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CANNES 2015 Quinzaine des réalisateurs

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Much Loved : à Marrakech, la tristesse des filles de joie

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- CANNES 2015 : Nabil Ayouch propose un tableau à la fois réaliste et cru, respectueux et digne du quotidien nocturne d'un groupe de prostituées de Marrakech

Much Loved : à Marrakech, la tristesse des filles de joie

Ils sont crus, les premiers échanges qu'on entend dans Much Loved [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
du Marocain Nabil Ayouch, une production de la société parisienne Les Films du Nouveau Monde qui figure au programme de la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes, dans la voiture qui emmène Noha, Randa, Soukaina et Hlima, quatre prostituées de Marrakech, à la fête d'anniversaire d'un cheikh saoudien. Et pourtant elles ont la chance de ne pas faire le trottoir, de ne pas être des "putes périmées" qui se vendent à qui elles peuvent. Elles ont un chauffeur qui veille gentiment sur elles, et elles ont même l'air de s'amuser, de prendre du plaisir à cette fête permanente, pleine de musique et de danses, pour laquelle elles se pomponnent tous les soirs.

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Cependant, qu'on ne s'y trompe pas: les détails de leur profession sont sordides – et le film ne nous en cache aucun, puisqu'on intègre complètement ce petit groupe de filles de joie, qui n'ont entre elles plus aucune pudeur à avoir, dans leurs paroles comme dans leurs gestes –, et nos quatre héroïnes espèrent toujours arriver à éviter certains actes, bien qu'elles acceptent les règles de leur métier. Elles se vendent sans entourloupe : écoutent en souriant celui qui leur lit un poème, miaulent comme un chaton si on le leur demande, en somme satisfont toutes les demandes, même les plus avilissantes, tant que les clients respectent eux-mêmes les termes de la transaction. Sans en faire des "Romaines" à la Moravia, il y a de la générosité dans leur manière de jouer le jeu, et beaucoup de lucidité, et c'est cela qui les rend digne, et leur permet même de décider elles-mêmes des règles dudit jeu, autant que faire se peut... Car même en prenant toutes les précautions, et en suivant tout un protocole, la nature même du métier fait qu'elles ne peuvent pas toujours le contrôler, qu'elles devront toutes, à un moment donné, subir dans leur chair. 

Le temps du film, tandis qu'on vit parmi elles et qu'on partage toute leur intimité, de la douleur au rire, Ayouch réussit habilement et avec tendresse à décrire ce fil tenu entre l'indépendance et l'aliénation de ces femmes pleines de vitalité, et le mélange d'apitoiement et de respect qu'elles inspirent – notamment en tant que dans la société où elles vivent, elles font presque figure de femmes émancipées. Toutes ces impressions réunies forment un tableau sans fard, mais tendre et digne, car de ces quatre femmes piquantes et émouvantes – et sages aussi, dans un sens, pour tout ce qu'elles ont vécu et vu –, on ne tarde pas à admirer la force, et à les aimer. Ne serait-ce que parce qu'elles arrivent même à nous quitter dans un éclat de rire. 

Much Loved est vendu à l’international par Celluloid Dreams.

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