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CANNES 2015 Séance spéciale

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Une Histoire de fou : la défense du terrorisme

par 

- CANNES 2015 : Robert Guédiguian porte à l’écran un combat pour la justice dans son nouveau film, projeté en séance spéciale

Une Histoire de fou : la défense du terrorisme
Syrus Shahidi dans Une histoire de fou

Sélectionné en séance spéciale de la sélection officielle du 68e Festival de Cannes avec Une Histoire de fou [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, Robert Guédiguian fait son retour sur la Croisette avec la vision du monde anti-impérialiste d’extrême gauche qui le caractérise. Il le fait avec une troupe d’acteurs aguerris, dont beaucoup ont travaillé avec lui à plusieurs reprises dans le passé, qui comprend notamment Ariane Ascaride, Lola Naymark, Simon Abkarian et Grégoire Leprince-Ringuet

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Ensemble, ils ont lentement appliqué leurs talents en matière de cinéma classique à des sujets toujours plus épineux, et cette fois, ils vont particulièrement loin. Cette production française débute en noir et blanc, le 15 mars 1921, sur une partie d’échecs entre deux hommes. Une citation de l’écrivain israélien David Grossman apparaît ensuite à l’écran et transmet une idée chère au réalisateur : celle que les moments les plus importants de l'histoire ne se produisent pas sur les champs de bataille ou dans les palais, mais dans les cuisines ou les chambres d'enfants.  

Quelques secondes plus tard, un homme gît au sol, une balle dans la tête. Il s’agit de l’assassinat du criminel de guerre Ottoman Taalat Pasha. Dans le Berlin de l’entre-deux-guerres, il avait fui pour échapper à la peine que lui avait value l’extermination d’un million et demi d’Arméniens chrétiens, mais il se fait finalement rattraper par la justice, sous les traits du "vengeur" arménien Tehlihrian. S’ensuivent de plaisantes scènes de tribunal riches en rhétorique et qui ne sont pas sans rappeler Les Sentiers de la gloire.

Cette partie du film (comme le suggère le titre anglais du film, Don't Tell Me the Boy Was Mad) expose de manière captivante la méthode dont Tehlihrian a fait preuve, malgré sa folie. Après tout, l’histoire elle-même a jugé Tehlihrian innocent, et son acquittement a donné de la visibilité au peuple arménien dans le monde entier.

Cependant, Guédiguian interrompt vite son film pour le reprendre dans les années 1970 et 1980 (changement marqué par un passage définitif à la couleur). Ici, le titre français du film devient plus évident. 

Guédiguian montre à quel point les diasporas entraînées par le génocide sont toujours enclines à la folie. Après une période de sommeil, un terrorisme arménien inconsidéré commence à déchirer des familles. Le film se concentre justement sur celles du "combattant de la liberté" Aram et de son innocente victime française, Gilles (librement inspiré de José Gurriaran), suscitant de nombreuses questions pertinentes et actuelles sur le droit d’une personne à se battre pour sa propre identité ethnique.

Il en résulte une tentative volontaire et déterminée de la part de Guédiguian (lui-même d’origine arménienne) d’expliquer ces horreurs. Il suggère également que le seul moyen de guérir cette cicatrice mondiale passe par la conscience des événements qui ont eu lieu et par une tentative de compréhension. Un message qui devrait plaire au public qui, comme à Cannes cette année, est déterminé à aborder d’importants thèmes sociaux de manière franche. 

Une Histoire de fou a été produit par AGAT Films & Cie, en coproduction avec France 3 Cinéma et Aly Productions. MK2 assure les ventes internationales du titre.

(Traduit de l'anglais)

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