice de recherches, qui va, de fait, la refuser. Noa entre alors en crise (un mot qui en grec antique signifie "décision"). Et quand on est en crise, on retourne chez soi, chez ses parents. Profitant du fait que son petit ami allemand Jörg (Golo Euler) est en tournée avec son trombone, Noa prend le premier avion pour Israël, où elle va retrouver le soleil, la bonne nourriture, sa maman à la Woody Allen (Hanna Laslo, prix de la meilleure actrice à Cannes en 2005 pour Free Zone [+lire aussi :
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d'Amos Gitai)... Noa se jette la tête la première dans l'univers où sont ses racines, avec sa soeur querelleuse, son petit frère qui fait son service militaire mais voudrait déserter, mais aussi la douleur de voir sa grand-mère, une survivante de la Shoah, sur le point de mourir. Et voilà qu'arrive Jörg, anxieux de comprendre si la crise de sa petite amie le concerne aussi. "La dernière chose dont mamy ait besoin à ce stade, c'est d'avoir un Allemand à son chevet", comment la mère, acerbe. Cependant, cette famille qui aux yeux du jeune Allemand semble une cage aux fous furieux, révèle toute son humanité, et toute l'affection et le soutien dont elle est capable, devant cette fille qui se retrouve "lost in translation". 

Ester Amrami, dont Anywhere Else est le premier long-métrage, fraîchement diplomée qu'elle est de l'École de cinéma et télévision Konrad Wolf de Potsdam-Babelsberg, nous offre une mise en scène habile, inventive et attentive aux détails, tout en jouant avec les clichés et l'idée de se construire une identité au monde avec légèreté. Il est plaisant d'imaginer que le fameux dictionnaire sur lequel travaille Noa Gutterman est comme le cinéma : un langage universel bâti sur la plus grande diversité culturelle, sur une pluralité linguistique qui est, comme dirait Hannah Arendt, "la chancelante équivocité du monde". 

(Traduit de l'italien)

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